Société

Nabil Ghandi dans la collection «Masters Of Photography»

Par L'Economiste | Edition N°:4079 Le 22/07/2013 | Partager

Après un master en communication et ses premiers pas en tant qu’entrepreneur dans la publicité, Nabil Ghandi s’adonne à ses passions premières : la médecine alternative et la photographie. « Je baigne dans le monde de la photographie depuis tout petit. C’est un domaine artistique qui, à sa manière, me permet de partager une vision personnelle du monde et de la vie»

A tout juste 35 ans, Nabil Ghandi semble avoir plus d’une vie à son actif! D’abord publicitaire, puis explorateur, surfeur… et photographe! Le voyage et le goût pour la médecine naturelle et alternative l’ayant mené vers cette passion qu’il traîne depuis l’enfance. Le frère de Leïla Ghandi entend apporter à travers la photographie sa vision personnelle de la vie en offrant un regard sans cesse renouvelé. En plus d’être le premier Marocain à voir, cette année, ses travaux intégrer la prestigieuse collection “International Masters of Photography” de la maison d’édition Worldwide Art Books, Nabil Ghandi fait partie, depuis 2011, des photographes officiels du magazine new-yorkais Ultra Art.

- L’Economiste: D'où vous vient cette vocation pour la photographie?
- Nabil Ghandi: J’ai toujours été intéressé par les arts graphiques et visuels, en tant qu’outil d’expression et d’exploration artistique. J’ai eu la chance de grandir et d’évoluer dans un milieu culturellement très riche qui m’a stimulé et donné le désir d’explorer le monde… Mais aussi et surtout d’aller à la rencontre de moi-même et d’explorer mon propre monde intérieur.
Je me suis initié en autodidacte aux techniques photographiques, au gré de lectures et de nombreux essais afin de maîtriser le matériel, les réglages, mais aussi les techniques de cadrage et de mesure de la lumière.
- Votre sœur Leïla Ghandi est également photographe reconnue, est-ce un don de famille?
- Mon père était un grand passionné de photographie et il a su nous transmettre, à ma sœur et à moi, ce regard sur la vie et sur le monde ainsi que le désir d’explorer de nouveaux horizons. Il me disait: «regarde avec le cœur, le reste importe peu». Ce n’est qu’après de nombreux voyages et un profond chemin introspectif que j’ai commencé à mieux appréhender ce qu’il cherchait alors à me transmettre. En découvrant les trésors qui sommeillent en chacun de nous, nous réalisons aussi que le monde nous offre de multiples voies d’exploration humaine,  esthétiques et artistiques, pour finalement en arriver à la conclusion que tout est déjà parfait aux yeux de celui qui regarde au-delà de ses propres illusions et limitations.
- Pourquoi la photographie en particulier?
- Lorsque je prends une photo, c’est toujours dans l’optique de retranscrire et de représenter le caractère esthétique, positif et bienveillant inhérent à toute chose. Une sorte d’hymne à la Vie, d’hommage à la Création et de gratitude pour avoir la chance de faire partie de cette étonnante aventure… et, éventuellement, d’éveiller chez l’autre le désir d’aller à son tour à la rencontre de lui-même et de percevoir la perfection du monde qui l’entoure.
Et c’est tout naturellement que j’ai trouvé en la photographie l’outil idéal qui me permettait d’exprimer et de partager ma vision personnelle, mon regard sur la vie et le caractère universel de cet esthétisme omniprésent et dans lequel nous baignons tous.
- Quels sont vos thèmes de prédilection?
- Je privilégie essentiellement une approche anthropologique, naturelle et esthétique. Mais aussi personnelle et onirique, en essayant d’exprimer et de représenter l’aspect lumineux de la vie, qui n’attend qu’à être perçu et partagé… Et ultimement de stimuler le franchissement de nos propres barrières mentales qui trop souvent nous font oublier la vraie valeur des choses : simples, puissantes, légères et profondes à la fois. A travers ma démarche artistique, je suis animé par la volonté d’expression de mon univers intérieur, de partage de cette vision d’un monde évolutif  et bienveillant, de son universalité esthétique et de sa dynamique naturelle qui nous pousse sans cesse à renouveler et à élargir notre point de vue.
Lorsqu’on arrive à mettre de côté toute notion de morale ou de jugement de valeur, que l’on porte un regard sur les choses comme si elles n’avaient encore jamais été contemplées, vierges de toute définition ou interprétations humaines… alors la réalité apparaît telle qu’elle est vraiment : parfaite et éblouissante de beauté.
- La photographie est-elle pour vous plus une question de feeling ou de technique?
- Selon moi, la compétence technique est évidemment très importante puisque c’est à travers elle que tout artiste réussit à retranscrire et donner vie à son inspiration.
Mais il est d’autant plus important de privilégier et de développer avant tout sa sensibilité artistique et d’approfondir sa réflexion personnelle. Autrement, le côté technique peut prendre le dessus sur l’aspect artistique, ce qui peut se traduire au final par des œuvres impersonnelles dénuées de sens et de sensibilité.

Népal, Indonésie, Japon…

Nabil Ghandi se trouve actuellement au Népal où il entreprend une série de portraits anthropologiques. Ce pays ne l’inspire pas seulement pour la photographie. Il profite en effet de son séjour pour approfondir sa maîtrise de certaines médecines énergétiques. Prochain cap pour l’Indonésie: «Je veux explorer cette région que je ne connaîs que très peu et profiter des excellentes conditions océaniques en cette période pour m’adonner à une autre passion d’enfance: les sports aquatiques et en particulier le surf et la plongée sous-marine. Ce sera peut-être l’occasion de m’initier à la photographie sous-marine», confie Nabil Ghandi. Ce n’est pas fini, le jeune photographe a de nombreux projets pour l’avenir. Il se prépare à parcourir l’Inde en moto pendant 6 mois à partir de novembre, un voyage durant lequel il entreprendra une série de photos sur les Sadhus indiens. Pour 2014, Ghandi a un projet qui lui tient à cœur : une série d’expositions collectives d’artistes marocains et japonais au Maroc, en France et au Japon. «L’objectif étant le rapprochement entre nos deux cultures et la création d’un pont artistique entre nos deux pays. Ce projet a été initié par un autre talentueux photographe marocain et ami, Ali Berrada». En ce moment, parallèlement à l'écriture de son premier court-métrage, Nabil est également en collaboration avec une prestigieuse maison d’édition américaine (la Worldwide Art Books) qui l’a invité à publier certaines de ses créations dans l’édition 2013 du livre d’art “International Masters of Photography”. «Outre le fait que je sois le premier Marocain à intégrer cette rigoureuse sélection de photographes de talent, cela représente également pour moi un grand privilège que de voir mon travail reconnu par les professionnels du monde de l’art». Nabil Ghandi espère avoir prochainement la possibilité d’exposer ses travaux également au Maroc.

 

Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

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