Evénement

Investissement au Sahara
«Il faut rompre avec les positions frileuses»

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4491 Le 26/03/2015 | Partager

Mohamed Lamine Hormatollah, président de CGEM Sud: «Il existe dans la région un important tissu de PME, mais 30 à 40% à peine sont opérationnelles à cause des difficultés d’accès au financement» (Ph. M.L.H.)

Après un premier conseil d’administration, tenu par la CGEM dans son antenne régionale du sud, Laâyoune s’apprête à accueillir, samedi 28 mars, le premier forum régional d’investissement. Mohamed Lamine Hormatollah, président de CGEM Sud, en décline les enjeux.
- L’Economiste: Quels sont les secteurs sur lesquels repose l’économie du sud?
- Mohamed Lamine Hormatollah:
L’économie régionale repose essentiellement sur la pêche autant à Laâyoune que Dakhla, ainsi que l’agriculture et le pâturage. Il y a peu encore, le commerce avec les îles Canaries était une des locomotives de l’activité économique de la région.
- Qu’est-ce qui bloque l’investissement dans la région?
- C’est d’abord le facteur géographique et donc logistique. La région se trouve excentrée, difficile d’accès et soumise à des conditions climatiques pénibles. Ce qui fait que les seuls investissements attractifs sont ceux qui offrent des avantages comparatifs, tels que la proximité des stocks halieutiques ou l’accès à la nappe fossile pour l’irrigation des cultures maraîchères.
Hormis ces deux secteurs qui bénéficient d’avantages naturels, il n’y a que des contraintes à l’investissement. Grâce au rôle joué par Miriem Bensalah Chaqroun pour faire porter la voix de la CGEM Sud, nous avons essayé de décliner une batterie d’actions à même de booster l’investissement. L’ensemble des entrepreneurs locaux considèrent qu’il faudrait une véritable politique d’investissement basée sur une vision courageuse du futur de ces régions. En effet, toutes les régions du monde, qui sont défavorisées naturellement, soit par leur géographie, soit par leur climat, compensent ces contraintes par des avantages comparatifs comme la création de zones franches avec des politiques fiscales incitatives, comme cela a été le cas pendant des années aux Îles Canaries ou plus récemment, à Nouadhibou, en Mauritanie.
Si nous avons l’ambition de faire de nos régions la porte économique de l’Afrique, il faut une véritable politique incitative, débarrassée de tout complexe. Le Maroc est sur son territoire et agit de manière souveraine pour le bien-être de ses populations.
- Qu’attendez-vous de ce forum régional d’investissement?
- Vu la personnalité de notre présidente, nous sommes persuadés que ce forum contribuera à faire mûrir les mentalités et permettra la prise de décisions courageuses qui devront trancher avec des positions frileuses. En effet, il s’agit de sortir des sentiers battus utilisant les mesures que l’on applique normalement dans toutes les régions du Royaume pour inventer des mesures fortes et courageuses, qui vont tenir compte autant des spécificités géographiques et politiques de la région que des ambitions du Maroc et de Sa Majesté pour ces régions qui nous sont chères.
Propos recueillis par H. E.

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