Régions

Fès: Les marchands ambulants reprennent le pouvoir

Par L'Economiste | Edition N°:4108 Le 09/09/2013 | Partager
Les autorités évitent toute confrontation
Plusieurs commerces crient à la concurrence déloyale

Elus et autorités se rejettent la responsabilité de la gestion de l’espace urbain. A Fès, le phénomène des marchands ambulants a pris de grandes proportions. Certains disent qu’il est même devenu «ingérable»

C’EST un phénomène social qui prend des proportions dangereuses dans l’espace urbain. A Fès, les petits commerçants ambulants envahissent désormais tous les quartiers, sans exception, et défient les commerçants formels. Ils installent leurs étalages en face des boutiques.
Ce qui est certain, c’est que les marchands ambulants ont repris le pouvoir, forts de la passivité des autorités à leur égard. Confiés auparavant aux Forces auxiliaires, ils ne craignent plus rien depuis que l’un des leurs avait tenté de s’immoler par le feu en signe de protestation, le 16 mai, dans l’arrondissement Al Adarissa.
Au quartier Talaa, à la médina, les marchands ambulants se «massacrent» à coup de couteaux pour envahir de nouveaux espaces sans que les forces de l’ordre n’interviennent. En fait, il y a encore quelques semaines, une bataille  s’était déclarée entre des marchands ambulants à quelques mètres de Bab Boujloud, entrée principale de la médina. Il était 16h de l’après-midi quand deux vendeurs ont sorti leurs couteaux et se menaçaient mutuellement alors qu’un groupe de touristes observait la scène avec une grande peur. Finalement, le guide accompagnateur réussira de détourner leur attention en changeant d’itinéraire. Mais ceci ne changera en rien «l’image de barbarie» dont les visiteurs de l’ancienne médina étaient témoins. La même scène s’est reproduite quelques jours plus tard dans les quartiers Aouinate El Hajjaj et Saada. Témoin de l’incident, L’Economiste a vu fuir plusieurs piétons par crainte de se faire toucher par un poignard. 
Depuis le «20 février» 2011, de nombreux quartiers de la ville de Fès (comme partout dans d’autres agglomérations) ont été pris d’assaut par le commerce informel. Le Conseil de la ville se défend de toute responsabilité. Pour ses dirigeants, «c’est un dossier qui est du ressort de l’autorité locale». Ainsi, des souks improvisés ont été créés sur les principales artères, devant les maisons, boutiques, établissements scolaires, mosquées, etc. Le phénomène s’est accentué au cours du Ramadan, puis après El Aïd.


De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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