Société

Livre: Quand le printemps est arabe

Par L'Economiste | Edition N°:4288 Le 02/06/2014 | Partager
Un ouvrage collectif dirigé par le Pr Assia Belhabib
Une vingtaine d’auteurs marocains et étrangers livrent leur analyse

Le Printemps arabe! Cela fait trois ans que cette onde de choc a ébranlé la région. Etait-elle prévisible? Aucunement, malgré les analyses -mais après coup- d’un certain nombre de Cassandre prompts à donner des explications sur des évènements passés. Tout le monde a été, il faut bien en convenir, pris de court, les décideurs publics, les intellectuels… et les politologues! C’est ainsi: ni l’histoire ni la politique ne sont des sciences exactes.
Pour autant, le printemps arabe n’échappe pas aujourd’hui à diverses appréhensions. Celle proposée par l’ouvrage collectif(1) dirigé par le professeur Assia Belhabib retient un intérêt particulier. Pourquoi? Parce qu’elle a su réunir un collectif d’une vingtaine d’auteurs en leur laissant pratiquement carte blanche. Ce qui donne au final ce qu’elle a appelé un «archipel avec des îlots».
L’approche est plurielle avec une dizaine d’auteurs marocains et huit autres étrangers lesquels, chacun dans son registre, ont livré leurs impressions – une sorte de phénoménologie culturelle: essais, symboles, poésie... - qui tranchent avec l’académisme tellement prégnant se voulant péremptoire dans l’analyse de cette forte séquence de l’année 2011. Pas de fiction donc, mais autre chose: une intériorisation du “senti”.
Que peut la littérature face à ce séisme? Pour l’heure, disons que c’est encore une phase d’incubation en attendant qu’en sorte une production spécifique.
Certains n’ont pas résisté à une littérature d’urgence, marketing oblige. Mais le collectif de cet ouvrage n’a pas eu cette tentation, qui a préféré rendre compte de sentiments et d’interrogations. Une manière de rattrapage peut-être de l’embarras et du silence des intellectuels bousculés par un mouvement social effervescent, charriant de manière ébouriffée les aspirations d’une jeunesse s’accaparant le droit à la parole.


Mustapha SEHIMI
Chroniqueur à L’Economiste

(1) Editions La Croisée des Chemins,.x 2014, 212 p. Le collectif est formé de Abdallah Bensmain, Abdeljalil Lahjomri, Caya Makhélé, Daniel Soil, Djilali Bencheikh, Eugène Ebodé, Françoise Lalande, Hanane El Majidi, Jean Zaganiaris, Justin Bisanw, Kébir Ami, Mohamed Nedali, Mustapha Bencheikh, Rita El Khayat, Samia Kassab Charfi, Souleïman Bencheikh et Mohamed Hmoudane.

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