Competences & rh

Stratégie/Comment le FMI forme les cadres arabes

Par L'Economiste | Edition N°:4383 Le 21/10/2014 | Partager
3.000 responsables gouvernementaux accompagnés depuis 2011
Dont 182 marocains, cadres des Finances, de BAM et du HCP
50 sessions et séminaires pour cette année, soit +20% sur un an

La majorité des bénéficiaires des formations du CEF sont des cadres des banques centrales et des ministères des finances. Pour les autres profils, d’autres organismes peuvent intervenir, tels que l’OMC, la Banque mondiale, ou encore l’OCDE

Le Fonds Monétaire International (FMI) est engagé dans la formation des cadres gouvernementaux depuis maintenant 50 ans. Il dispose de sept centres et programmes régionaux, notamment dans les pays émergents ou en développement, sans compter son centre historique basé à Washington. Le centre de la région Mena, CEF (Centre d’études économiques et financières) basé à Koweït City, a été lancé en 2011. Il est entièrement financé par l’Etat du Koweït (voir interview).
Tout au long des trois dernières années, le centre qui emploie 22 experts (économistes, traducteurs, coordinateurs,…) a organisé 130 activités, entre formations et séminaires spécialisés. Il a pu former 3.000 responsables des 22 pays de la ligue arabe, répartis à parts égales entre le Maghreb, le Machrek et les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Cette année, 50 sessions de formation et séminaires ont été programmées, soit 20% de plus que l’an dernier, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant que portent les pays de la région au perfectionnement de leurs cadres.
Du côté du Maroc, 182 cadres fonctionnaires ont suivi des cours de formation, ce qui représente 6,1% du total des participants. Il s’agit essentiellement de cadres de Bank Al Maghrib (BAM), du ministère de l’Economie et des Finances et du HCP.
Le CEF a pour objectif de renforcer les aptitudes techniques des responsables publics, et plus particulièrement, en matière «d’analyses, de diagnostics économiques, de formulation et de mise en œuvre des politiques économiques et financières». Des sessions sont également offertes par des spécialistes de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), de la Banque Mondiale, de l’OCDE ou encore du Fonds Monétaire Arabe (Abou Dhabi). «La particularité du CEF, c’est qu’il conçoit des programmes de formation sur mesure. Nous organisons, par exemple, des rencontres avec les responsables de la formation des banques centrales afin de recueillir leurs besoins. En ce moment, il y a une forte demande dans le domaine de la finance islamique», relève Rima Turk, économiste principale du CEF. Les particularités économiques de chaque pays (santé financière, pays importateur ou exportateur de pétrole,…) sont également prises en considération.
D’année en année, le centre est «assailli» de demandes de formation. Pour y faire face, le CEF devra faire preuve d’innovation. «Face aux demandes très diverses des Etats, nous collaborons avec d’autres organismes en vue de compléter nos formations. Nous pensons aussi à enrichir notre offre on-line, et à l’élargir à d’autres publics ciblés, y compris dans le secteur privé», confie Moez Souissi, économiste principal.   
Le centre a déjà commencé à diversifier les profils des participants. «Nous étendons nos cours aux parlementaires et aux journalistes arabes. Cela nous permet aussi de mieux expliquer notre mission, qui est de promouvoir les économies de la région en vue d’améliorer le niveau de vie des populations qui sont durement frappées par le chômage», précise Lahcen Achy, économiste principal.
Le CEF envoie régulièrement des invitations aux départements en charge de la formation dans les ministères et organismes publics avec le type de profils ciblés. Ces derniers désignent ensuite les bénéficiaires, en fonction des candidatures reçues. Il est également possible de postuler en ligne, et c’est le Centre qui vérifie l’éligibilité des demandes.

Ahlam NAZIH

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