Régions

Marrakech: Dans les coulisses du légendaire cinéma Théâtre Palace

Par L'Economiste | Edition N°:4338 Le 13/08/2014 | Partager
Classé monument historique, il s’agit maintenant de le faire revivre
Trois salles de projection témoins du passé de tout un quartier
Un ambitieux projet porté par l’association Save cinemas in Morocco

Préserver l’âme d’un quartier. Se battre contre l’oubli. Ériger la culture comme l’un des grands fondements de l’homme.

La grande époque du cinéma Théâtre Palace, tenu pendant des années par la famille Friggeri. Au programme de ses 3 salles, des films d’actions et les grands classiques du cinéma français
- Aujourd’hui, le cinéma en plein air a été entièrement déblayé par les bénévoles de l’association. La billeterie, l’entrée du palace et l’espace pour l’écran de projection en restent les grands témoins

- Pour financer les événements culturels, l’association expose et met en vente une riche collection d’affiches de cinéma de tous les genres

C’est un peu tout cela qui a sauvé le cinéma Théâtre Palace à Marrakech. Sans la mobilisation de certains passionnés, ce bâtiment, construit en 1926, dont l’âme des anciens persiste, serait déjà transformé en maison d’hôte ou restaurant. Sacrilège! Mais pour gagner ses batailles, il faut mobiliser les troupes. L’association à l’origine de ce sauvetage, Save cinemas in Morocco, appelle à la mobilisation générale. Car la route est encore longue et la tâche laborieuse. Son président, Tarik Mounim, se félicite de la réussite des événements qui y sont organisés, mais plus que d’entendre des remerciements pour son engagement, il attend de pieds fermes les vrais engagements et des actions concrètes. Seuls, avec leurs propres deniers, les bénévoles de l’association ont ainsi déblayé le cinéma Théâtre Palace, à l’angle de la rue de Yougoslavie et du boulevard Moulay Rachid à Guéliz. Plus de 20 ans de gravats amassés depuis son déclin, pour sortir de l’ombre un bâtiment témoin de la belle époque. Les Marrakchis étaient nombreux à s’y rendre en famille, dans l’une de ses 3 salles. Pour la projection en plein air, où les conviviales soirées se prolongeaient avant et après le film, ou dans le cinéma Lux, la salle populaire dédiée aux films d’action.

Plus de 20 ans de gravats amassés depuis son déclin ont été déblayés du cinéma. Avec le soutien de tous, réhabilitation et aménagement sont les actuels objectifs

- Le cinéma Lux proposait, avec 2 séances par jour, des films populaires, d’action, de karaté, des productions indiennes, à un public familial

- Colonnes, balcons et alcôves, plafonds ciselés témoignent encore de la grandeur de la salle principale du cinéma, le Théâtre Palace

Le clou du spectacle, encore aujourd’hui, reste le Théâtre Palace. Une montée des marches qui nous mène dans le sanctuaire du lieu. Les colonnes, les balcons et alcôves, les plafonds ciselés témoignent encore de sa grandeur. Rien de neuf ne pourra jamais égaler ce qu’il reste ici d'autrefois. On imagine les rires d’enfants, leurs parents, comme ils en témoignent aujourd’hui, habillés de leurs plus beaux habits, et le propriétaire des lieux, le fils Friggeri, qui aimait tenir la billeterie pendant son temps libre. Sur la scène, venaient se produire Nat King Cole ou Rita Hayworth et les grands noms du music-hall. A quelques pas de là, ce que l’on appelle le petit palace sert de quartier général à l’association et abrite les événements de sauvegarde du cinéma. A l’origine, l’adresse affichait le Key Club, réservé aux officiers américains, basés à Marrakech, qui venaient y passer du bon temps, avant de devenir le centre culturel de l’Institut français. 
Pour découvrir ce qu’il reste de ce cinéma, l’ambiance, la ferveur et la passion de Tarik, qui connaît tous ses secrets, Save cinémas in Morocco organise, tout le mois d’août, des visites guidées. L’occasion de se faire ouvrir les portes de l’un des grands témoins du passé, aujourd’hui classé monument historique.

Décider, soutenir, agir!

• Acheter l’une des 8.500 affiches de cinéma exposées au petit théâtre
• Assister aux projections estivales consacrées aux classiques du cinéma marocain avec comme premier film «Mille mois» de Faouzi Bensaidi
• Soutenir les 3 comédiennes marocaines en résidence artistique, qui préparent une pièce contemporaine de théâtre, «Chhoud el âazbat», présentée à la rentrée en avant-première au petit palace
• Rejoindre régulièrement ou ponctuellement les bénévoles pour déblayer, nettoyer, repeindre et aménager le lieu
• Réfléchir aux projets pour sa sauvegarde et à la culture de proximité en rejoignant le comité des amis du ciné Théâtre Palace de Marrakech

De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

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