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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 31 octobre 2014,
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Université/entreprise
L’interconnexion indispensable
Les incubateurs de projets encore inexistants dans les facultés
L’esprit d’entrepreneuriat permet de dépasser les obstacles
Les softs skills, indispensables pour développer l’esprit de jeunes promoteurs

   
Université/entreprise L’interconnexion indispensable
Mohamed Berrada, professeur d’économie à l’université Hassan II Casablanca et président du centre de recherches Links, insiste sur l’importance de créer une interconnexion d’abord entre les différentes facultés au sein de la même université ainsi que de s’ouvrir sur l’environnement entrepreneurial

- L’Economiste: Quel serait l’apport d’un incubateur de projets au sein de l’université?
- Mohamed Berrada, professeur d’économie à l’université Hassan II: Les incubateurs sont un moyen incontournable pour favoriser l’accompagnement des projets de création d’entreprise. Ce type d’initiative permet aux jeunes d’acquérir un esprit d’entrepreneuriat. Toutefois, à ma connaissance, les facultés marocaines n’ont pas encore mis en pratique ce type d’expérience. Ce sont plutôt les écoles d’ingénieurs qui développent des projets  à l’aide d’incubateurs.
Au niveau de l’université, les professeurs et le cadre pédagogique ont tout juste le temps d’enseigner. Ce qui ne permet pas de mettre en place des structures visant à améliorer l’employabilité des jeunes. De plus, même l’environnement entrepreneurial reste frileux  ne s’ouvrant  pas assez sur l’université afin d’accompagner les jeunes. Les entreprises doivent se déplacer, envoyer des cadres et organiser des séminaires afin d’exposer aux étudiants l’importance de la concrétisation des projets innovants et surtout comment les améliorer.
- Les contraintes financières sont-elles la source du manque d’initiative de création d’entreprise au sein de l’université?
- Jamais les contraintes financières, administratives  ou autres n’ont été une entrave pour créer une entreprise. Lorsque nous avons une très bonne idée ainsi que l’esprit d’entreprise, nous arrivons toujours à nous en sortir. Ceux qui invoquent les obstacles financiers cachent plutôt leur incapacité à affronter les défis. Nous sommes dans un monde où ceux qui ont de la persévérance réussissent.

- Les établissements marocains d’enseignement supérieur public peuvent-ils suivre l’exemple des universités américaines?
- Le gap est encore énorme pour arriver aux standards des universités américaines, qui disposent d’un fort esprit d’entrepreneuriat. L’incapacité des établissements marocains à produire des jeunes entrepreneurs n’est pas liée à eux seuls. Ce problème doit être analysé à travers un environnement global afin de comprendre son origine. Après l’indépendance, les entreprises marocaines ont réussi, car évoluant dans un environnement protégé. Toutefois, juste après la signature des accords de libre-échange, la plupart ont connu une certaine fragilité. Fragilité qui se répercute sur l’environnement universitaire aussi. Les universités sont de véritables mines de projets et d’innovation pour l’évolution du tissu industriel marocain, si les entreprises jouaient leur rôle d’accompagnateur.

Education diversifiée
Source de développement des «soft skills»

Développer l’esprit de créativité chez les jeunes est un aspect qui se travaille dès le jeune âge. C’est au préscolaire que l’enfant développe près de 90% de son intelligence. «Toutefois, entre l’âge de 2 ans et 4 ans, seulement 10% des Marocains accèdent à l’école», souligne Mohamed Berrada. Au niveau de la filière scolaire, cet enseignement devrait être précoce et ainsi être inculqué dès l’enfance. «Le préscolaire est une étape primordiale pour cela. Il est la base de l’intelligence», ajoute Berrada. D’où l’importance de revoir tout le système éducatif. Introduire des cours d’art, de musique, de théâtre,… est aussi indispensable. Ce type d’éducation permet à l’enfant de s’épanouir et de développer une certaine imagination qui, à long terme, est source de créativité et d’initiative.

Propos recueillis par Rajaa DRISSI ALAMI