Competences & rh

Ramadan et productivité font-ils bon ménage?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4564 Le 08/07/2015 | Partager
Rekrute a mesuré le rendement des cadres et managers durant le mois de jeûne
Seuls 19% notent une réelle baisse de régime
Pas vraiment d’impact sur la vie professionnelle

Manquant de sommeil, de glucides, de caféine, et éventuellement de nicotine,

Même si les horaires sont raccourcis, les deux tiers des sondés ne reviennent pas au bureau pour travailler après le ftour. Uniquement 13% de «courageux» le font. Néanmoins, 20% disent travailler depuis chez eux le soir. D’après l’enquête, la génération Y est la plus nombreuse à ne pas travailler après la rupture du jeûne

vos collaborateurs sont-ils pour autant moins productifs durant le mois de Ramadan? Le cabinet de recrutement Rekrute.com a posé la question à quelque 678 salariés, dont une majorité de cadres moyens et de managers. L’étude est donc plus représentative de cette catégorie.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le jeûne ne semble pas trop impacter le rendement au travail. Seuls 19% des sondés l’affirment. Près de 27% déclarent que leur productivité diminue relativement et 54ΩParmi ceux qui ont répondu par l’affirmative, le tiers évaluent leur perte de productivité à 25%. Uniquement 9% estiment le recul à 50%, et 2% le situent à 75%. Les répercussions demeurent donc modérées. Toutefois, ceux qui sont amenés à se déplacer (44%), à l’extérieur de l’entreprise ou à l’étranger, durant le Ramadan pensent à hauteur de 56% que cela porte un coup à leur productivité.
Même si le mode de vie durant ce mois particulier change sensiblement pour la plupart des jeûneurs, c’est la positive attitude qui prime auprès des salariés. La moitié estime que ce chamboulement n’a pas d’effets sur sa vie professionnelle. Mental power ou meilleure concentration, plus du quart pense même que cela l’impacte de manière positive.
La saison durant laquelle le mois du jeûne a lieu ne change pas vraiment la donne. 59% y sont indifférents. Le tiers confie, cependant, être plus productif durant l’hiver et l’automne.

Même si le Ramadan coïncide avec la saison estivale, la majorité des salariés préfère ne pas prendre de congé. Seuls 20% des sondés prévoient de le faire

Pour les horaires de travail, les avis sont partagés. Près de 43% préfèrent commencer tôt le matin (8h à 8h30) pour se libérer tôt. Tandis que 42% aimeraient commencer plus tard que d’habitude (9 à 9h30) et terminer leur journée plus tard.
Cela dit, avec le changement d’horaires et les délais d’activité plus courts, pour s’en sortir, les salariés essaient de s’organiser au mieux. 56% programment, par exemple, leurs plus importantes activités durant la matinée et 41% y exécutent les tâches nécessitant le plus de concentration. D’autres essaient de se coucher avant 23h30, mais peu y arrivent (35%). Certains optent pour de l’exercice physique, diminuent leur consommation de café et de cigarettes, ou encore, essaient de manger léger pour se maintenir en forme.
Du côté des employeurs, les patrons n’imposent généralement pas d’objectif spécifique durant le Ramadan (75%). Pour eux, l’activité continue normalement.
L’étude s’est, cependant, penchée sur le cas d’une catégorie restreinte, sans distinction entre les secteurs d’activité. Des sondages sectoriels pourraient révéler des tendances totalement opposées.

 

Fiche signalétique

• 678 répondants, dont 7% d’hommes
• 57% sont âgés entre 25 et 34 ans, 21% entre 35 et 44 ans et 12% ont moins de 25 ans
• 21% sont managers, 43% sont cadres moyens et 31% sont employés
• 51% travaillent dans de grandes entreprises et 35% dans des PME
• 52 % sont célibataires
• 33% sont mariés avec enfants et 13% sont mariés sans enfants

Ahlam NAZIH

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