Economie

Recensement: Le quart de la population vit dans 7 villes

Par L'Economiste | Edition N°:4488 Le 23/03/2015 | Partager
33,84 millions d’habitants, dont 86.206 étrangers
Lahlimi rejette les suspicions autour des chiffres présentés
Les résultats ventilés par régions, villes…

Les résultats du recensement par région montrent un grand déséquilibre territorial en termes de répartition des habitants. Sur les 16 régions que compte le Maroc actuellement, 8 d’entre elles regroupent près de 70% de la population globale. Le Grand Casablanca, Souss Massa Draa et Marrakech Tensift El Haouz occupent le haut du podium, respectant pratiquement le même classement qu’en 2004

Quelques jours après avoir présenté les résultats du dernier recensement devant le Souverain, Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan, a tenu une conférence, jeudi dernier à Rabat, pour donner plus de détails sur l’évolution démographique au Maroc durant la dernière décennie. Il s’agit d’un premier jet des résultats au niveau national et régional. Des données plus approfondies seront rendues publiques en avril, concernant les indicateurs par province et par commune. Un rapport final sera publié avant la fin de l’année. Pour Lahlimi, ce traitement progressif des données permet de mettre à la disposition du gouvernement, des indicateurs actualisés, avant l’échéance des Objectifs du millénaire, en septembre prochain. Globalement, le HCP a recensé un peu plus de 33,84 millions d’habitants, dont 86.206 étrangers résidents. Ce qui constitue une augmentation de 3,95 millions d’habitants, soit une hausse de près de 13,2% par rapport à 2004. Néanmoins, la progression annuelle est moins importante par rapport à la décennie précédente, avec 1,25% contre 1,38% pour la période avant 2004. Selon Ahmed Lahlimi, «le principal objectif du recensement général est de déterminer la population légale». Il a fait savoir que le gouvernement vient d’adopter le décret approuvant les résultats de cette opération. Le Haut commissaire au Plan a rejeté «les suspicions autour du nombre présenté de la population marocaine après le dernier recensement. Certains sont allés jusqu’à présenter des chiffres qui vont jusqu’à 40 millions». Lahlimi a expliqué que ce quiproquo est lié à la faible connaissance de l’évolution démographique du Maroc. Il a précisé que «le nombre de la population n’a jamais fait l’objet de manipulation dans toute l’histoire du pays». Il a estimé que ce chiffre doit être lu à la lumière d’autres indicateurs, dont l’évolution du nombre de personnes composant une famille. Celui-ci est en baisse depuis 1982. A cette date, les familles marocaines comptaient une moyenne de 6 membres, avant de passer à 5,8 en 1994, puis à 4,8 en 2004 et 4,2 en 2014. Le Haut commissaire au Plan a aussi pointé le nombre de naissances par femme. Ce chiffre est passé de 7,2 naissances en 1960, avant de régresser, sous l’effet de la politique de planification familiale, pour passer à 5,5 en 1982, puis 3,3 en 1994, 2,5 en 2004 et 2,1 en 2014. «Cette transition démographique ne permet pas le renouvellement des générations. Mais nous comprenons les protestations de certaines personnes qui se prononcent sur la base de la perception et non pas sur des données concrètes», a souligné Lahlimi. Ceci est également vrai pour le nombre des étrangers résidant au Maroc. «La perception partagée est que la population étrangère est en évolution soutenue au Maroc. Or, ceci reste relatif», a-t-il expliqué. En effet, le nombre d’étrangers au Maroc a régressé depuis 1971, pour passer de 112.000 à 61.000 en 1982, puis 50.000 en 1994, avant de renouer avec une tendance haussière, pour atteindre un peu plus de 86.000 en 2014. De leur côté, les MRE ne sont pas recensés, dans la mesure où ils participent à ce genre d’opérations dans leurs pays de résidence.
■ Les citadins de plus en plus nombreux
La répartition des données recueillies lors de l’opération du recensement par lieu de résidence, confirme le constat de l’urbanisation galopante de la population marocaine. Plus de 20,4 millions d’habitants résident dans les villes contre 13,4 en milieu rural. Ce qui porte le taux des citadins à 60,3% de la population globale contre 55,1% en 2004. Durant la dernière décennie, les habitants des villes ont augmenté annuellement de 2,2% contre 2,1% avant 2004. Cela s’explique par la création de nouveaux centres urbains et par l’effet de l’exode rural, qui continue de vider les campagnes, dont les habitants ont légèrement baissé par rapport à 2004, passant de 13,42 millions à 13,41 millions, soit une régression de 0,01%.
■ Déséquilibre territorial
La répartition géographique de la population marocaine fait ressortir de grands déséquilibres territoriaux, avec une grande concentration dans l’axe Casablanca-Kénitra. En effet, sur les 12 régions prévues par le nouveau découpage qui entrera en vigueur au cours des prochaines élections, 5 regroupent plus de 70% des habitants. En tête, la région du Grand Casablanca-Settat, qui accueille plus de 6,8 millions d’habitants, soit 20,3% de la population globale. Elle est suivie de Rabat Salé Kénitra, avec 4,58 millions d’habitants (13,5%) et de Marrakech Safi, avec 4,52 millions (13,4%).
Les régions de Fès Meknès (4,23 millions) et de Tanger Tétouan El Hoceïma (3,55 millions) arrivent en 4e et 5e positions. Néanmoins, si l’on prend en considération l’actuel découpage, en 16 régions, on retrouve que 70,55% de la population sont concentrés dans 8 régions. C’est toujours le Grand Casablanca qui arrive en tête avec 4,27 millions d’habitants, suivi de Souss Massa Draa, avec 3,6 millions d’habitants.  
■ 3,35 millions pour Casablanca
Le dernier recensement a confirmé la tendance d’urbanisation de la population marocaine. Néanmoins, cette urbanisation consacre le déséquilibre de la répartition territoriale de la population, dans la mesure où elle est concentrée dans un nombre limité de villes. Ainsi, 7 grandes agglomérations abritent près du quart de la population globale, soit 41,3% des citadins. Sans surprise, Casablanca arrive en tête, avec 3,35 millions, suivie de Fès avec 1,11 millions, puis de Tanger et Marrakech, avec respectivement 947.000 et 928.000. La progression démographique annuelle dans les villes a varié entre -0,79% à Rabat et 3,26% à Tanger.
■ Budget
La réalisation du recensement a nécessité la mobilisation d’un budget de plus de 864,66 millions de DH. Plus de 677,4 millions de DH ont servi à l’exécution de cette opération, soit 78,35% du montant global, tandis que les travaux cartographiques préalables ont nécessité un peu plus de 142 millions, au moment où l’équipement du centre de lecture automatique des documents, pour l’exploitation des données, a coûté 45,13 millions de DH.
■ Enquête post-censitaire
Le Haut commissaire au plan a indiqué que le recensement général, réalisé au dernier trimestre de 2014, a assuré une couverture de 98,62%. Ce qui constitue «le niveau le plus élevé en comparaison avec les opérations précédentes», a-t-il dit. Le HCP a réalisé, après l’achèvement de la collecte des données sur le terrain, une enquête post-censitaire. Celle-ci a concerné un échantillon de 15.000 ménages représentatifs de l’ensemble des régions et des couches sociales. L’idée est de coupler les données recueillies avec celles du recensement, afin de déterminer les écarts.
Mohamed Ali MRABI
 

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