Economie

La tyrannie des petits taxis

Par Amine ATER | Edition N°:4590 Le 18/08/2015 | Partager
Une mafia de taximen règne sur les gares ferroviaires
Voyageurs réguliers et occasionnels livrés à eux-mêmes

Les usagers du train restent à la merci du diktat des taximen qui imposent leur loi sur les tarifs et itinéraires à la sortie des gares (Les visages ont été modifiés)
 

Casablanca, Rabat, Marrakech…  le service des petits taxis au niveau des gares  demeure une tache noire non résolue. Les usagers sont toujours confrontés aux méthodes d’un autre âge de taximen qui y règnent en maîtres! Bien que le ministre du Transport avait annoncé un plan pour la suppression des agréments de taxis, la situation sur le terrain reste inchangée. Le département de Aziz Rabbah a déposé en décembre 2014 un avant-projet de texte préconisant la procédure d’appel d’offres. Les petits taxis représentent un parc estimé à près de 25.000 véhicules pour 70.000 agréments (petits et grands taxis).  
En attendant la réforme, à l’arrivée de Casa Port, les voyageurs, qu’ils soient occasionnels ou navetteurs, se retrouvent devant une véritable barrière humaine formée de chauffeurs de taxis. Ces derniers ont calqué le mode opératoire des grands taxis habitués au racolage des clients et à différents abus (fixant à l’avance les destinations et voire même le prix de la course). Un spectacle qui se répète toutes les demi-heures (les trains navettes qui desservent l’axe Casablanca-Kénitra se succèdent toutes les 30 min). Les agents de sécurité sont obligés de tenir en respect les chauffeurs de taxis qui parfois bloquent carrément les sorties et ce, devant des agents de police démissionnaires. Une fois le client «ferré», il est obligé de patienter dans le taxi, le temps que le chauffeur réussisse à attirer 2 clients de plus. Les clients se voient par ailleurs obligés de négocier le prix à l’avance car certains taximen refusent tout simplement d’utiliser le compteur et fixent arbitrairement le prix de la course. Pour les familles, trouver un taxi est une galère, vu que les chauffeurs de taxis exigent de se faire payer le prix de la course par personne (soit trois fois le prix affiché au compteur). Toutes les gares des grandes villes marocaines sont touchées par ce phénomène. A Rabat, les taxis refusent tout simplement les courses de petite ou moyenne distance ou encore à Marrakech où les taximen snobent les nationaux se concentrant sur les touristes étrangers. Depuis le début des années 2000, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a, rappelons-le, entamé la rénovation ou encore la construction de gares ferroviaires. Une stratégie qui a pour but d’offrir plus de commodités aux usagers du train. Reste que cette transformation de gares ferroviaires en «Rail center» (sorte de gares hybrides englobant transports de voyageurs, restauration et shopping) n’englobe pas le transport en commun urbain (taxis et bus) qui fait partie des prérogatives des communes. Une séparation qui fait qu’une gare comme Casa Port ne compte presque aucune ligne de bus menant aux différents quartiers de la ville. 
A. At

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