Evénement

Bilan du gouvernement
Les faiblesses de Benkirane

Par L'Economiste | Edition N°:4315 Le 09/07/2014 | Partager
Maigre lutte contre la prévarication et la corruption
A son actif, l’indexation, la baisse des prix des médicaments…
Le contexte préélectoral ne favorise pas les réformes

L’OPINION publique jugera Abdelilah Benkirane sur la lutte contre la prévarication et la corruption. Sur ce cheval de bataille très porteur du gouvernement, quel bilan présenter à part la publication des listes des agréments de transport? Pas grand-chose, à part les intentions. En tout cas, le chef du gouvernement a abordé, lors de la présentation de son bilan à mi-parcours au Parlement hier soir, l’amélioration des finances publiques, particulièrement le niveau du déficit budgétaire, qui est passé de 7,2% du PIB en 2012 à 5,4% en 2013 avec l’objectif d’atteindre 4,9% la fin de cette année. A son actif également, l’instauration du système d’indexation des prix des produits pétroliers. Ce qui a abouti à la hausse des prix des carburants à la pompe mais aussi à la réduction des charges de la compensation. Il ne manquera pas de mettre en avant notamment la hausse des bourses des étudiants,  la généralisation du Ramed et la baisse des prix de plusieurs médicaments.
Cependant, il lui reste de grosses épines aux pieds. C’est le cas des grandes réformes comme celles des retraites, de la justice, l’énergie… Force est de constater que la gestion du temps est son talon d’Achille. Effectivement, Benkirane n’a pas vu le temps filer. Nommé le 29 novembre 2011 pour former un gouvernement investi fin janvier 2012, il a réalisé très peu de choses de son programme. Aujourd’hui, on est à la veille d’années électorales qui ne sont pas propices aux réformes: 2015, communales, régionales et professionnelles; 2016, les législatives. Même la volonté affichée d’adopter deux grands projets de loi, l’un sur la grève, l’autre sur les syndicats, n’a pas vu un début de concrétisation. Le chef du gouvernement aurait dû commencer par réactiver le dialogue social institutionnalisé par son prédécesseur Abbas El Fassi, avec deux grandes sessions, l’une en avril, l’autre en septembre. Aujourd’hui, ses relations entre les partenaires sociaux ne sont pas au beau fixe. Il a fallu attendre la veille du dernier 1er mai et sous la pression du PPS,  pour inviter les centrales syndicales et le patronat, à des séances de discussions pour valider des décisions prises. Depuis, plus rien.

Les scores de ses ministres

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Sur le plan politique, il n’a pas fait mieux. Le chef du gouvernement donne l’impression de ne pas avoir su capitaliser sur son expérience à la tête de la Primature. Au niveau de la gouvernance, Abdelilah Benkirane continue de se comporter comme s’il était un chef politique qui ne veut pas s’installer dans la fonction de chef de gouvernement, qui lui procure une autre posture. Au lieu de chercher à traiter les grands dossiers décisifs pour la relance de l’économie, il claque son énergie à souffler sur les braises lors des réunions de son parti, même les plus petites qu’il ne rate pas. Ses relations avec l’opposition sont exécrables. Alors qu’il est chef du gouvernement, il conseille au PAM de se saborder, appelle au boycott des produits laitiers d’une entreprise,… Autant de sorties de route qui n’arrangent pas ses affaires. Avec la coalition gouvernementale,  ce n’est pas mieux. Le feu couve et l’incendie peut se déclencher au moindre coup de vent. D’ailleurs, la Charte de la majorité a été signée à l’automne dernier sans que ses dispositions ne soient mises en œuvre. Pas de réunions mensuelles régulières entre les patrons des quatre partis. En plus, au niveau parlementaire, sur le projet de loi organique des finances et l’amendement sur les comptes spéciaux du Trésor, la majorité semble se désolidariser avec le gouvernement.  Sur le plan international, le chef du gouvernement  a brillé par son absence. Les déplacements en compagnie de chefs d’entreprise et Benkirane en VRP, à la conquête de nouveaux marchés, il faudra repasser une autre fois. Sur le Sahara marocain, il n’a pas fait mieux. Malgré les multiples appels du Souverain à l’ensemble de la classe politique à s’impliquer dans ce dossier, le chef du gouvernement ne semble pas avoir bougé le petit doigt. Il n’a pas non plus pris d’initiatives pour obtenir le retrait par des pays de la reconnaissance de la pseudo-RASD.

Les nouvelles priorités

LORS de sa présentation, Benkirane a également abordé son agenda d’ici 2016, année des élections législatives. Une opportunité pour présenter les nouvelles priorités du gouvernement Benkirane II pour relancer l’économie. Cet exercice, prévu au lendemain de l’entrée du RNI au gouvernement, devait se substituer à l’investiture du nouveau gouvernement. Plusieurs mois après, sa portée politique s’en trouve réduite.

Mohamed CHAOUI

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