Société

«Come to my home»: Réveil des Souffles mystiques de Bejaad

Par | Edition N°:4261 Le 23/04/2014 | Partager
Après Casablanca, Lucca et Marrakech, direction Bejaad!
Poésie, musique, peinture et spiritualité jusqu’au 27 avril
Un prélude exceptionnel dans les mines de sel de Mohammedia

UN brassage ethnique, culturel et artistique ancré dans la cité. Voilà tout le concept de «Come to my home». Un

Tout le monde est en place à l’intérieur de la mine de sel de Mohammedia… à 430 mètres de profondeur.  Les casques sont bien disposés sur les têtes, le spectacle peut enfin commencer! Un collectif de 15 artistes (en comptant le président de la Fondation des Cultures du Monde, Driss Alaoui Mdaghri)  est prêt à offrir un spectacle unique à une quarantaine de privilégiés

événement annuel lancé par la Fondation des Cultures du Monde qui en est à sa 4e édition cette année. Après avoir installé récitals poétiques, concerts, conférences et expositions dans les villes de Casablanca, Lucca (en Italie) et Marrakech, c’est au tour de la petite ville de Bejaad d’accueillir des artistes de toutes nationalités autour de la thématique «Souffle mystique». «Bejaad, mais où cela se trouve?», questionnait l’un des membres fondateurs de la Fondation à son président, Driss Alaoui Mdaghri. A lui de répondre: «Justement, c’est l’occasion de le découvrir!». Cette ville qui, à ses origines, a fourni les plus grands oulémas du pays, renoue aujourd’hui avec sa mystique.
Qu’ils viennent d’Iran, de Malaisie, du Sénégal, d’Inde ou d’Italie, les artistes se donnent rendez-vous dès aujourd’hui à Bejaad, à la découverte de son bagage spirituel. Mais les festivités ont commencé bien avant! En prélude, après une veillée avec l’ensemble «Dar Al Ala» sous la direction de Abdelhamid Essbai à Casablanca, une plongée souterraine dans les mines de sel de Mohammedia attendait les convives de «Come to my home».
C’est un voyage poétique au centre de la Terre qu’a proposé, dimanche 21 avril, «Come to my home». Un groupe de privilégiés, dont l’équipe de L’Economiste, est entré dans le ventre de la Terre. Par sécurité, le casque est obligatoire! Puis, direction l’ascenseur géant qui vous mène illico presto (en moins de 3 minutes) à 430 mètres de profondeur. Le temps de reprendre son souffle et d’oublier la pression physique (et psychologique) et l’on peut enfin profiter du paysage étonnant qui s’offre à nous. Dans les profondeurs, une grotte de sel aux multiples passages, des toiles de

«Come to my home», c’est d’abord et surtout un mélange et un partage des cultures. Danses et chants indiens se sont mêlés à la musique iranienne, aux contes africains et aux arts italiens

l’artiste Leila Cherkaoui sont accrochées, la sono et les lumières sont en place… Un seul détail manquant au tableau : les artistes sont absents... C’est alors qu’un chant ancien dans une langue que l’on a du mal à situer se fait entendre de plus en plus proche, arrivant au rythme des chanteurs aux poings levés. Le show peut commencer! En maître de cérémonie, Driss Alaoui Mdaghri (ancien ministre de l’Energie et des Mines, de la Jeunesse et des Sports et de la Communication), que peu de gens savent poète polyglotte, mène la danse. Les poèmes de Roumi, Ibn Arabi, Dante, Jean de la Croix… donnent le ton aux chants mystiques iraniens, italiens, indiens et africains. Une véritable communion qui a manifestement plu aux spectateurs qui se seraient cru coupés du monde extérieur dans cette grotte aux allures de ventre marin… Le temps de se défaire de ce spectacle unique et après avoir applaudi à tout rompre, les convives peuvent enfin se diriger vers l’ascenseur imposant en emportant avec eux un petit souvenir: un gros cristal de sel pur!
Ensuite, et dès aujourd’hui, direction Bejaad! La ville commencera par accueillir les toiles de Leila Cherkaoui dans une exposition collective à la Maison de culture Ahmed Cherkaoui. Fait insolite, l’artiste-peintre n’a jamais mis les pieds à Bejaad, sa ville d’origine. Pourtant, nombre de ses toiles illustrent les portes de la ville… Voilà pourquoi l’artiste se devait de faire partie de l’aventure!
«Come to my home» rend également hommage au cinéma avec la projection du long-métrage «Où vas-tu Moshé?» de

Driss Alaoui Mdaghri, que l’on savait diplomate, s’est révélé être fin poète. De la poésie soufie aux cantiques religieux, en passant par la prose italienne… Ses qualités de conteur se sont imposées dans ce décor inattendu!

Hassan Benjelloun (sorti en 2010). L’occasion de retrouver le personnage de Mustapha, gérant du seul bar de la petite ville dans les années 60. Omar Mouldouira, jeune cinéaste franco-marocain, originaire de Bejaad, présentera également son court-métrage «Margelle». «Nous avons tenu à projeter ces deux films et ce, en compagnie de jeunes enfants de Bejaad qui avaient participé au tournage. Ils ont vécu une expérience marquante, puis nous sommes partis. C’était important pour nous de revenir, leur montrer le fruit de leur travail et leur offrir des cadeaux», explique Rachida Saadi, productrice et membre de la Fondation des Cultures du Monde. D’ailleurs, un prix «Come to my home» sera remis à deux jeunes acteurs de la ville ce jeudi 24 avril.
Jusqu’à samedi prochain, seront organisés des table-rondes, des concerts, des ateliers artistiques pour enfants… La clôture, quant à elle, promet de la féerie en compagnie de 20 derviches tourneurs qui viendront de Turquie.


Sanaa EDDAÏF

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc