Analyse

Transport urbain
Nouveau pari pour l’Agence du Bouregreg

Par L'Economiste | Edition N°:4052 Le 13/06/2013 | Partager
Extension du réseau du tram sur 10 km à partir de 2014
Le coût de l’investissement avoisine les 800 millions de DH
Lancement des travaux de la rocade n° 2 avant la fin de l’année

Pour régler le problème de la mobilité entre Rabat et Salé, l’Agence de l’aménagement de la vallée du Bouregreg poursuit la réalisation de plusieurs projets de franchissement du fleuve. Il s’agit notamment des ponts Moulay Youssef et de la rocade II (tracée en violet)

LES habitants de Rabat, complètement accros au tramway qui a révolutionné leur mode de transport, en veulent encore plus. Et au regard de ce succès, l’extension du réseau est une question à laquelle les responsables se sont déjà attelés. «Les études sont avancées pour l’extension de notre réseau actuel de près de 10 km dans trois directions», indique Loubna Boutaleb, DG déléguée de la Société du tramway de Rabat-Salé (STRS). La première extension concerne la ligne 2 qui sera prolongée sur 3 km pour desservir les quartiers de Yakoub Al Mansour à Rabat. Côté Salé, l’extension de la ligne sera sur 3,7 km depuis le terminus actuel à Hassan II jusqu’au centre commercial situé sur l’avenue Zarbia.
Une extension de la ligne 1 est également prévue à partir du terminus à Al Irfan à Rabat pour desservir une partie des quartiers de Hay Ryad. «Nous comptons démarrer les travaux début 2014», souhaite Boutaleb. Le coût de l’investissement, hors matériel, est estimé à près de 800 millions de DH.
Le financement de ce projet fera l’objet d’un protocole d’accord qui sera signé prochainement entre le ministre de l’Intérieur, les autorités locales et la STRS. Cependant, il faut noter que la réalisation de ces extensions du réseau du tram reste insuffisante pour régler d’une manière définitive la problématique de la mobilité posée actuellement avec acuité entre Rabat et Salé. Rappelons qu’aux moments de pointe, notamment le matin, pour un automobiliste venant de Salé vers Rabat via le pont Al Fida, il lui faut plus de 40 mn pour traverser près de 6 km. Cette situation est due particulièrement à deux raisons. «La première est en rapport avec le nombre limité de portes d’entrée au centre-ville de Rabat», explique Lemghari Essakl, DG de l’Agence de l’aménagement de la vallée du Bouregreg. Il y a seulement deux accès, l’un à Sidi Makhlouf et l’autre donnant sur l’avenue d’Alger. A cela s’ajoute une autre contrainte, à savoir le manque d’ouvrages de franchissement du fleuve. Pour pallier cette situation, plusieurs projets structurants sont lancés ou programmés par l’Agence du Bouregreg. Ainsi, les travaux sont bien avancés pour la construction du nouveau pont Moulay Youssef. «Après la pose des piliers, on passe maintenant aux poutres», indique Essakl. Et d’ajouter, «cet ouvrage va permettre d’améliorer la répartition du trafic notamment de Salé vers la zone des Oudayas». Le coût de l’investissement pour la réalisation de ce pont avoisine les 150 millions de DH. L’achèvement des travaux est prévu avant la fin de cette année. Les préparatifs sont également bien avancés pour lancer le marché concernant un projet de grande importance qui va permettre atténuer d’une manière substantielle le problème de la mobilité entre les deux rives. Il s’agit du projet de la rocade n°2 d’une longueur de 8 km qui va relier directement l’avenue Mohammed VI à Rabat à l’aéroport de Rabat-Salé.
L’investissement à mobiliser pour la réalisation de ce projet est estimé à 520 millions de DH. «Son financement va faire l’objet d’une convention qui sera signée prochainement avec d’autres partenaires», précise le DG de l’Agence. Il s’agit du ministère de l’Intérieur (DGCL), la région et les deux communes de Rabat et Salé. Selon Essakl, les travaux vont commencer avant la fin de cette année avec un achèvement prévu vers fin 2015. «Cette rocade va permettre d’intercepter un trafic important qui pèse sur les franchissements en aval existants, à savoir ceux de Hassan II, Al Fida et Moulay Youssef», explique Essakl. En effet, cet ouvrage va permettre aux automobilistes d’aller de Salé vers les quartiers de Youssoufia, Agdal et Hay Ryad à Rabat sans passer par le centre-ville de la capitale. Au menu également la réalisation du parkway d’une longueur de 6 km pour un investissement de 230 millions de DH.
Pour Essakl, il faut réfléchir à toutes les solutions permettant de régler ce problème de mobilité, voire même creuser un tunnel sous Rabat.

28 millions de voyageurs

LE tram de Rabat a confirmé sa performance comme moyen de transport efficace et d’avenir pour accompagner le développement de l’agglomération. Ainsi, le nombre de voyageurs transportés en 2012 a atteint 28 millions de passagers, soit un accroissement de plus de 30% par rapport à l’année précédente, selon Boutaleb. Ce qui a permis de réaliser un chiffre d’affaires de près de 110 millions de DH. Un montant qui permet de couvrir les charges d’exploitation du réseau, selon Essakl. Dans le cadre de l’amélioration de ses recettes, la STRS est en train de développer des produits annexes, à savoir l’utilisation des rames comme support de communication pour certains annonceurs. «Par respect à la ville et ses citoyens, cette opération sera limitée uniquement à 30% de notre parc», rassure Essakl. En dépit de ces réalisations, ce dernier tient à rappeler de besoin de l’Agence à des subventions financières de la part de la ville et des autorités pour lui permettre de faire face aux charges financières des emprunts dont le montant avoisine les 45 millions de DH par an.

Noureddine EL AISSI

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