Competences & rh

Stratégie
Le business «éthique» de L’Oréal

Par L'Economiste | Edition N°:4240 Le 25/03/2014 | Partager
Le groupe mobilise un DG dédié et 65 correspondants à travers le monde
Il dispose aussi de son propre outil d’analyse du risque pays

Le groupe cosmétique mise sur la RSE, à tous les niveaux, afin de réaliser une croissance durable, partagée avec ses partenaires, et de permettre à sa clientèle de faire des choix de consommation durable

IL est loin le temps où les entreprises étaient de simples machines à cash. Elles sortent aujourd’hui de leur rôle purement économique pour se positionner sur des terrains auxquels elles n’étaient pas prédestinées. L’Oréal en est l’exemple type. Le géant mondial du cosmétique a placé la RSE au centre de son plan de développement 2020, destiné à conquérir un milliard de nouveaux consommateurs. D’ici 10 ans, le groupe ne produira que des produits ayant un impact social et environnemental positif. Il va encore plus loin, en «institutionnalisant» l’éthique. Dans une démarche proactive, L’Oréal a été l’un des premiers groupes à avoir rédigé une charte éthique en 2000, révisée en 2007, date de la nomination d’un «directeur général de l’éthique», Emmanuel Lulin. Et ça lui réussi. L’expert de la beauté vient de décrocher une nouvelle reconnaissance à l’échelle mondiale. Le centre de recherche indépendant en matière d’éthique des affaires et de gouvernance, Ethisphere Institute, l’a reconnu, pour la cinquième fois, parmi les structures les plus éthiques au monde. L’Oréal a également été classé 8e sur un total de 581 grandes sociétés mondiales par l’indice de la réputation éthique, Covalence EthicalQuote.
«L’Oréal dispose de quatre principes éthiques qui s’appliquent à toutes ses décisions: l’intégrité, le respect, le courage et la transparence. Ce sont des éléments qui comptent dans les évaluations annuelles des collaborateurs», précise Emmanuel Lulin. En visite il y a deux semaines au Maroc, le DG de l’éthique a mené une série d’entretiens auprès des collaborateurs de la filiale marocaine, histoire de faire le diagnostic du climat général.
Lulin a carte blanche pour accéder aux informations liées à tous les départements et toutes les activités du groupe. Il dispose également de 65 correspondants locaux un peu partout dans les filiales. En cas de constatation de dérapages, c’est la tolérance zéro qui s’applique.
Pour évaluer l’état des choses dans tous ses marchés, le groupe aux 30 marques a développé un outil d’analyse des risques étiques (comportant plus de 400 questions), qui intéresserait même d’autres entreprises. Des équipes peuvent aussi débarquer dans les filiales afin de réaliser des audits. Parmi les principaux indicateurs examinés, la possibilité pour les collaborateurs de s’exprimer sans crainte de représailles. Ces derniers disposent d’ailleurs, depuis 2007, d’un fil on line baptisé «Open Talk», leur permettant de saisir, dans toutes les langues, le DG de l’Ethique directement et de manière sécurisée.

Afin d’inculquer ses valeurs à l’ensemble de ses ressources, L’Oréal organise des formations, en mode présentiel ou en e-learning. «Notre objectif en 2014, c’est que 100% des collaborateurs puissent suivre cette formation», annonce Lulin.

 

A. Na

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc