Entreprises

Uber, illégal ou pas?

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4583 Le 06/08/2015 | Partager
La start-up accusée de perturber le fonctionnement du transport public à Casablanca
Ses dirigeants rappellent que ce n’est qu’une plateforme de mise en relation
L’application fait appel à des professionnels disposant déjà de licences

Dans le fief même d’Uber à San Fransisco, des taximen s’opposent à la start-up accusée d’exercice illégal du transport public

Est-ce le début de la fin pour Uber? Après un démarrage en douce depuis 2 semaines (cf. édition du 22 juillet 2015), l’entreprise de services VTC (voiture de transport avec chauffeur) vient de subir son premier revers à Casablanca.
La start-up californienne est aujourd’hui officiellement accusée «d’exercice illégal du transport public», par les services de la wilaya du Grand Casablanca. Ces derniers considèrent que les activités d’Uber sont susceptibles de porter «préjudice au fonctionnement normal du secteur».
Une accusation que les responsables de la filiale marocaine (qui n’allait être  lancée officiellement qu’en septembre prochain) récusent. «Nous sommes une société technologique qui fournit un service d’information via son application mobile à des sociétés de transport ayant un agrément de transport touristique octroyé par le ministère du Tourisme», tient à préciser Meryem Belqziz, DG d’Uber Maroc, qui se dit surprise par la réaction des autorités.
Pour elle, Uber Maroc n’a pas besoin de licence ou d’agrément pour la simple raison qu’elle n’exerce pas d’activité de transport directement. En réalité, Uber ne joue qu’un rôle intermédiaire mettant en relation clients et transporteurs, souligne Belqziz, qui avance le caractère sécurisé de ses services.
En utilisant la plateforme Uber, les passagers peuvent voir le nom des chauffeurs, photo et plaque d’immatriculation du véhicule au moment de la commande. Ils ont aussi la possibilité de partager leur parcours en temps réel avec leurs amis et familles via une technologie GPS. Les chauffeurs partenaires sont en outre incités à fournir un service de qualité, via un système de notation par les passagers.
En tout cas, les dirigeants de la filiale marocaine se disent disposés à travailler avec les différents régulateurs afin «d’adapter la régulation aux nouvelles technologies».
Pour le management de la start-up, l’arrivée d’Uber à Casablanca a changé «un marché jusqu’ici assez calme». Ce qui n’empêchera pas l’entreprise de fournir des solutions technologiques «adaptées au besoin des citoyens et au marché du transport marocain».
A signaler que les premières applications de service VTC au Maroc ne datent pas d’hier. D’autres entreprises ont investi ce créneau dès 2014. Il s’agit entre autre de Taxiii (racheté entre-temps par l’émirati Careem), itaxi, votrechauffeur.ma … pour ne citer qu’elles. Seront-elles pour autant interdites de l’exercice de la profession de transport public?
En dépit des résistances, Uber ne cesse de conquérir chaque jour de nouveaux territoires au niveau mondial. La start-up vient d’ailleurs d’investir un milliard de dollars en Inde, dont elle veut faire une «priorité mondiale». Uber veut y atteindre la barre du million de voyages par jour dans les 6 ou 9 mois à venir.
Vu ses antécédents (voir encadré), la start-up californienne, rompue aux procédures judiciaires, réussira-t-elle à obtenir gain de cause face au lobby redoutable des taxis casablancais?

Antécédents

HabituéE des tribunaux à travers le monde, l’entreprise californienne, valorisée à plus de 50 milliards de dollars, n’en est pas à sa première anicroche. De New York à San Francisco, en passant par Paris, Bordeaux … partout où Uber passe, les procès suivent. Après l’interdiction du système de covoiturage commercial Uber à Paris, la startup a été condamnée, mi-juillet, à verser une amende de 6,7 millions d’euros par l’agence de régulation des fournisseurs privés de services publics de l’État de Californie. Mais à New York, Uber a eu gain de cause en contraignant récemment  le maire à renoncer à son projet qui consistait à limiter la croissance du nombre de VTC dans sa ville. New York compte aujourd’hui plus de véhicules Uber que de taxis jaunes. Pour sa part, le gouvernement français a décidé, le 25 juin dernier, d’interdire UberPop, suite aux violentes manifestations des taxis qui ont eu lieu partout en France. Le 3 juillet, Uber France désactive le service UberPop de son application, qui permettait à des particuliers de transporter des particuliers en ville pour compléter leurs revenus.

Aziza EL AFFAS

 

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