Politique Internationale

Iran: Un accord historique à moitié scellé

Par Karim Agoumi | Edition N°:4498 Le 06/04/2015 | Partager
Le nucléaire militaire banni mais le civil autorisé
Rythme de levée des sanctions en suspens

PERSONNE ne s’y attendait jusqu’à ce qu’il soit rendu public. L’accord-cadre conclu à Lausanne entre les puissances mondiales et l’Iran a pourtant bel et bien été signé, limitant l’utilisation du nucléaire à des fins civiles uniquement et mettant fin à l’embargo économique instauré il y a de cela plusieurs années. Néanmoins, la prudence reste de mise puisque de nombreuses questions clés demeurent en suspens, dont notamment le rythme auquel les sanctions contre le pays seront levées.
L’accord-cadre signé entre l’Iran et le groupe 5+1, lequel comprend notamment les Etats-Unis, la France et la Russie, permettra plus exactement de réduire de manière considérable le nombre des centrifugeuses du pays, des machines servant à transformer l’uranium qui, enrichi à 90%, sert à la fabrication des bombes. D’après l’accord, Téhéran suspendra également l’enrichissement de l’uranium durant au moins 15 ans au niveau du site souterrain de Fordo. L’Iran sera néanmoins autorisé à suivre un programme nucléaire civil et pourra ainsi utiliser des éléments radioactifs pour produire de l’énergie électrique.
L’embargo économique sera par ailleurs levé. Une véritable bouffée d’air frais pour Téhéran, qui pourrait reprendre de solides relations commerciales avec l’Allemagne notamment. Cette dernière perçoit en Iran un véritable potentiel pour l’industrie automobile, l’industrie chimique, la pharmacie, la technologie médicale ainsi que les énergies renouvelables. «L’intérêt pour les machines et les biens d’équipement est toujours aussi fort», explique Felix Neugart, expert en commerce intérieur de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie allemande (DIHK).
Mais tout n’est pas encore gagné.  L’Iran et les grandes puissances devront désormais se pencher sur les détails techniques complexes d’un accord définitif qui doit être scellé avant le 30 juin prochain. La confiance n’est pas non plus totalement établie entre les deux parties. Les Occidentaux ont précisé que les clauses du contrat pourraient être remises en cause en cas de non-respect des termes par Téhéran. D’autre part, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a souligné que la question de la levée des sanctions n’était «pas tout à fait réglée». L’Iran réclame une levée totale et immédiate des sanctions imposées par l’ONU et les Etats-Unis tandis que les grandes puissances promettent une levée plutôt graduelle de ces dernières. Autre problème demeurant pour l’instant sans réponse, l’avenir du stock d’uranium enrichi que le pays possède déjà.
Quant à la communauté internationale, elle soutient globalement l’accord entre les deux parties. C’est le cas notamment de la Syrie, alliée de l’Iran, qui a estimé vendredi que l’entente permettrait de réduire les tensions au niveau international et régional, mais également de promouvoir la paix et la sécurité internationales. Certains pays ne partagent pas le même avis et voient d’un mauvais œil la conclusion de ce contrat. C’est notamment le cas d’Israël, qui craint une mauvaise utilisation du nucléaire par Téhéran à ses dépens.

Karim AGOUMI

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