Régions

Comment Zagora développe sa filière henné

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4499 Le 07/04/2015 | Partager
Cinq unités industrielles en cours de construction, acquisition de deux faucheuses
4,8 millions de DH pour une mise à niveau de l'amont

Au Maroc, la culture du henné est pratiquée principalement dans les zones oasiennes du sud, en particulier dans les provinces de Zagora et Tata. Bien maîtrisée, cette filière peut être un levier économique important pour la population locale vu le potentiel du henné en termes de productivité, ainsi qu’en termes de commercialisation

La valorisation et la promotion du henné de la région de Zagora peuvent constituer un véritable levier de développement économique local. Et ce, par l’appui aux producteurs regroupés en coopératives dans la perspective de développer cette filière à haute valeur ajoutée. En effet, elle peut être une importante source de revenus pour les villageois des oasis. Or, le marché de commercialisation de ce produit n’est pas bien développé. La quasi-totalité de la production actuelle étant vendue dans les souks hebdomadaires par les producteurs afin de faire face aux besoins vitaux de la famille. Le diagnostic territorial inscrit dans le cadre du programme de la planification communale réalisé dans la province de Zagora fait ressortir que six communes rurales, à savoir, Errouha, Tinzouline, Ouled Yahya Lagraire, Tzarine, N’Koub et Ait Oualal, présentent des potentialités immenses en matière de production du henné. A noter que ce diagnostic, qui révèle de même la mauvaise organisation de la filière, est un partenariat entre l’Agence de développement social (ADS), la Direction générale des collectivités locales (DGCL) et la Province de Zagora. C’est ainsi qu’un programme intégré dans le territoire oasien de Zagora a été lancé en mai 2012 par l’ADS et le Conseil provincial de Zagora. Objectif, mettre à niveau la filière du henné, avec appui aux coopératives et aux associations opérant dans ce domaine. L’enveloppe budgétaire allouée à ce programme destiné à agir sur tous les maillons de la chaîne de valeur est de 4,8 millions de DH. L’approche adoptée repose sur une démarche participative et de concertation entre les différents acteurs tels les services extérieurs ainsi que les acteurs associatifs et coopératifs relevant de la zone du henné. Ainsi, l’atelier de démarrage a porté sur l’identification des projets et a permis de déceler les propositions de projets sur la base des potentialités et des contraintes ainsi que les opportunités et menaces que présente la zone du programme. Ainsi, selon le dernier bilan, cinq unités de valorisation du henné, munies des équipements nécessaires, sont en cours de construction et deux projets d’acquisition de faucheuses ont déjà été concrétisés. Ces investissements permettront d’augmenter la productivité et de régénérer durablement l’arbre. Un processus d’accompagnement intensif des micros producteurs relevant des entités territoriales ciblées par le programme a été effectué en amont, afin de les encourager à s’organiser en coopératives et Groupement d’intérêt économique (GIE) en vue d’une organisation professionnelle de la filière.
Par ailleurs, la projection du programme au titre de l’année 2015 sera axée sur trois volets. A savoir, la concrétisation de quatre exploitations pilotes servant de laboratoire aux expériences et recherches scientifiques ; l'organisation de sessions de formations au profit des bénéficiaires. Et enfin, l'exploration de nouvelles voies de commercialisation et l'appui des opérateurs, coopératives, GIE, à la labellisation et à l'acquisition des certifications biologiques et à l’accès aux salons nationaux et internationaux.

De notre correspondante, Fatiha NAKHLI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc