Culture

Festival des musiques sacrées
Polémique paisible autour de Tariq Ibn Ziyad

Par L'Economiste | Edition N°:4051 Le 12/06/2013 | Partager
De l’origine des gens à l’asile des fous… les débats
Une clôture musicale pour le Davos spirituel

De l’origine des gens à l’asile des fous, le forum de Fès a accueilli hier le célèbre journaliste littéraire Frédéric Ferney, le chirurgien montpelliérain, professeur et anthropologue, Henri Joyeux, mais aussi Lelion Rare, Véronique Rifflet, Salamattou…

TARIQ Ibn Ziyad est-il Marocain ou Iranien? C’est la grande question posée, hier, par le public de la dernière table-ronde du forum «Une âme pour la mondialisation». C’était suite à l’intervention du professeur Michael Barry qui a semé le doute sur les origines de celui qui a mené la victoire au détroit de Gibraltar. En tout cas, la thèse et l’antithèse sont traitées à travers des réflexions ouvertes sur le dialogue, la conviction et la tolérance. Et c’est ce message que véhiculent les organisateurs du festival des musiques sacrées du monde depuis sa création il y a plus de 20 ans.
Hier, toutes les légendes évoquées s’accordent à ce qu’Ibn Ziyad, vécu au VIIe siècle, soit d’origine berbère et mort à Damas vers 720. Il est décrit comme un affranchi de Moussa Ibn Nouçair, ce que Barry affirme lui-aussi, et fut un des principaux acteurs de la conquête islamique de la péninsule ibérique. Une période de gloire pour l’empire marocain qui régnait sur l’Andalousie à l’époque des Almoravide et des Almohades, rappelle à juste titre Faouzi Skali, directeur du forum. Même son de cloche auprès d’Ali Benmakhlouf qui dira en substance que «les Arabes continuaient à manger, boire et réfléchir durant les périodes de colonisation». Sous le chêne du jardin andalou du musée Batha, ce professeur de philosophie arabe et de philosophie de la logique a initié un voyage métaphorique entre les ruelles de la médina portant cette connotation andalouse. Et c’est peut-être l’une des raisons qui ont appuyé le choix de la thématique de la 19e édition du festival des musiques sacrées, «Fès, l’andalouse». Le forum de Fès propose en pluriel les «nouvelles andalousies: solutions locales pour un désordre global». Pour Benmakhlouf, le mot désordre n’a pas sa place à Fès. Anecdotique, cet intervenant survolera les noms de familles puisés de l’Andalousie avant d’évoquer l’asile des fous «Sidi Frej», situé en médina. Chaque vendredi, l’hôpital psychiatrique, sis précisément à Souk El Henna en médina, «proposait des séances d’apaisement pour les malades mentaux via la musique andalouse», explique Benmakhlouf. D’ailleurs, les participants à la dernière matinée du forum ont eu droit à une séance d’apaisement musical, jouée entre autres par Kamal Berrada, en guise d’un métissage culturel fondé sur les rencontres, la musique et les échanges. La veille, André Azoulay disait à ce sujet que «la culture, en tant que moment de partage entre individus, peut être d’un grand recours pour les peuples qui ont veillé à la préservation de leur identité». Et «c’est grâce à la culture et le patrimoine qu’il est parvenu, en compagnie d’un groupe de militants dans ce domaine, à contribuer au développement durable d’Essaouira, sa ville natale», conclut le conseiller du Roi.


De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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