Culture

A travers l’objectif de Ibn El Farouk

Par L'Economiste | Edition N°:4504 Le 14/04/2015 | Partager
«Oxymore», une exposition de photographies abstraites
L’évènement se poursuit jusqu’au 2 mai à la galerie Shart à Casablanca

Le travail d’Ibn El Farouk invite le spectateur à s’interroger sur ses créations abstraites. Il s’agit de penser le photographique comme champ d’investigation des possibilités du médium lui-même

Une exposition de photographies singulière investit les cimaises de la galerie Shart à Casablanca jusqu’au 2 mai. «Oxymore» de l’artiste plasticien et photographe Ibn El Farouk est un ensemble de photos réalisées en 2014 en France et dont le tirage a été fait au Maroc. Chaque œuvre de cette série est intitulée Oxymore, à l’exception d’une qui, elle, porte  le nom de feed-back, et est constituée tel un puzzle. Ibn El Farouk photographie la lumière à travers plusieurs trames. Il affronte la lumière en créant un dispositif.
Son travail est essentiellement basé sur les prises de vue, et l’abstraction, sans aucune retouche numérique.  Son secret réside dans la superposition de plusieurs matières récupérées qu’il considère comme une sorte de sculpture qu’il immortalise s’appuyant sur la prise de vue. «Mon travail renvoie vers l’essence de la photographie, c’est un corps qui n’existe qu’à travers la lumière. Comme l’indique l’étymologie du mot qui se traduit par écriture de la lumière. Je travaille dans le sens de l’abstraction de la photographie, c’est-à-dire une image sans sujet. La photographie est elle-même le sujet, c’est elle le référent. Il n’y a pas de paysage, pas de portrait, pas de scène et pas de narration. Seulement le corps photographique», explique l’artiste. Pour Ibn El Farouk, «exposer n’est pas montrer, c’est suggérer», c’est au spectateur de voir ce qu’il veut. Il ne cherche pas à provoquer, ni à transmettre un message, mais  à pousser le public au questionnement, et à créer sa propre histoire.
L’art de Ibn El Farouk est quelque part un retour aux sources où il renoue avec les débuts de la photographie.  Les premiers résultats chez Niepce, inventeur de la photographie, étaient abstraits. L’art de Ibn El Farouk est philosophique, il travaille sur une œuvre en devenir. Lorsqu’il prend ses clichés, il n’en connaît pas non plus le résultat final. «Ibn El Farouk est l’un des rares photographes au Maroc qui travaille sur l’abstraction. Dans son œuvre, il y a autant le fond que la forme. On retrouve un équilibre entre l’inspiration et la qualité d’exécution. Il rend une photographie abstraite, difficile à appréhender, facile», souligne Hassan Sefrioui, fondateur de la galerie Shart. Ibn El Farouk est né à Casablanca, il vit et travaille à Bois Colombes en France. Après ses études en philosophie, il se consacre à la photographie qui s’impose à lui comme un médium d’expérimentation. Ce n’est que par hasard lorsqu’il prend un cliché sans le vouloir d’une tente à Merzouga que se produit un déclic. En 1996, il expose pour la première au Maroc à l’Institut Cervantès, puis enchaîne avec le Portugal, la France et l’Espagne.
En 2016, la bibliothèque Claude Lévi Strauss à Paris lui donne carte blanche pour travailler sur la thématique de «La condition expérimentale».
Aïda BOUAZZA
 

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