Competences & rh

Gouvernance participative
L’Université Med V - Agdal réussit son pari

Par | Edition N°:4136 Le 22/10/2013 | Partager
L’autonomie des universités, un atout pour une meilleure gestion
L’Université Mohammed V Agdal est la seule à avoir adopté ce système
150 millions de DH pour la création du campus technologique vert de Tamesna

Source: Université Mohammed V - Agdal
Malgré la baisse du budget total de près de 36% sur un an, notamment en matière d’investissement, le conseil de l’Université Mohammed V-Agdal a décidé de garder la recherche et développement comme une priorité. L’objectif est de mieux se positionner au niveau national et international

L’autonomie administrative et financière des universités publiques est un principe fixé par l’article 4 de la loi 01-00. Celui-ci permet à l’université de fonctionner en ayant une liberté de gestion et de prise de décision. Cependant, jusqu’à quel point ceci est-il bénéfique pour l’université marocaine? Jusqu’à  présent, les établissements publics de l’enseignement supérieur essayent de gérer au mieux leurs budgets de fonctionnement et d’investissement. «Il est vrai que le recrutement reste encore administré par le ministère de l’Enseignement supérieur, mais ceci ne pose pas vraiment problème. D’ailleurs, c’est l’université qui définit son besoin en termes d’embauche», souligne Wail Benjelloun, président de l’Université Mohammed V-Agdal, Rabat. Afin d’acquérir une autonomie totale, il est nécessaire que l’université marocaine accède d’abord à un certain niveau de maturité. Une expérience dans laquelle vient de se lancer l’Université Mohammed V-Agdal avec des résultats concrets. Sa nouvelle liberté administrative et financière lui a permis d’adopter un nouveau mode de gestion pour une meilleure organisation de ses ressources. Il y a plus d’un an, elle a pris l’initiative de mettre en place un cadre de gouvernance participative. Elle est la seule au Maroc à l’avoir adoptée. Désormais, la gestion du budget d’investissement et de fonctionnement est décentralisée entre les différents établissements (3 facultés, 2 instituts et 3 écoles). Les chefs de ces établissements sont devenus des ordonnateurs délégués. Ils sont chargés de définir leurs besoins en fonction de leurs prévisions. Une responsabilité qui s’exerce dans un cadre solidaire. Les établissements peuvent même s’entraider en cas de déficit budgétaire sous la garantie de la présidence. «Pour de meilleurs résultats, le conseil de l’université s’est réuni l’année dernière 6 fois au lieu de 2/an», souligne Wail Benjelloun. L’objectif est de coordonner et échanger les informations afin de tracer les grandes lignes de l’avenir. Néanmoins, quelques missions relèvent encore de la responsabilité de la présidence de l’université telle que la gestion financière des formations payantes au sein des établissements.
Cette décision est mise en vigueur depuis l’année dernière. Dans la même perspective, rationaliser et améliorer la gestion, l’université adopte un processus de double évaluation. La première s’effectue au niveau interne. Elle concerne les cours, la recherche et la gestion. La seconde est externe. Elle est effectuée par des universités étrangères comme la Queen Margaret en Angleterre. Cette dernière se chargera, cette année, d’évaluer la production de l’université à l’international, des laboratoires de recherche, etc. Cette approche a permis à l’université Mohammed V de passer de 90 publications indexées en 2009 à 320 en 2012. De plus, chaque doctorant ayant publié un article reçoit 5.000 DH.
«Réfléchir à un mode d’inscription centralisé est aussi un moyen pour rationaliser les dépenses de fonctionnement», explique Wail Benjelloun. Pour les prochaines années, l’université a un grand projet, c’est le campus technologique vert de Tamesna. Celui-ci prévoit un pôle pédagogique et technologique, des espaces R&D, une bibliothèque avec centre multimédia, et un complexe sportif. Le tout sur une superficie de 12 hectares, avec un coût global de 150 millions de dirhams. Dans la première phase, ce campus accueillera 2.000 étudiants et fera appel aux enseignants-chercheurs de l’université. Le campus, qui se trouve en face d’une zone industrielle, favorisera la création d’entreprises innovantes locales, et mettra à la disposition du secteur socioéconomique local et régional un savoir-faire pouvant favoriser le transfert de technologie.

Rationalisation des dépenses

Il n’est plus question de gaspiller son budget. Dans le cadre de la rationalisation des dépenses, les leaders de l’Université Mohammed V Agdal concentrent leurs efforts afin de pallier le problème de l’augmentation de l’effectif des étudiants. Après avoir remarqué une hausse sensible depuis 2005, un budget global  dépassant les 30 millions de DH a été consacré pour des projets d’extension des campus de l’université. La faculté des sciences a bénéficié en 2009 d’une superficie couverte supplémentaire de 5.951 m², tandis que la faculté des lettres a connu une augmentation de 5.075 m². L’essentiel de ces constructions concerne des amphithéâtres, des salles de travaux dirigés et pratiques et des laboratoires de recherche, ainsi que quelques constructions de service. Ce programme proactif a permis de faire face aux augmentations successives du nombre d’étudiants inscrits chaque année. D’ailleurs, l’université a connu une évolution  massive de +25% entre 2011/12 et 2012/13. Pour cette rentrée universitaire, la cadence de l’augmentation des effectifs connaît un ralentissement, mais les facultés prévoient près de 2.324 étudiants de plus, soit +08% entre 2012/13 et 2013/14.
Dans la même optique et afin de minimiser les dépenses de fonctionnement, l’université a pris l’initiative de mettre en place des centres communs à tous ses établissements. Par exemple, la langue est un module étudié dans toutes les écoles, instituts, facultés de l’université quelle que soit la branche. L’université a déployé 5 millions de DH pour la construction d’un centre de langues à la faculté des lettres. Désormais, celui-ci s’occupe de la mise à disponibilité des professeurs nécessaires à l’enseignement du module dans toutes les facultés de l’université. Si l’expérience réussit, elle sera généralisée aux écoles et instituts de l’Université Mohammed V-Agdal.
Un budget de 6 millions de DH est validé par le conseil de l’université pour créer un centre d’informatique à la faculté des sciences. Toujours dans la même vocation, un centre d’entrepreneuriat sera mis en place à la faculté des sciences économiques, juridiques et sociales d’un montant de 4 millions de DH.

Rajaa DRISSI ALAMI

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