Economie

Aleca: Le Maroc prépare enfin les négociations!

Par L'Economiste | Edition N°:4290 Le 04/06/2014 | Partager
Quatre études sectorielles et une globale bientôt lancées
Elles seront assorties de mesures d’accompagnement
Des mesures visant la réduction du déficit commercial à l’étude

DE grands chantiers seront incessamment lancés au niveau du département du Commerce extérieur. Tout d’abord, un plan de développement des échanges est fin prêt et sera bientôt soumis au Conseil de gouvernement. Il a pour objectif de réduire le déficit commercial à un niveau soutenable. Vient ensuite la préparation des négociations, actuellement au stade de l’échange d’information, sur l’Accord global et approfondi sur le libre-échange (ALECA). A cet effet, plusieurs études seront lancées et doivent porter sur 45 secteurs. Il s’agit des différentes branches des services, des obstacles techniques au commerce, des mesures sanitaires et phytosanitaires ainsi que des autres domaines de négociations, telles la transparence, la gouvernance et l’amélioration du climat des affaires. Le tout sera chapeauté par une étude globale prévoyant également les mesures d’accompagnement. Celle-ci sera réalisée dans les neuf mois à venir alors que les études sectorielles vont nécessiter un délai de six mois. «Il s’agit d’éviter les erreurs du passé», révèle le secrétaire général du Commerce extérieur.
Auparavant on procédait à la signature des accords puis on décidait au coup par coup aux mesures d’accompagnement, est-il expliqué. Avec l’Aleca, chaque domaine sera analysé selon les divers paramètres de coûts, d’impacts et de convergence des réglementations entre partenaires. Car, en définitive, il est question «d’un réajustement global» des relations avec l’Union européenne avec l’ouverture de nouveaux secteurs au libre-échange. Un réajustement qui doit être en phase avec le nouveau plan d’accélération industrielle. «Le problème de nos échanges extérieurs ne réside pas dans les accords de libre-échange mais plutôt dans le déficit de la valeur ajoutée», rappelle Benayad. Celle-ci a marqué un recul tendanciel sur les deux dernières décennies. Un point de croissance des exportations se traduit par la hausse de 1,5 point à l’import.
Sur la dernière décennie, la part des intrants importés a pratiquement doublé alors que les exportations ont progressé dans une proportion beaucoup moindre. D’où la nécessité pour les opérateurs à apprendre à travailler ensemble. Car de nombreux produits importés existent sur le marché tout en se distinguant par la qualité et la compétitivité requises. Le cadre de négociation en préparation cible aussi les engagements et les responsabilités de tous les acteurs: administration, opérateurs et société civile. Qui doit faire quoi et à quel moment? C’est le triptyque qui doit désormais  prévaloir.

Le tiers du déficit commercial est hors ALE

FAUT débat que celui qui tient pour responsables les accords de libre-échange dans le creusement du déficit commercial. Le solde négatif des échanges extérieurs provient pour plus du tiers des importations réalisées hors de ce cadre. A titre d’exemple, la Chine avec laquelle le Maroc n’est pas lié par un accord de libre-échange pèse pour 12% dans ce déficit. Même grandeur pour l’Arabie saoudite dont les achats portent essentiellement sur les produits pétroliers. Et de  manière générale, c’est l’ouverture du pays qui aggrave le déséquilibre de la balance commerciale. La frontière entre le marché local et l’import a tendance à s’effacer. Ce qui révèle aussi les limites des politiques de relance par la demande intérieure dans un contexte de manque de compétitivité et d’intégration intersectorielle.

A. G.

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