Habillage_leco
Politique

Elections: L'irrésistible montée en puissance des «fils de…»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4595 Le 27/08/2015 | Partager
La nouvelle tendance prend presque dans tous les partis politiques
Des jeunes loups de la politique sur les listes électorales
Ils sont coachés par leurs parents en politique
p

EL Yazghi, Kayouh, Bouhriz, Ould Rachid, Benkirane,…Autant de noms qui ont marqué la vie politique. Si certains d’entre eux ont été dans l’obligation de se retirer de la scène politique, poussés par l’âge, certains ont essayé et réussi à transmettre le flambeau à leur progéniture. Ce phénomène est plus courant dans les pays occidentaux ayant une tradition démocratique comme aux Etats-Unis (Les Bush, Clinton, Kennedy,…) ou en France (Debré, Lepen,…). Au Maroc, la tendance est nouvelle. Car, par le passé, l’exercice de la politique était perçu comme une aventure qui pouvait conduire à la case prison. Depuis, les choses ont changé. Quelques tentatives ont fini par prendre. C’est le cas de Mohamed El Yazghi, ancien ministre et patron de l’USFP qui a passé le relais à son fils Ali, jeune député à la faveur de la liste nationale des jeunes. D’autres dirigeants ont mis leurs enfants sur orbite. Ainsi, Ali Kayouh, grande figure de l’Istiqlal dans le Souss, avait réussi à imposer son fils Abdessamad comme ministre de l’Artisanat dans le premier gouvernement de Abdelilah Benkirane. Mohamed Bouhdoud, baron du RNI dans la région d’Agadir, a passé le flambeau à sa fille Mounia, députée à la faveur de la liste nationale et vice présidente de la Chambre des représentants. Il a également placé son neveu Mamoun Bouhdoud comme ministre délégué, en charge des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel. Auparavant, Mohamed Abbou-père, figure influente du RNI dans la région de Taounate, a également convaincu son fils Mohamed de reprendre le chapelet pour faire de la politique dans le même parti. Celui-ci est devenu ministre dans le gouvernement de Abbès El Fassi. Il a récidivé avec Benkirane II avec le portefeuille du Commerce extérieur.

En tout cas, pousser sa fille ou son fils à faire de la politique n’est pas un acte contraire à la démocratie. C’est «même un acte de bonne santé politique» pour reprendre l’expression d’un politologue. Il s’agit d’une affaire de succession d’un patrimoine familial, un investissement qui s’est construit sur des années, avec un capital de confiance. Ne pas l’utiliser serait une erreur, précise le même politologue. D’autant que la Constitution ne l’interdit pas, et sur le plan juridique, il n’y a aucune infraction. Pour certains politiques, cette pratique est mal perçue. Ils la considèrent comme un privilège, une sorte de situation de rente  alors que ceux qui reprennent le relais descendent dans l’arène politique pour décrocher le ticket d’entrée. Qu’importe, des observateurs soulèvent la question de la motivation réelle des personnes qui se présentent à des postes, sachant qu’elles ne seront pas très bien rémunérées. Alors, pourquoi courent-elles alors qu’il s’agit d’un domaine où le volontariat est la règle? D’ailleurs, un président de commune gagne 1.500 DH par mois, le maire de Rabat 6.000 DH et celui de Casablanca 7.000 DH. Contrairement aux mauvaises langues, la parenté est aussi un chemin pour faire émerger les élites. D’ailleurs, si ces dirigeants politiques n’arrivent pas à convaincre leurs membres de la famille de les rejoindre dans l’aventure partisane, comment peuvent-ils le faire avec les citoyens. Revue de quelques exemples lancés dans ces élections.
 Yassine Radi: 
Plus jeune président de commune?
 
 

-Yassine Radi, 25 ans, député UC et tête de liste pour les communales à Sidi Slimane. Son père, Driss, est secrétaire adjoint de l’UC et chef du groupe parlementaire à la Chambre des conseillers. Son oncle, Abdelouahad Radi, ancien ministre, ex-patron de l’USFP et président de la Chambre des représentants. Le jeune a baigné dans la politique et a attrapé le virus au cours des campagnes électorales au cours desquelles il accompagnait la famille. Aujourd’hui,  Yassine ambitionne de devenir le prochain président de la commune. Pour convaincre, il rappelle qu’à Sidi Slimane, les jeunes représentent près de 70% de la population. Donc,  ils ont besoin d’avoir des jeunes pour décider. D’ailleurs, le président sortant est en deuxième position sur sa liste. S’il gagne, il sera «le plus jeune président de commune», dit-il. Il fait des études au Canada, Yassine Radi gère des exploitations de carrières. Il est très actif dans le milieu associatif. 

• Hassan Lachgar: Tout reconstruire à Youssoufia
 
c

- Hassan Lachgar, fils de Driss Lachgar, conduit la liste de l’USFP à Youssoufia, la circonscription de la mort où il affronte de vieux routiers de la politique, aguerris aux élections. Il s’agit notamment de Omar Bahraoui ancien maire de la capitale, Abdeslam Berkia, président sortant du Conseil régional ou Joumani. L’autre difficulté que doit résoudre Hassan Lachgar est ailleurs: dans la commune de Youssoufia, il n’y a aucun conseiller de l’USFP. Il devra tout reconstruire. Difficile pour un jeune ingénieur rentré du Canada. Mais comme il a créé une entreprise tournée vers le développement des systèmes d’information au Maroc, il pourra relever le défi de refonder le parti dans cette circonscription. En parallèle, Hassan Lachgar s’est inscrit à la faculté de droit de Rabat pour parfaire sa formation juridique. Dans le parti, il est membre de la Commission administrative de l’USFP.

 
• Tarik El Malki: Objectif, Souissi
 
l

-Tarik El Malki, est en deuxième position sur la liste du parti dans l’arrondissement de Souissi à Rabat. Il est professeur de sciences économiques, chroniqueur au journal L’Economiste et sur Radio Atlantic. Son père Habib El Malki, ancien ministre et président de la Commission administrative de l’USFP. Tarik El Malki est directeur de développement du CMC. 

 
• Oussama Benkirane: Plus posé que le père 
 
a

-Oussama Benkirane, fils du chef du gouvernement, est placé à la 15ème position sur la liste du PJD à Agdal-Ryad à Rabat. Cet expert-comptable se lance dans sa première expérience politique. Visiblement, il n’a pas hérité de son père le tempérament agressif qu’il arbore face à ses adversaires politiques au Parlement et ailleurs. Ceux qui l’ont côtoyé affirment que l’homme est calme et posé. A un moment, Oussama Benkirane s’est éloigné de la jeunesse du PJD pour se concentrer sur le travail associatif. 

 
•  Soumyia Benkirane
mène le combat à Rabat
 
s

-Soumyia Benkirane est dans la deuxième place sur la liste des femmes dans la circonscription de Hassan à Rabat. La fille du chef du gouvernement est une des attractions des communales dans la capitale. Si le PJD remporte la circonscription de Hassan, elle y serait pour beaucoup. Après des études islamiques, Mme Benkirane a fait un master en économie. 

 
• Achour Daoudi: 
Peu de chance d'être élu
 
s

-Achour Daoudi, fils du ministre de l’Enseignement supérieur est placé à la 24ème position sur la liste du PJD à Béni Mellal. Le DG d’une société spécialisée dans la commercialisation des produits du terroir au niveau international, sait qu’il n’a aucune chance de passer. Mais il participe activement à la promotion de cette liste. Achour Daoudi reconnaît qu’il est «tombé très petit dans la soupe du PJD. Après une période de révolte, il a fini par sympathiser avec les idéaux du parti» de son père. Il est même fier d’avoir un coach qui s’appelle Lahcen Daoudi. 

 
M. C.
 
 
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc