Economie

Cedeao/Tarif extérieur commun
Le CNCE évalue le potentiel à l’export

Par | Edition N°:4460 Le 11/02/2015 | Partager
Engrais, composants électriques, carburéacteurs… les niches
Ciment clinker, farine de froment… les produits fortement taxés

L’instauration du Tarif extérieur commun serait favorable pour les échanges avec le Sénégal, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Togo et la Gambie. En revanche, avec la Guinée et le Ghana, l’impact serait négatif puisque les droits de douane vont augmenter. Au total, les ventes destinées à la Cedeao ont atteint plus de 883 millions de dollars en 2013, principalement le Sénégal (27,5 %), la Côte d’Ivoire (12,9%), la Guinée (12,7%), le Nigeria (12,2%) et le Ghana (11,7%)

Quel sera l’impact du Tarif extérieur commun (TEC) appliqué par les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao)(1) sur les exportations marocaines? Se basant sur les expéditions de l’année 2013, le Conseil national du commerce extérieur (CNCE) l’estime aux alentours de 5%. Dans son analyse, le CNCE tient compte de l’hypothèse de flux inchangés en 2015 et donc des droits de douane qui s’établiraient à 117 millions de dollars.
L’application du TEC s’est traduite par la modification de plusieurs lignes tarifaires. Le dispositif est inspiré de la grille de l’Uemoa qui ne disposait que de quatre bandes tarifaires aux taux de  0%, 5%, 10% et 20%. Une cinquième bande avec un taux de droit de douane de 35% s’est rajoutée avec la grille Cedeao. Cette bande inclut les produits jugés sensibles en raison de leur caractère spécifique pour le développement de la région.
Pour le CNCE, l’impact du tarif uniformisé sera positif sur les échanges avec le Sénégal, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Togo et la Gambie. Il s’agit là des principaux pays destinataires des exportations marocaines. En revanche, l’effet sera négatif surtout en Guinée et au Ghana (voir infographie). L’analyse de l’effet du TEC selon les produits révèle quelques surprises. Certains produits risquent de se renchérir alors que d’autres seraient plus compétitifs. Les engrais minéraux et chimiques par exemple sont à zéro droit de douane. La Cedeao cherche ainsi à encourager leur usage puisqu’elle s’est fixé comme objectif d’atteindre 50 kg/hectare d’engrais. Les composants électroniques, dont les ventes se sont élevées à 68 millions de dollars en 2013,  figurent parmi les produits dont les droits de douane ont été revus à la baisse. Il s’agit surtout de la catégorie «appareillage pour la coupure, le sectionnement et la protection» pour laquelle le taux est passé à 10% et à 5% pour d’autres composants. A ce niveau, le gain estimé pour les exportateurs est de 200.000 dollars.  Pour les carburéacteurs, dont les ventes dans cette région ont atteint 171 millions de dollars, les taux passent à 5%. Ce qui se traduirait par un gain de près de 6 millions de dollars pour les entreprises marocaines.
Sur d’autres produits, les opérateurs marocains risquent de perdre en compétitivité. Dans le cas du ciment, l’avis du CNCE est plutôt «mitigé». Les droits de douane pour le ciment clinker en particulier passent à 35%. Ce produit est généralement exporté vers trois pays le Ghana, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire. Il était à des taux de  zéro droit de douane dans les deux premiers pays et de 10% dans le troisième. Le relèvement du tarif pour ce produit bénéficiera au nigérian Dangote Cement qui a lancé un plan d’expansion en Afrique de l’Ouest. En revanche, les cimentiers installés en Afrique de l’Ouest qui  importent du clinker, notamment le marocain Cimaf, verront leur compétitivité s’éroder», note le Conseil. Pour le ciment portland, le tarif baisse à 10%. Ce qui de l’avis du CNCE constitue une opportunité pour les opérateurs qui pourraient élargir la zone de distribution à d’autres pays de la Cedeao.
La farine de froment, le troisième produit exporté par le Maroc, est aujourd’hui à 35% de droits de douane. Du coup, les opérateurs marocains devront payer un surplus de 9,4 millions de dollars si le niveau des ventes reste le même qu’en 2013. Certains médicaments ont également vu leur droit de douane augmenter de zéro à 20%. L’impact de cette hausse est estimé par le CNCE à 1,7 million de dollars. Dans le cas des véhicules à usage spécial, les tarifs ont doublé (10%) alors que ceux des sucreries sans cacao sont passés au niveau maximum (35%). Leurs exportations ont atteint 14,2 millions de dollars en 2013. Les sucreries sont désormais classées parmi les produits sensibles. Des changements aussi pour les produits de mer congelés: le marché ghanéen qui était à 5% de droit de douane  s’aligne sur les autres pays (10%). Idem pour les produits d’emballage à la Sierra Leone (5 à 20%) ainsi que les œufs de volailles au Sénégal (20%). En 2013, le Maroc a vendu pour 4,2 millions de dollars d’œufs de volailles à ce pays.

K. M.

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(1) Le tarif uniformisé s’applique aux 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et du Cap-Vert,  la Gambie,  le Ghana,  la Guinée-Conakry, le Libéria, le Nigeria et la Sierra Leone.
 

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