Economie

Pays plus risqués mais plus porteurs

Par | Edition N°:4051 Le 12/06/2013 | Partager
Les performances de bon nombre de groupes marocains soutenues par leurs filiales africaines
Une conférence organisée par Attijariwafa bank

Selon l’OMC, le rythme de croissance économique mondiale devrait connaître un ralentissement en raison des effets de la crise de la dette publique en Europe et la faiblesse de la croissance dans les pays développés et le tassement des économies émergentes

Le risque est inhérent à toute entreprise économique. Encore faut-il savoir le pondérer. La question concerne aussi bien les particuliers que les opérateurs institutionnels. Mais pour une banque, dont le métier est d’apprécier le risque, elle revêt une importance capitale. Ce n’est donc pas un hasard si Attijariwafa bank a consacré la thématique de la 5e édition de sa conférence «risque pays» aux opportunités d’investissement et risques internationaux pour les opérateurs marocains. Une rencontre animée par Thierry Apoteker, fondateur cabinet TAC, qui développe une panoplie d’outils quantitatifs de modélisation des projections macro-économiques et du risque.
«Globalement, le risque pays enregistre une détérioration notable depuis plusieurs trimestres dans les 76 pays de notre panel. C’est une dégradation certes modeste, mais continue des risques économiques, financiers, politiques et économiques», explique Thierry Apoteker. Mais risque élevé ne veut pas dire pertes élevées. Dans bien des cas, cela peut signifier l’inverse. Le risque politique de certains pays n’empêche pas bon nombre d’entreprises marocaines, notamment des banques et des opérateurs télécoms de dégager d’intéressants bénéfices dans certains pays d’Afrique subsaharienne.
D’autres paramètres entrent en ligne de compte pour l’évaluation du risque pays. Il s’agit du volume des réserves de changes. «Lorsque l’on descend en dessous de trois mois, cela crée de fortes tensions sur les liquidités», précise le fondateur de TAC. Dans le cas du Bénin (1 mois) et du Togo (0 mois), la situation est critique car il suffit d’un choc sur le cours des céréales, par exemple, pour que les deux pays se retrouvent dans une situation insoutenable. Dans le même temps, le niveau de croissance est à mesurer à l’aune du développement démographique. Si, par exemple, l’on a un taux de croissance de 5%, avec une population qui croît de 6%, ce niveau peut se révéler insuffisant à cause des disparités de la répartition des richesses. De plus, il est difficile de réaliser de la croissance sans que cela ne se traduise en déficit des soldes externes. Parmi les pays qui présentent un risque faible à ce niveau, figurent essentiellement les Etats pétroliers du Golfe. Des pays qui n’ont pas de problèmes de financement externe, ni de déficit. Cependant, ces pays n’arrivent pas à générer une croissance cohérente avec leur démographie. Si la situation perdure, cette région pourrait être confrontée à des problèmes politiques et sociaux.
Une de ces régions offrant des débouchés intéressants, mais qui traverse actuellement une zone de turbulence, reste la zone euro, qui avait suscité de grands espoirs de reprise au cours de ces deux dernières années. Sauf que sa sortie de crise a été retardée par deux «accidents» de parcours, à savoir la crise de la Grèce et plus tard celle de Chypre. Mais la zone demeure un ensemble économique aux débouchés largement dégagés. De plus, elle devrait bénéficier de l’effet d’entraînement de la reprise économique qui s’est amorcée aux Etats-Unis. Le géant américain a encore beaucoup de difficultés pour résorber sensiblement le chômage, mais il arrive tout de même à créer 160.000 nouveaux emplois par mois. Soit deux millions de nouveaux consommateurs par an. L’immobilier est l’un des principaux secteurs bénéficiaires de la croissance américaine.
Le Japon renoue à son tour avec la croissance grâce aux récentes réformes et bénéficie de l’effet d’entraînement du retour de la reprise économique aux Etats-Unis. La conjoncture favorable dans ces régions auront un impact notable sur le commerce extérieur mondial.
L’UE, qui concentre 20% du PIB mondial et représente le premier importateur au monde de marchandises et de services, est aussi le premier partenaire commercial du Royaume. La consommation intérieure vient d’y reprendre en mars dernier et ce, pour la première fois depuis le premier trimestre 2011. Mais les gouvernements européens devront stimuler la confiance des ménages sur leur situation financière pour les 12 prochains mois. L’objectif étant de réduire l’incertitude qui règne sur la zone euro qui ne doit pas compter sur la reprise de la demande étrangère, mais sur la consommation intérieure.

Double impact

Un groupe de pays se positionne une croissance minimale mais présente une position défavorable en termes d’équilibres externes. Du coup, ces pays, dont le Maroc fait partie, se trouvent dans une position vulnérable. Si le Royaume réalise une bonne récolte, il peut s’attendre à un double impact : une croissance assortie d’une amélioration de son déficit. Le Maroc, qui bénéfice d’une notation A4 de la Coface, occupe une place intermédiaire dans l’indicateur Risk Monitor du TAC.

Hassan EL ARIF

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