Economie

Capital investissement
La moitié des fonds d’origine étrangère

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4491 Le 26/03/2015 | Partager
La part des capitaux marocains a reculé au profit de nouveaux investisseurs
696 millions de DH investis en 2014
Une étude de l’Amic dresse un diagnostic du secteur

La répartition des fonds levés par secteur montre la part importante de l’industrie, mais également les services et transport. Depuis 2011, la moyenne de leurs parts respectives ont représenté 47% et 29% de l’ensemble des investissements

L’ASSOCIATION marocaine des investisseurs en capital (Amic) vient de dévoiler son étude sur ce secteur durant les dernières années. Ce document, élaboré en partenariat avec le cabinet Grant Thornton, dresse une véritable cartographie du secteur du capital investissement au Maroc. L’étude a concerné l’ensemble des sociétés de gestion adhérentes à l’Amic, ayant un bureau de représentation au Maroc, et dont une partie des fonds à investir lui est dédiée, est-il indiqué. Globalement, il s’agit de 21 sociétés de gestion et de 42 fonds d’investissements. Plus de la moitié de ces structures (57%) sont des institutions financières. Les sociétés d’investissement et les caisses de dépôt représentent, respectivement 3% et 2% de l’ensemble du secteur. A fin 2014, le cumul des montants levés par ces entités s’élève à 15,72 milliards de DH, dont 10,23 milliards par les sociétés de capital investissement et 5,49 milliards pour les fonds d’infrastructures. Néanmoins, l’essentiel des fonds levés est d’origine étrangère. En effet, 94% de ces montants,  mobilisés durant 2013-2014, sont de provenance transrégionale. D’ailleurs, cette étude souligne «la forte augmentation de la part des organismes internationaux de développement, comme la SFI, la BERD et la BEI, avec la 3e génération de fonds». Néanmoins, ce constat est à prendre avec précaution, dans la mesure où la part de ces organismes est passée de 79% en 2013 à 55% l’année dernière. En face, ce document pointe une nette amélioration de la part d’autres investisseurs, dont les personnes physiques et les sociétés de droit privé, qui s’est établie à 41% en 2014, alors qu’elle représentait une part insignifiante une année auparavant (1%). Sur la même période, l’étude enregistre un recul de la part des «véhicules d’investissement», à savoir les holdings et les sociétés d’investissement, qui est passée de 8% en 2013 à 4% en 2014. Parallèlement, cette étude souligne aussi la baisse de la part des capitaux d’origine marocaine face à une évolution des investissements étrangers. Les capitaux levés par des investisseurs marocains représentaient 53% en 2012, avant de baisser à 47% puis à 45% en 2013 et 2014. En face, les investissements européens sont passés de 34% en 2012 à 41% en 2013 et 2014. Idem pour les autres pays, comme l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis, dont la part est passée de 13% en 2012 à 14% l’année dernière.
Globalement, 2014 a été marquée par «un niveau d’investissement soutenu, avec 696 millions de DH investis», peut-on lire dans cette étude. Au niveau de la répartition géographique, ce document relève une grande concentration au niveau de la région du Grand Casablanca, qui réunit 68% des investissements, contre 9% pour Rabat Salé Zemmour Zaër, 9% pour Tanger Tétouan et 5% à Fès Boulemane. Néanmoins, il faut préciser que Casablanca a perdu des points en termes d’investissements au profit d’autres régions. En effet, sa part est passée de 74% entre 2000 et 2005 à 72% entre 2006 et 2010 puis à 61% à partir de 2011. En face, la région de Tanger Tétouan, qui était pratiquement absente dans la phase 2000-2005, a porté sa part à 8% entre 2006 et 2010 puis à 13% à partir de 2011. Ce qui montre l’impact des grands projets structurants lancés dans cette zone, dont le port Tanger Med et la grande usine de Renault. Par secteur, on remarque que le quart des capitaux levés en 2014 ont été alloués aux services et transport, contre 16% au BTP et 13% à l’agroalimentaire.
Les résultats de cette étude montrent également que deux tiers de l’ensemble des investissements ont été réalisés dans des entreprises en développement. Ils indiquent aussi que «la tendance d’investissement de la dernière génération de fonds, à partir de 2011, va vers des transactions de taille plus importante». En effet, 36% de ces investissements sont de plus de 40 milliards de DH. Le ticket moyen d’investissement, entre 2010 et 2014, est de 31 milliards.

Quid de 2015

CETTE année, l’étude réalisée par l’Amic prévoit un maintien de l’évolution du rythme des investissements, qui devront atteindre 1,458 milliards de DH. Les opérateurs, interrogés sur les pays où ils comptent placer des fonds, ont choisi le Maroc à hauteur de 30%, tandis que 26% ont opté pour la Tunisie et 17% pour l’Afrique subsaharienne. Par secteur, l’agroalimentaire arrive en tête avec 15%, suivi des services (12%), de l’énergie (10%) et de la distribution (9%).

M.A.M.

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