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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

lundi 22 décembre 2014,
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Intelligence économique
L’autre recette pour tirer la croissance
Une feuille de route de l’Association marocaine d’intelligence économique
Sa mise en place permettrait d’atteindre une croissance à 2 chiffres en 2023

   
Intelligence économique L’autre recette pour tirer la croissance
Les plans sectoriels, même conceptualisés par de grands cabinets-conseils, sont insuffisants pour définir une «doctrine». Le Maroc s’est lancé dans une vaste stratégie industrielle dont les fruits tardent à venir dans certains secteurs

Pousser un peu plus le chantier de l’intelligence économique au Maroc… Tel est l’objectif que se donne le think-tank généraliste AMIE Center qui vient de finaliser une feuille de route pour une démarche nationale. L’AMIE, c’est l’association marocaine d’intelligence économique, fondée en 2006 par quelques pionniers de l’IE au Maroc réunis autour de Driss Alaoui Mdaghri, dont Abdelmalek Alaoui, Driss Guerraoui, Ahmed Azirar, Larbi Berlarbi ou encore le rédacteur en chef de l’Economiste, Mohamed Benabid, et qui franchit depuis quelques mois une nouvelle étape avec l’arrivée au sein de l’équipe d’Abdeslam Ahizoune, PDG de Maroc Télécom, Moulay Hafid Elalamy, président du groupe Saham ou encore Brahim Benjelloun-Touimi administrateur de BMCE Bank. Des différentes études menées par le centre sont sorties 16 propositions. Selon cette feuille de route, la mise en place de cette dynamique permettrait d’atteindre une croissance annuelle à deux chiffres dans un délai de 10 ans, soit  à l’horizon 2023. Mais loin d’être dans une position de prescripteur d’ordonnance miracle, l’Amie brosse un tableau de la situation actuelle du Maroc et du contexte international. Un diagnostic pour le moins inquiétant. «La majorité des acteurs effectuent essentiellement de la veille à faible valeur ajoutée», note l’étude de l’Amie. Pour le think-tank, il existe un cercle vicieux de rétention des données dans l’administration publique. Résultat: cette situation  génère des logiques différentes, parfois contradictoires entre les ministères et  les départements. Elle occasionne également une inflation budgétaire et une incohérence logicielle  du fait de la multiplication des outils. Ainsi, la première et peut être la plus importante des propositions porte sur la mise en place d’un outil national de veille, organisé autour d’un réseau sécurisé. Il pourrait accueillir l’ensemble des utilisateurs avec des niveaux d’autorisation différents. L’idée est de mettre en commun les productions et les informations issues des différentes administrations en matière économique et stratégique avec une décomposition sectorielle.  Au-delà de la collecte d’informations, la feuille de route met un focus particulier sur son analyse qui constitue la partie la plus sensible, car elle précède le partage et la prise de décision. Au cours des recherches effectuées par l’AMIE, les équipes ont constaté une faiblesse structurelle des processus d’analyse, tant au niveau du secteur public que du secteur privé. Pourtant, dans les différentes administrations se trouvent des profils notamment au sein de celles orientées vers les politiques sectorielles.
En outre, une importance particulière doit être donnée aux PME via la réalisation d’un diagnostic des pratiques liées à l’intelligence économique au sein de ces structures dans le but d’orienter les futures actions de formation  et d’accompagnement. L’intelligence économique est également une question de communication et de capacité d’influence du pays dans le monde. «Le Maroc peut considérer qu’il n’a pas réussi à valoriser, en terme de bénéfices d’image internationale,  les réformes tous azimuts menées au cours des 20 dernières années», soutient l’étude. Pis encore, les experts constatent que des «timbres cognitifs» non appropriés au Maroc d’aujourd’hui perdurent encore parmi certains acteurs informationnels internationaux. Au niveau gouvernemental, l’étude relève un déficit important de maîtrise des médias audiovisuels internationaux et des stratégies d’occupation des plateaux de télévisions et des radios internationales. Bref tout est à refaire. Le think-tank préconise de créer une «task force» indépendante de communication politique et publique du Maroc à l’international. Elle serait chargée de l’ordonnancement des priorités et de leur exécution par le  déploiement  de compétences et de talents sur le terrain informationnel. Le Royaume est invité également à miser sur une plus forte présence sur le Net.


Ilham BOUMNADE