Régions

Rabat: Oualalou annonce l'extension du tram

Par L'Economiste | Edition N°:4425 Le 22/12/2014 | Partager
Les travaux démarrent début 2015
Le maire invité de la CFCIM
Transport, déchets, ressources... les contraintes de la gestion urbaine

Pour Fathallah Oualalou, maire de Rabat qui s'exprimait lors d'une rencontre à la CFCIM, le budget de la ville est structurellement déficitaire avec des dépenses en évolution et des recettes limitées. La ville se lance ainsi dans la récupération de son foncier afin de pallier au déficit
 

Gérer une ville est une mission difficile mais passionnante, car il faut en même temps concilier entre les préoccupations quotidiennes des individus et les intérêts de la collectivité au long terme. Ce sont les propos de Fathallah Oualalou, maire de Rabat, qui était l’invité, jeudi dernier, de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). Pour lui, cette tâche deviendra plus difficile à l’avenir avec la forte urbanisation que connait la majorité des villes notamment africaines. «D’ici près de 30 ans, nos villes vont abriter environ 90% de nos populations», signale le maire de Rabat. Il rappelle le cas de l’agglomération de Rabat qui a connue de sa part ces dernières décennies une pression démographique entraînant une forte urbanisation dont une partie se réalise hors des normes en vigueur. «Plus de 50% des habitants de Salé et de Témara passent une partie de leur journée à Rabat», indique Oualalou. Une telle situation pose un sérieux problème de mobilité. A ce propos, le maire de Rabat n’a pas caché sa déception quant à l’expérience mal achevée avec Veolia dans la gestion déléguée du secteur des bus. L’opérateur français a jeté l’éponge en obligeant la ville à retourner  au système de «la municipalisation du transport des bus», selon Oualalou. Ce secteur est actuellement supervisé par le groupement des communes Al Assima dont les compétences se sont élargies dernièrement aux secteurs gérés par Redal. Le maire de Rabat a profité de l’occasion pour mettre en valeur le rôle joué par le tramway pour amortir l’effet de la crise du transport dans l’agglomération. Il rappelle que les travaux d’extension du réseau du tram seront entamés début 2015 pour desservir d’autres quartiers à Rabat (Hay Ryad, Yakoub Al Mansour) et à Salé. Oualalou pointe aussi du doigt les opérateurs chargés de la gestion de la collecte des déchets au niveau de deux arrondissements de Hassan et Youssoufia. "Le problème des déchets devrait enfin être réglé par les nouveaux opérateurs qui vont prendre la relève à l'expiration du contrat actuel prévu début 2015", fait-il observer.
La gestion de la ville, à son sens, nécessite des compétences et mais aussi des moyens financiers. Il rappelle ainsi que le budget de la commune est structurellement déficitaire avec plus de 70% destinés aux salaires du personnel et à la collecte des déchets. Pour pallier cette situation, la ville est en train d’adopter une nouvelle approche pour la mobilisation des ressources financières à travers son patrimoine foncier mal exploité et dont une partie squattée par des tiers. Ce travail va permettre à la ville de mobiliser sa quote part, soit 710 millions de DH, pour contribuer au financement du programme du développement urbain de Rabat baptisé «Rabat ville lumière, capitale marocaine de la culture». Un budget de près de 9,4 milliards de DH est prévu pour la réalisation de ce programme sur la période 2014-2018. Oualalou rappelle les grands axes de ce chantier qui permettra de hisser la capitale administrative au rang des grandes métropoles mondiales. Ce projet est le fruit de partenariat entre la ville et près d’une vingtaine de départements ministériels et établissements publics qui vont contribuer à son financement. Le ministère de l’Intérieur prendra en charge le grand lot, soit 2,2 milliards de DH, suivi des Finances (1,4 milliard) et l’Habitat (1,2 milliard de DH). Les projets prévus dans ce programme visent notamment la préservation des espaces verts et de l’environnement, et l’amélioration de l’accès aux services et équipements sociaux de proximité. Ce qui va permettre d’assurer un développement durable de l’agglomération et éviter à ses habitants de vivre à deux vitesses entre des quartiers bien équipés pour les familles aisées et des zones marginalisées. Le maire ne manque pas de rappeler, à ce titre, que Rabat abrite près de 9.000 familles qui vivent encore dans des bidonvilles.

Avantages comparatifs

Ce programme de développement urbain de Rabat va également permettre de concilier la capitale avec la mer à travers l’aménagement de sa corniche sur près de 11 km. Rabat compte également tirer profit de ses avantages comparatifs qui fondent une partie de son identité. Il s’agit notamment de la culture et l’environnement qui seront développés davantage. L’inauguration dernièrement du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et le lancement des travaux du Grand Théâtre ainsi que d'autres édifices culturels à venir, en font partie. "Douze grands hôtels sont déjà en cours de construction", annonce Oualalou. Le Maire souligne l'effet induit de la gare TGV prévue à Agdal et contribuera à créer une dynamique dans cette zone de la capitale promise aussi à une profonde transformation. Mais l’avenir d’une ville dépend également de l’esprit de civisme et la conscience de ses habitants, est-il rappelé.

Noureddine EL AISSI

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