International

Matières premières: Les tendances pour 2015

Par | Edition N°:4430 Le 29/12/2014 | Partager
Les prix bas devraient soutenir la croissance
L’or pourrait monter jusqu’à 1.250 dollars l’once
L’impact de la chute du pétrole est général

Une croissance économique en berne accentuée par un ralentissement de l’activité

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économique chinoise a pesé sur  les cours des métaux de base en 2014. Ils devraient continuer d’orienter les prix à la baisse en 2015. «La chute des prix des matières premières et notamment du pétrole aura des effets différenciés sur les économies émergentes», notent les économistes de Axa Investment Managers dans un bulletin sur les «Perspectives 2015».
Pour les exportateurs de matières premières, une croissance mondiale basse réduit la demande, déclenchant ainsi un choc négatif sur les termes de l’échange, détériorant les équilibres internes et externes et réduisant la croissance économique. A contrario, pour les exportateurs de produits manufacturés qui représentent une grande partie des pays émergents d’Asie, de plus bas prix des matières premières devraient soutenir la croissance. La forte appréciation du dollar et la baisse des prix des matières premières (dont le pétrole) devraient faire baisser l'inflation début 2015.
Il faut dire que la chute du pétrole a entraîné dans son sillage l’ensemble des matières premières. C’est le cas de l'or et l'argent qui ont chuté en 2014. A quelques jours de la fin de l’année, «l’or tente de grappiller quelques points de hausse, toujours pénalisé par le dollar fort et la perspective d’une hausse des taux américains», d’après les analystes du Comptoir des Tuileries (http://www.cdt.fr/). Vendredi 26 décembre, l’once était cotée 1.185 dollars vers 12 heures sur le marché continu, mais perd -0,80% sur une semaine. Depuis le début 2014, le gain est de +3,76%. Selon les observateurs, «le marché devrait rester stable dans les jours qui viennent, sauf événement imprévu». En ce qui concerne 2015, Commerzbank voit l’or monter jusqu’à 1.250 dollars l’once.
L’argent, dont les cours ont perdu plus de 20% cette année, devrait profiter aussi d’un rebond dû à la diminution de l’offre minière. Le lingot de 1 kg vaut 31.440 euros à Paris, à peu près le même prix qu’à Londres.
Plombé aussi par la dégringolade des prix du pétrole, le cuivre est le métal qui a eu une mauvaise année en 2014, perdant 13%. Mais la tendance va se renverser en 2015. «Le marché va passer d'un déficit de 300.000 tonnes en 2014 à un surplus de 390.000 tonnes l’année prochaine», selon le Groupe de travail international du cuivre (ICSC).
A l’inverse du cuivre, le nickel s'est montré le plus performant des métaux de base en 2014. Ses cours ont gagné 11% à cette date. D’après les experts, il devra avoir les meilleures perspectives l’année prochaine. 
Autres tendances. L'aluminium a gagné 4%, après avoir pris 17% entre janvier et août. Il a atteint à ce moment un sommet (2.119,50 dollars la tonne) à cause d'un déficit de l’offre. Ayant gagné 5% en 2014, le zinc devrait continuer sur sa lancée en raison d’un déficit d’offre engendré par la fermeture de mines (notamment de Century en Australie).
Le platine et le palladium ont tous deux souffert de la chute des cours du pétrole. Le platine a atteint, le 22 décembre dernier, un niveau plus bas en cinq ans. Les analystes de Commerzbank ne «s’attendent pas à un rebond des prix dans la première moitié de 2015 à cause de la faiblesse des prix de l'or». Globalement, l'industrie automobile devrait rester le plus gros consommateur de platine et de palladium l'année prochaine.

Un expresso pas cher!

Les prix du café ont rechuté en novembre. «Les pluies généralisées au Brésil ayant écourté de nouvelles hausses des prix», indique l’Organisation internationale du café dans un rapport. Quant à la production brésilienne d’Arabica en 2014/15, elle sera inférieure de six millions de sacs par rapport à 2013/14, selon Conab (Compagnie nationale d'approvisionnement). Ce déficit pourrait être «comblé en partie par la reprise continue en Colombie et une meilleure gestion de la rouille des feuilles du caféier en Amérique centrale, mais l'écart ne sera pas totalement compensé». Une estimation provisoire de la production mondiale de café au cours de l’année caféière 2014/15 suggère un total d’environ 141 millions de sacs. Concernant le Robusta, la production du Viet Nam devrait demeurer forte alors qu’une baisse importante est prévue en Indonésie compte tenu des faibles volumes récents d’exportation.

Fatim-Zahra TOHRY

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