Entreprises

Plan Halieutis
Sanam lance le 1er projet de valorisation

Par L'Economiste | Edition N°:4495 Le 01/04/2015 | Partager
Un investissement de 260 millions de DH pour un pôle intégré
A la clé, plus de 800 emplois directs

La Holding Sanam renforce sa présence dans les provinces du Sud. Elle vient d’annoncer un investissement de 260 millions de dirhams dans la région de Dakhla. Il s’agit de trois projets dédiés à la valorisation des produits de la mer, secteur où le groupe est leader. Porté par la filiale Conserveries Pélagiques de Dakhla, le premier projet consiste en la construction du premier complexe intégré, destiné à la valorisation du poisson pélagique. Cet investissement s’inscrit dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le ministère de la Pêche et qui s’est soldé par la sélection de quatre autres projets.
Le plan Halieutis, lancé en 2009, avait, en effet, prévu la réalisation de six projets intégrés, alliant la pêche à la valorisation.
Unimer, filiale du groupe, disposant d’une flotte de pêche, s’est vue attribuer un quota de pêche de 20.000 tonnes par an, avec un accès prioritaire de 5.000 tonnes au débarquement au port de Dakhla. L’investissement de 120 millions de dirhams devrait générer un chiffre d’affaires à l’export de 345 millions de dirhams. Le groupe ciblera notamment l’Afrique de l’Ouest, l’Europe, l’Amérique du Nord…
A lui seul, le complexe devrait générer 350 emplois au démarrage et 500 lorsqu’il aura atteint sa vitesse de croisière.
Le second projet sera réalisé par la filiale La Société Maroco-Catalane d’Aquaculture (SMCA). Le premier consiste en la construction d’une unité d’élevage de mollusques bivalves au niveau de la zone industrielle Essalam à Dakhla, pour un montant de 70 millions de dirhams. La ferme sera composée de plusieurs zones spécialisées dans la production d’huîtres, le pré-grossissement des palourdes. Une unité sera construite à terre pour l’écloserie, la dépuration, le calibrage et le conditionnement. La production, qui est estimée à 500 tonnes de palourdes et à 650 tonnes d’huîtres est destinée à 95% à l’export et devrait générer un chiffre d’affaires prévisionnel d’environ 80 millions de dirhams. Les autorisations administratives, d’aménagement ont déjà été obtenues. Les démarches pour la certification de l’Agence nationale du développement de l’aquaculture pour l’export sont en cours. Le groupe Sanam devra trouver un transporteur aérien pour acheminer les mollusques depuis Dakhla jusqu’à Casablanca, puis Barcelone, à raison de 4 tonnes par jour.
La Société Maroco-Catalane d’Aquaculture est une joint-venture créée par la Holding Sanam avec un partenaire technique catalan disposant de plusieurs concessions dans le Delta de l’Ebre, au Sud de la Catalogne. Elle dispose d’une concession de 180 ha pour l’élevage d’huîtres et de palourdes destinées aux besoins du projet et des autres opérateurs de la région. Pour la seconde phase du projet, la SMCA compte monter une unité de production de moules (mytiliculture) destinées à la conservation.
Le troisième projet de la Holding à Dakhla porte sur le triplement de la capacité de réception de triage, de calibrage, de triage et de congélation d’une unité spécialisée dans la zone industrielle de Dakhla. Les travaux de construction seront bientôt lancés (Otifish, filiale à 60% du groupe Sanam) sur un terrain de 700 m2, qui s’ajoutera au foncier actuel de 2.100 m2. Ils devraient durer environ sept mois.
Les trois projets du groupe Sanam devraient générer plus de 800 emplois directs ainsi qu’un écosystème autour de l’industrie de la pêche, principalement avec les transporteurs, les fournisseurs, la distribution…

Le foncier, l’éternel handicap

Contrairement aux autres projets prévus dans les provinces du sud et totalisant un investissement de 6 milliards de dirhams, le groupe Sanam a dû plutôt louer le foncier nécessaire à son implantation à Dakhla. La formule de la location est une solution qui reste pénalisante pour les projets développés dans le secteur de la pêche car elle constitue un handicap pour l’obtention d’un financement bancaire. Le gouvernement devrait réfléchir à un autre dispositif plus attrayant surtout dans les régions du sud pour ne pas générer un effet d’éviction au détriment de l’activité.

Hassan EL ARIF

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