Economie

Export de fruits et légumes
Baisse des volumes, hausse des recettes

1,2 million de tonnes réalisées à fin mai
Les agrumes se repositionnent sur le marché de l’UE
La part du marché russe recule de moitié

L’export des fruits et légumes décroche. A fin mai dernier,

Autant la diversification du marché des agrumes s’améliore, autant la concentration des primeurs sur l’Union européenne se renforce avec près de 90% de l’export. Pour les agrumes, un rééquilibrage a été opéré cette année entre l’UE et le marché russe
 

un peu plus de 1,2 million de tonnes ont été exportées contre 1,4 million, soit une baisse de 14%. Mais le recul des volumes sera compensé par une tenue des cours, s’accordent les professionnels. Primeuristes et agrumiculteurs estiment en effet, que le marché des fruits et légumes s’est bien comporté durant cette campagne. Pour les premiers, dont l’export reste fortement concentré sur l’UE, la refonte du dispositif de dédouanement a permis une valorisation des prix, notamment des tomates. Le calcul des valeurs forfaitaires à l’importation incluant les tomates rondes et celles à forte valeur ajoutée a permis un large dépassement du prix d’entrée. Mais la donne risque de changer. Le lobby espagnol multiplie les démarches auprès des Eurodéputés pour obtenir l’application des deux valeurs forfaitaires à l’importation de ces fruits. L’une pour les tomates rondes, l’autre pour celles à forte valeur ajoutée (cerises, cocktail).
Au demeurant, la baisse des volumes est due principalement aux mauvaises conditions climatiques qui ont impacté certains légumes comme les courgettes, l’haricot vert ou encore le poivron.
A fin mai dernier, l’export des primeurs a porté sur 816.000 tonnes contre 829.000 à la même période de la saison écoulée. Pour le moment, il reste encore à exporter quelques lots de fruits et légumes tardifs. Mais le record de 900.000 tonnes, atteint durant la campagne dernière, ne sera pas réédité cette année.  
Cependant, la baisse la plus importante concerne l’export des agrumes. Le volume des sorties a en effet chuté de 22,7% à 436.500 tonnes. Un recul qui s’explique par la forte régression des exportations des petits fruits: -28%. (Voir tableau ci-contre).

Le décalage d’un mois du démarrage de la campagne d’exportation a impacté les sorties des petits fruits qui constituent l’essentiel des sorties. La chute des volumes exportés a atteint 28%
 

Par marchés, la baisse a surtout concerné le débouché russe. Ce dernier a vu sa part se réduire de moitié par rapport à la campagne précédente: 166.000 tonnes contre 318.000. En revanche, une nette amélioration des marchés de l’Union européenne, du Canada et des Etats-Unis est constatée. Pour les professionnels, les mesures de régulation adoptées en début de campagne ont donné leurs fruits.
Pour rappel, le démarrage de l’export a été décalé d’un mois: 13 octobre au lieu du 13 septembre. Ce calendrier était assorti d’une batterie de mesures touchant tous les paramètres de la qualité des fruits qui doivent être au top. Il en est ainsi de la maturité, goût, coloration, fermeté des fruits et de la traçabilité. (Cf. Edition du 29 octobre 2014). Des mesures dont le suivi a été assuré par le Comité technique des agrumes institué avant le lancement de la campagne. Dans le même cadre le volume des clémentines destinées au marché russe a été volontairement réduit. Et pour cause ! La saison était placée également sous le signe de la reconquête du marché de l’UE. Une démarche qui a été favorisée par la baisse d’environ 10% des exportations espagnoles de petits fruits. Pour le moment, la campagne d’exportation des agrumes est quasiment terminée. Les oranges tardives, arrivées à maturité vers la mi-mai, sont orientées vers le marché local. L’export n’a porté que sur moins de 50.000 tonnes pour une production estimée à plus de 450.000. Et les producteurs veulent en tirer profit lors du mois du ramadan qui enregistre une forte demande à des prix fort rémunérateurs.
A. G.   

 

 

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