Analyse

Commerce extérieur
Quatre pistes pour sortir du déficit

Par L'Economiste | Edition N°:4339 Le 15/08/2014 | Partager
Pour le CESE, il faut accélérer l’émergence de champions nationaux
Des mesures urgentes pour les primo exportateurs
Mettre de l’ordre dans la politique de R&D et définir les priorités

Les entreprises émergentes semblent plutôt réticentes à prospecter et pénétrer le marché international. Les nouvelles entreprises exportatrices ne représentent que 0,02% de l’ensemble des exportateurs

LA croissance des flux d’exportation n’a pas favorisé l’émergence de nouvelles entreprises capables de se projeter sur les marchés extérieurs. Les primo exportateurs ne représentent que 0,02% des 5.200 firmes qui exportent régulièrement, comme le montrent les dernières statistiques de la Banque mondiale (voir infographie). Dans la région Mena, le Maroc, malgré une économie plus diversifiée que nombre de pays pétroliers, arrive en bas de la liste. Pour résorber le déficit chronique de la balance commerciale, il faudra travailler sur ces axes, dit le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son rapport annuel. Il conseille au gouvernement de traiter les fragilités de ces entreprises, dues particulièrement  à leur sous-capitalisation et à la faiblesse de leurs moyens techniques, mais également humains. L’option de promouvoir des synergies entre PME est très recommandée pour faire émerger des champions nationaux. Le Conseil recommande l’extension des avantages accordés aux entreprises exportatrices aux exportateurs indirects. Il s’agit de faire bénéficier tous les acteurs qui interviennent dans la chaîne de production destinée à l’exportation d’avantages fiscaux. C’est d’ailleurs le scénario que l’Association marocaine des exportateurs avait préconisé aux Assises de la fiscalité et qu’elle a reconduit dans un mémorandum adressé au gouvernement en juillet dernier.
Parallèlement, l’Etat est appelé à mobiliser les ressources pour encourager les entreprises à prendre le risque de prospecter et de pénétrer de nouveaux marchés. Actuellement, les actions visant les PME émergentes semblent plutôt limitées. La 2e édition des contrats de croissance à l’export, qui ont été signés récemment, n’ont mobilisé qu’une enveloppe de 144,9 millions de DH pour accompagner 100 entreprises dont 80 sont émergentes.  Pour le Conseil, l’Etat doit redresser sa marge budgétaire à travers une meilleure mobilisation des recettes, en l’occurrence fiscales. Cela impose la nécessité de fixer une échéance pour la mise en œuvre des recommandations des Assises de la fiscalité, notamment celles sur l’amélioration de la compétitivité et le renforcement de la relation entre les contribuables et l’administration fiscale.
Par ailleurs, le Conseil propose de booster la compétitivité de l’économie nationale à travers la promotion de l’innovation. Cela passe par la mise en place d’une politique mobilisant aussi bien les acteurs publics que privés pour constituer un réseau national de recherche et d’innovation dans des domaines où le Maroc possède des avantages compétitifs, comme notamment l’économie numérique. Il s’agit surtout de mettre de l’ordre dans le dispositif de la R&D trop éparpillé. Car, comme l’a déjà souligné le ministre de l’Enseignement supérieur, ce ne sont pas les incitatives qui manquent mais plutôt la coordination. Pour faire dans le concret, Daoudi avait signé une convention avec l’OCP pour financer des projets de recherche dans la filière des phosphates et dérivés dont les exportations ont chuté de 11,2 milliards de DH sur les 4 premiers mois de 2014, en baisse de 13,7%. Cependant, l’amélioration de la compétitivité du tissu productif exige le développement de la chaîne logistique. Le Conseil prône l’accélération de la mise en œuvre de la stratégie nationale pour le secteur logistique, particulièrement les actions prévues pour réduire les tarifs des prestations portuaires.

Consommer local…

Pour résorber le déficit commercial, le CESE préconise la mise en place d’une politique de défense et de promotion des produits marocains. Celle-ci devrait guider les choix des pouvoirs publics, lit-on dans le rapport 2013 du Conseil. L’idée est d’inciter à produire et à consommer des produits locaux. Déjà, les importations ont baissé de 2% au cours de 2013, à l’exception des biens d’équipement et des demi-produits. En dépit de cela, le solde commercial reste déficitaire dans la mesure où le taux de couverture a atteint 48,4%. Parallèlement, il faudra valoriser la recherche et développement qui permettra de diversifier les exportations et contribuer à la baisse du déficit extérieur. Pour les experts du CESE, le secteur industriel constitue le cadre privilégié pour des actions ciblant surtout les PME et visant le renforcement de l’innovation et de la compétitivité globale. Le Conseil cite l’exemple des exportations du secteur automobile, qui ont, pour la première fois, dépassé celles du textile et habillement.

Hajar BENEZHA

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