Economie Internationale

Fraude boursière: La justice US sévit

Par | Edition N°:4088 Le 05/08/2013 | Partager
Après trois semaines de procès, l’ex-courtier de Goldman Sachs reconnu coupable

Comme l’affaire Kerviel, celle du surnommé «fabulous Fab» a fait couler de l’encre. Jugé coupable de fraude boursière, jeudi 1er août, le procès de Fabrice Tourre, ex-courtier de la banque américaine Goldman Sachs, a été largement suivi et médiatisé. Au bout de près de deux jours de délibérations et près de trois semaines de procès, Tourre (34 ans) a été jugé responsable pour six chefs d’inculpation sur sept. Et la liste est longue. Il a été accusé notamment de fraude boursière, gains illicites, négligence, tromperie intentionnelle, ou encore d’avoir aidé son ex-employeur Goldman Sachs à commettre des infractions. Bizarrement, ce trader symbole de la crise des subprimes, se trouve seul face à «cette super tempête» d’accusation!
Après sa condamnation, l’ex-courtier de Goldman attend sa sentence: «une amende et la restitution des gains illicites». Il risque même une interdiction d’exercer des fonctions dans la finance. Fabrice Tourre peut aussi faire appel.
L’affaire si emblématique remonte à mai 2010. Le régulateur boursier américain (la SEC) avait porté plainte contre les deux protagonistes: Tourre et Goldman. Les accusant d’avoir trompé des investisseurs lors de la vente de produits financiers complexes adossés à des prêts hypothécaires risqués (subprime).
Pour sauver sa peau, Goldman Sachs a versé 550 millions de dollars il y a trois ans pour mettre fin aux poursuites de la SEC, sans reconnaître sa culpabilité. Faisant cavalier seul, Fabrice Tourre a quitté la banque. Selon des informations de presse, Goldman Sachs continue de payer ses frais d’avocat.
Pour la petite histoire, le régulateur reprochait aussi à Tourre d’avoir dissimulé le rôle de l’investisseur John Paulson. Celui-ci pariait sur la chute du marché résidentiel américain, dans la conception d’un produit financier adossé à des crédits «subprime», l’Abacus en 2007. C’est un produit d’investissement très spécial.
Si complexe l’affaire ne s’arrête pas là. Paulson aurait pris une part active, par l’intermédiaire de Goldman, dans la sélection des crédits en question. Et ce rôle a été, selon la SEC, caché à un intermédiaire qui était cité comme chargé de former le portefeuille d’actifs final, ACA et de les vendre à des investisseurs. L’on vise là les banques néerlandaise ABN-Amro et allemande IKB qui ont perdu des centaines de millions de dollars. John Paulson, lui, «engrangeait» un milliard, comme le rapporte la presse qui s’est faite l’écho du succès de cette affaire à dormir debout.


F. Z. T.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc