Politique

Fès/Communales: Qui a peur des «SAP»?

Par L'Economiste | Edition N°:4596 Le 28/08/2015 | Partager
Des jeunes, ingénieurs, médecins et entrepreneurs… SAP
Une génération 2.0 pour vaincre les partis traditionnels

Karim Rhzioual Berrada est issu d’une famille de magistrats à Fès. Sa liste se compose de jeunes cadres, médecins, ingénieurs et entrepreneurs. Leur point commun : «une génération 2.0 qui veut participer au changement».

VOILÀ des jeunes sans appartenance politique (SAP) qui dérangent et inquiètent les plus redoutables des partis politiques à Fès. Baptisée «Al Badil» (l’alternative), leur liste regroupe 35 personnes, issues de grandes familles fassies. Que des «Bennani », «Alami», «Benkhayate», «Alaoui», «Skalli», «Lahlou»… derrières le jeune ingénieur en informatique, Karim Rhzioual Berrada. Leur point commun: ils sont tous «ingénieurs, médecins, vétérinaires, architectes et entrepreneurs». 
Avec un slogan, «arrêtons de critiquer... avançons main dans la main!»  Ces SAP ont présenté 3 listes à Fès. «Nous n’avons jamais fait de politique… mais nous ne pouvons plus rester les bras croisés et attendre le changement», estime Rhzioual Berrada, tête de liste à l’arrondissement d’Agdal.
En tout, son programme comporte 28 points et 12 axes prioritaires. Y figurent notamment l’amélioration de la gouvernance locale, à travers une meilleure gestion des besoins des citoyens et des usagers des services communaux, le renforcement de la citoyenneté, une gestion optimisée de la commune et sa promotion au rang de moteur de développement durable, l’aménagement du territoire, l’amélioration de la propreté publique, la culture, le sport et l’embellissement du cadre de vie. 
Pour ce dernier volet, les candidats d’Al Badil promettent aussi de renforcer la police de proximité au service de la population, soutenir et dynamiser les projets de prévention, préserver les lieux publics pour les rendre plus sécurisés et instaurer un système de sanctions administratives. Sans oublier de garantir un système de secours rapide et efficace. D’aucuns diront que la question sécuritaire ne relève pas des prérogatives du conseil communal. Mais, l’on sait très bien, qu’à Fès, les élus du bureau sortant ont financé l’installation d’un système de vidéosurveillance à hauteur de 60 millions de DH. Ils ont également exigé l’installation de caméras dans les nouveaux lotissements afin d’assurer l’extension du réseau de surveillance.   
La vision de Rhzioual Berrada consiste à instaurer aussi des services de proximité pour le retrait des autorisations et un numéro vert pour les réclamations concernant la gestion de la chose publique.      
 En matière d’économie et d’emploi, sa liste réunit «avec le plus grand soin qualitatif des candidats qui ont réussi leur parcours professionnel». Ils comptent partager leurs expériences avec la population afin d’encourager l’investissement, soutenir le commerce et l’artisanat de proximité ou encore promouvoir une offre touristique locale. «Notre programme comprend également des projets pour la jeunesse et la petite enfance, les aînés, ainsi que les personnes handicapées», souligne-t-on. Seul bémol, ou plutôt grand challenge pour ces jeunes de la génération 2.0, celui de convaincre une tranche importante de la population de la ville de Fès. D’autant plus qu’ils n’ont pas consacré de gros moyens pour mener campagne et distribuer les 50.000 tracts, imprimés pour l’occasion. «Nous avons un budget de 20.000 DH… Nous comptons surtout sur l’esprit associatif et participatif qui nous réunit pour un avenir meilleur», conclut Rhzioual Berrada.
 
Youness SAAD ALAMI
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