Justice

Affaire ONDA
Une 2e mi-temps pour la défense de Benallou

Par | Edition N°:4401 Le 17/11/2014 | Partager
Trafic d’influence et dilapidation contestés…
Le plaideur soutient une gestion «sans faute»

Les réalisations d’Abdelhanine Benallou, ex-DG de l’Office national des aéroports (2003-2010), sont mises en avant par la défense: le bénéfice net notamment passe de 58 millions de DH en 2003 à 859 millions en 2008. C'est à cette période là que sera signé l’accord euro-marocain sur l’Open sky (décembre 2005)

POSÉMENT assis au banc des accusés, Abdelhanine Benallou, ex-DG de l’Office national des aéroports (ONDA), suit avec un air de déjà-vu la plaidoirie de son avocat. Juillet 2013, le mis en cause a été condamné en premier ressort à 5 ans de prison ferme et 50.000 DH. La peine la plus lourde. Dilapidation et détournement de deniers publics, faux et usage de faux et trafic d’influence ont été retenus contre l’ancien top management (cf. L’Economiste du 10 novembre 2014). Ce procès donne suite au rapport 2008 de la Cour des comptes.
C’est donc par là que Me Zakaria Louski «tenait à commencer», déclare-t-il aux cinq juges en face de lui. Non sans «revenir également sur les rapport de la police judiciaire et du juge d’instruction». L’avocat de Benallou se lance en cette fin de journée d’automne dans une plaidoirie entamée le 5 novembre 2014. Et devant cette même Cour d’appel de Casablanca.
Le plaideur conteste ainsi le trafic d’influence en matière de recrutement: «L’organisation des entretiens et des concours relève du directeur général. Aussi bien dans les statuts de 1984 que de 2007 de l’ONDA». D’où le débat autour du contrôle des diplômes: «C’est la direction des ressources humaines qui s’en occupe et non pas le directeur général. Vu le nombre des dossiers, mon client ne peut pas s’en charger». L’histoire des diplômes falsifiés est centrale. A-t-elle été suivie de sanctions administratives? Le top management «a sévi après avis de la commission disciplinaire et des agents de l’ONDA ont été suspendus. Les sommes indûment perçues au titre de leur promotion ont été remboursées», déclare le plaideur. Le tout pour écarter la dilapidation de deniers publics.
Ces promotions ont été accordées sur la base des anciens et nouveaux statuts (1984 et 2007). Là aussi il est soutenu que la régularisation administrative des promus relève du service des ressources humaines. La défense ouvre une parenthèse: l’ONDA reçoit ses statuts le 11 juillet 2007 et où est mentionné que «leur entrée en vigueur est effective à compter de juillet 2005! Comment appliquer les statuts bis à cette date alors qu’ils ont été reçus en 2007?». Ceux-ci ne seront d’ailleurs mis en oeuvre qu’en 2008 «à cause des mesures préparatoires engagées: création de commissions, envoi de procès-verbaux…».
A l’instar de certains directeurs, Benallou est accusé de déplacements «fictifs». La défense note qu’il bénéficiait d’un montant forfaitaire: 1.200 DH par jour. Durant son mandat, plusieurs aéroports, du nord au sud, étaient en cours de réaménagement ou de construction. Les témoignages à décharge sont cités: «Le DG partait en mission en utilisant les voitures de service, des avions loués ou ceux de la RAM».


Faiçal FAQUIHI

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