Régions

Souss/Agriculture
Nouvel appel à déclaration des puits

Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager
Le sursis prorogé de deux ans depuis octobre dernier
La Chambre d’agriculture sensibilise les exploitants

Le déficit pluviométrique ne cesse de se creuser dans la région du Souss-Massa-Drâa. Il atteint cette année un taux de 90% par rapport à la moyenne  pluviométrique des dix dernières années qui n’a pas dépassé 250 mm. Le volume enregistré tout au long de 2013 ne dépasse pas 20 mm, d’où un déficit de 95% en terme d’apport pour les eaux de surface. Le taux de remplissage des barrages aujourd’hui ne dépasse pas 47% contre 74% l’an dernier à la même période, est-il indiqué. La situation des ressources en eau de la région continue à inquiéter et plus que jamais la visibilité sur les prélèvements d’eau reste indispensable. La Chambre d’agriculture du Souss-Massa-Drâa a réuni institutionnels, élus et professionnels du secteur afin de les encourager à déclarer leurs puits. Le sursis de déclaration est de nouveau prorogé pour deux ans. C’est la 3e fois depuis 1998 qu’un délai est mis en place pour régulariser cette situation. Depuis cette époque, une possibilité est offerte aux exploitants dans le cadre de la loi 10/95 sur l’eau. Elle leur permet de régulariser leur situation en déclarant les points d’eau existants pour bénéficier des autorisations nécessaires. Un délai supplémentaire de trois ans, sur la période 2009/ 2011, avait été accordé. Mais peu d’entre eux se sont manifestés. Aujourd’hui dans le Souss, sur les 10.000 puits environ non autorisés, seuls 1.560 ont été régularisés. L’anarchie se poursuit malgré la vigilance de l’Agence régionale du bassin hydraulique. Entre 2004 et 2013, ce sont plus de 700 PV d’infractions en la matière qui ont été enregistrés et plus de 100 machines ont été saisies, suite aux interventions de la police des eaux. Visiblement, l’amende de 20.000 DH à payer par tout contrevenant n’est pas assez dissuasive. Aujourd’hui, institutionnels et élus insistent sur les avantages pour les utilisateurs non encore conformes aux dispositions de la loi 10/95.
Selon les dirigeants de l’Agence du bassin hydraulique du Souss-Massa-Drâa, la déclaration des puits offre aux utilisateurs de protéger tout d’abord leur point d’eau mais aussi de bénéficier des subventions de l’Etat dans le cadre du plan Maroc Vert. Ceci sans oublier la valeur du terrain dont le prix augmente de 4 à 5 fois quand il est équipé de puits déclarés.

Dessalement

Le secteur agricole est le plus consommateur d’eau avec 994 millions de m3/an dont 412 millions de m3/an d’eaux de surface et 582 millions de m3/an d’eaux souterraines. La zone d’action de l’Office régional du Souss-Massa absorbe 889 millions de m3 par an, soit près de 90% de la demande globale. C’est dire le poids du secteur agricole sur les ressources en eau, qui nécessitent une gestion rationnelle et durable. Ainsi, l’Agence du bassin hydraulique Souss-Massa mise également sur la solution de la réutilisation des eaux usées. Les rejets liquides d’eaux usées sur l’ensemble du bassin Souss-Massa s’élèvent aujourd’hui approximativement à 25 millions de m3. Le potentiel prévisionnel est de 50 millions de m3/an en 2030 et l’on mise aussi beaucoup sur le dessalement d’eau de mer. Le projet Chtouka, qui sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé, est au stade de l’appel d’offres pour la sélection de l’opérateur qui réalisera et gérera le chantier.

De notre correspondante,  Malika ALAMI

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