Economie

Marché halal: Une croissance à deux chiffres

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4509 Le 21/04/2015 | Partager
Alimentaire, cosmétique, industrie pharmaceutique, services, niches à fort potentiel
Il est estimé à 3.613 milliards de dollars et devrait doubler en 2018

L’économie mondiale du halal devrait doubler d’ici 2018. Elle touche plusieurs secteurs dont les médias et loisirs halal. Ce segment englobe les activités culturelles liées à la religion à l’instar des chaînes de télévision, les films, ou encore les applications pour téléphone. Singapour est le pays le plus avancé dans la production dans ce domaine, suivi des Emirats Arabes Unis et du Royaume-Uni

Les chiffres de l’économie mondiale du halal donnent le tournis: 3.613 milliards de dollars en 2013 et le double dès 2018, selon le Conseil national du commerce extérieur (CNCE). Dans sa dernière note de veille sur le marché halal, le Conseil a identifié les niches que les exportateurs pourraient investir. Surtout que les services et produits halal attirent non seulement les consommateurs musulmans, mais également les non-musulmans.
Ce marché touche plusieurs secteurs et offre ainsi des niches à fort potentiel de croissance à l’export. C’est le cas par exemple du secteur pharmaceutique et cosmétique, surtout que de grands groupes comme Merck, Pfizer et GlaxoSmithKline s’intéressent au marché halal et cherchent même à certifier leurs médicaments. En 2013, 72 milliards de dollars ont été dépensés dans les produits pharmaceutiques et  46 milliards de dollars en produits cosmétiques, soit respectivement 6,6% et 6,8%.
Pour le CNCE, le Maroc, grâce à ses produits naturels et de terroir, dont l’huile d’argan, le miel, le savon noir, l’eau de rose ou encore l’argile, peut facilement se positionner sur le marché de la cosmétique halal. Des opportunités existent aussi dans le textile-habillement puisque les marques marocaines peuvent adapter leurs créations aux exigences de l’habit halal.
Les gisements de croissance sont également importants dans l’alimentaire. Ce marché représente un cinquième du commerce alimentaire mondial et devrait croître annuellement de 14 % entre 2013 et 2030. Les produits laitiers et avicoles peuvent être investis à l’export. Le CNCE cite d’autres produits comme les conserves de poissons, les préparations de fruits et de légumes, les jus de fruits et les condiments et assaisonnements. Les opportunités peuvent s’étendre à l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire: intrants agricoles comme les engrais ainsi que les prestations de services.
Sur ce marché, l’Indonésie reste le premier consommateur avec 190 milliards de dollars en 2013. Viennent ensuite la Turquie (168 milliards de dollars), le Pakistan (108 milliards de dollars) et l’Iran (97 milliards de dollars).
Pour  le Conseil, le marché du halal est «le plus grand marché» de la planète, devançant celui de la Chine (776 milliards de dollars) et des Etats-Unis (754 milliards de dollars). Reste qu’il est difficilement accessible en raison des normes disparates dans les différents pays. Mais deux  organismes certificateurs sont reconnus: «International Halal Integrity Alliance» et l’Organisation de la conférence islamique (OCI). En Europe, l’organisme certificateur reconnu est l’«European Association of Halal Certifiers» alors que les pays de l’Association des Nations du sud-est asiatique (ASEAN) ont adopté une réglementation commune.
Sur la finance islamique, le marché global est estimé à 1.658 milliards de dollars d’actifs en 2013. Sur ce segment, la banque islamique (environ 249 banques) est la plus développée et concentre près de 73% du total des actifs. La Malaisie reste le plus grand marché au monde de la finance islamique avec 423 milliards de dollars d’actifs et  compte le plus grand nombre d’institutions de finance islamique. Elle est suivie de l’Arabie Saoudite (338 milliards de dollars) et de l’Iran (323 milliards de dollars). En Afrique, la finance islamique est embryonnaire puisqu’elle est estimée à 5% du total des actifs de ce marché à l’échelle mondiale. Au Maroc, les principaux établissements de la place vont véritablement se lancer sur ce marché d’ici la fin de l’année. Certains iront en solo, d’autres en partenariat avec des institutions étrangères. Ainsi, Attijariwafa bank compte transformer  sa filiale «Dar Assafaa» en une banque islamique à part entière, avec une identité indépendante. «Elle bénéficierait d’une augmentation de capital de 18,4 millions de dollars et serait opérationnelle en septembre 2015», note le CNCE. La Banque Centrale Populaire et BMCE Bank ont opté pour la création de joint-ventures avec des banques islamiques étrangères. «Ces banques marocaines, ayant toutes des filiales africaines, pourraient dans le futur exporter les offres de services islamiques dans les pays d’implantation. Elles devraient s’orienter vers le financement et l’accompagnement des industries halal spécialement dans le secteur agroalimentaire qui connaît un grand engouement sur le continent», estime le Conseil national du commerce extérieur.

L’Imanor pour la certification

AU Maroc,  l’Institut marocain de normalisation (IMANOR) a mis en place des normes qui régulent l’abattage et la production de viandes ainsi que les ingrédients ajoutés dans les produits laitiers, les boissons gazeuses, les céréales ou le miel. L’Imanor est reconnu par les 57 pays membres de l’OCI, puisqu’il respecte le principe de l’unanimité des courants islamiques. Cet institut vient aussi d’obtenir sa première reconnaissance par l’autorité malaisienne chargée des affaires islamiques (JAKIM) lui donnant ainsi accès aux marchés des pays de l’Asean.

Khadija MASMOUDI

 

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