Justice

Affaire ONDA
Un doyen pour clôturer les plaidoiries

Par | Edition N°:4430 Le 29/12/2014 | Partager
Un grand procès s’achèvera en 2015
Trois réveillons derrière les barreaux

Il y a des procès où il vous est difficile de banaliser les personnages. Sinon, le regard  «standardisé» d’un chroniqueur finit un jour par passer à côté de l’histoire judiciaire. Ce soir-là, il est 17 heures passées à la désertique Cour d’appel de Casablanca. Me Abdeltif Guedira est le dernier plaideur dans l’affaire ONDA. La salle 8 est glaciale et silencieuse. Face à la défense, l’imposant président Lahcen Tolfi et ses 4 jeunes accesseurs. Auparavant, le magistrat avait dû reporter de quelques heures l’audience du 24 décembre. Une pause s’impose lorsqu’on passe de longues journées à statuer: plus de 150 dossiers parfois!   
Me Guedira est très discret: «Je n’aime pas prendre de photo». Ni que l’on fasse son portrait d’ailleurs. Agé de 84 ans, il est l’un des deux avocats (au côté de Me Rachid Diouri) de l’ex-directeur financier de l’Office national des aéroports (ONDA). Son client a été initialement poursuivi pour détournement et dilapidation de deniers publics. En première instance, Ouadi Mouline sera jugé pour complicité et écopera de 2 ans de prison ferme et de 20.000 DH d’amende. L’ancien président de la commission des marchés publics (2004-février 2012) est le seul à avoir purgé sa peine. Ses défenseurs contestent ce premier jugement. L’accusé joue ainsi «son honneur et sa liberté» dans cette 2e mi-temps, plaidera auparavant Me Rachid Diouri (cf. L’Economiste du 11 décembre 2014). Son aîné relève que «le jugement en cause n’a pas tenu compte des témoignages en faveur de Mouline». «Donnez-moi des faits, je vous donne des dispositions juridiques», annonce en guise de préambule Me Guedira. Courtoisie oblige, le défenseur qui a épousé la vie judiciaire en 1959 remercie en premier lieu la Cour «pour ses efforts, son écoute…». Le doyen des avocats de la défense garde tout de même les pieds sur terre: «Je suis persuadé M le président que vous avez constitué votre intime conviction. Mais sans doute, votre honorable cour a aussi quelques reproches. Certes M Mouline a été acquitté du détournement de deniers publics. Mais le jugement de première instance ne lui a pas rendu justice». Il plaide «l’innocence» de son client en soulignant que «les droits  de la défense ont été bafoués». Le verdict de juillet 2013 «n’a pas répondu à nos arguments appuyés qu’ils sont par des documents et des témoignages». L’avocat du barreau de Rabat va décortiquer au scalpel les accusations. Point par point et articles à l’appui. Ce n’est pas forcément le principe dans une corporation dont le métier est de manier la loi. Me Guedira, un des premiers juges d’instruction du Maroc indépendant, consacrera en partie sa plaidoirie aux accusations retenues contre son client en tant que président de la commission des marchés publics de l’ONDA . Ce n’est là que l’un des quatre points de sa plaidoirie. Sa seconde partie est annoncée pour le 21 janvier 2015. Deux accusés, l’ex-DG de l’ONDA et son directeur de communication passeront le 3e réveillon à la prison d’Oukacha. Bonne année.
Faiçal FAQUIHI

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