Régions

Marrakech: Désastre au Théâtre royal

Par | Edition N°:4199 Le 27/01/2014 | Partager
Des événements trop prestigieux pour ce bâtiment en décrépitude
L’Orchestre philharmonique du Maroc n’a pas trouvé son écrin à Marrakech

MALHEUREUSEMENT, le Théâtre royal de Marrakech n’a de prestigieux que son nom.

La construction du Théâtre royal de Marrakech, décidée en 1978, n’est toujours pas terminée. Des travaux trop coûteux, des erreurs de conception ont abouti à de longues années de fermeture et à son récent programme de réhabilitation

Sa construction décidée en 1978 et son inauguration en 2001 font la démonstration d’un chantier catastrophique, avec des séries de travaux incessamment à l’arrêt.
En 2014, sa rénovation est au programme des grands chantiers de la ville récemment présentés au Souverain, alors même que ce bâtiment n’a jamais été achevé. C’est sans aucun doute le point noir de la vie culturelle de Marrakech et le centre d’innombrables débats et consternations. Vu de l’extérieur, le Théâtre royal, inspiré de l’art romain, fait illusion, mais gare à celui qui se risque d’y entrer. Un hall aux murs décrépis et une seule salle de représentation en activité, le théâtre en plein air.
Une salle couverte était bien au programme des plans établis par l’architecte Charles Boccar, mais comme tout le reste, elle s’avère depuis le début non conforme aux standards et truffée d’erreurs de conception. La principale raison de ce massacre est le défaut d’un montage financier correct.
Un concepteur qui a eu les yeux plus gros que le ventre et dont les ambitions n’ont pu être suivies par la commune urbaine et le ministère des Affaires culturelles.
Tant que le Théâtre royal sommeille, les habitants s’en accommodent encore, mais quand des représentations y sont au programme, il y a de quoi grincer des dents. Le 20 janvier dernier, l’Orchestre philharmonique du Maroc est venu y clôturer sa série de concerts du Nouvel An consacrée aux musiques de films. Malgré la qualité de l’événement, les 1.200 places proposées dans l’amphithéâtre en plein air étaient loin d’être combles.

La salle en plein air du Théâtre royal, qui a accueilli l’Orchestre philharmonique du Maroc, a fait la preuve de ses larges faiblesses pour ce type d’événement 

Les spectateurs présents, non résignés à rater une telle soirée, ont dû affronter le froid pendant ces presque deux heures de spectacle. Impossible également de ne pas avoir une pensée particulière, un peu honteuse il faut l’avouer, pour l’orchestre et son chef, invité pour l’occasion, Bruno Membrey. Car faut-il en rajouter, l’acoustique de la salle a grandement baissé le haut niveau de ces musiciens. Pourtant, en vrais professionnels, le spectacle a été mené avec la même ferveur que dans les plus beaux théâtres où l’orchestre a l’habitude de se produire.
Il était une fois dans l’Ouest, Le Parrain, Lawrence d’Arabie, James Bond…, ces chefs-d’oeuvre du 7e art ont résonné devant un public conquis. Bruno Membrey a choisi une direction d’orchestre pleine d’humour, avec trois morceaux supplémentaires pour combler les rappels des spectateurs.
Pour finir sur une touche d’espoir, reste à attendre la réhabilitation du Théâtre royal, qui offrira enfin un lieu à la hauteur des événements culturels de la ville.

Un chef d’orchestre à l’honneur

BRUNO Membrey travaille à la direction d’orchestre aux côtés de Louis Fourestier et Pierre Dervaux, alors même qu’il fait ses classes d’harmonie, contrepoint et orchestration au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il devient ensuite chef de choeurs stagiaire à l’Opéra de Paris et débute en 1980 sa carrière de chef d’orchestre au Théâtre Mogador à Paris, enchaînant les directions dans de nombreuses villes à travers le monde. Cet officier des Palmes académiques mène une carrière parallèle de pianiste accompagnateur afin de toucher tous les styles de musique.

De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

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