Economie

Les marchés publics cherchent financement

Par L'Economiste | Edition N°:4031 Le 15/05/2013 | Partager
Recul de 20% des crédits bancaires au commerce et services
Le bol d’oxygène devrait venir de la filiale de CDG

La bouée de sauvetage va-t-elle venir de la filiale de la CDG, FINEA en l’occurrence ? Cette structure dédiée au financement du cycle d’exploitation de la commande publique. C’est du moins, l’impression que donne la  Fédération du commerce et services (FCS) en invitant cette société de financement de la PME-TPE sur ses produits. «Certes, les banques ont tendance, de par la morosité de la conjoncture actuelle, à serrer les vannes des crédits à l’économie mais nombreux sont les opérateurs qui sont au fait des divers produits offerts», se justifie Khalid Dahami, président de FCS. Bien que la rencontre soit la première d’une série de consultations stratégiques, elle vient à point nommé dans ce contexte marqué par un recul inquiétant des concours bancaires aux entreprises.   Et celles s’activant dans le domaine du commerce et services ont été les plus affectées. Selon les données de Bank Al Maghrib, l’encours des crédits accordé à ces entreprises s’est contracté de près de 20% au terme du premier trimestre 2013 en comparaison avec la même période de l’année écoulée. (Voir l’édition du lundi 13 mai.www.leconomiste.com). Ceci, concerne en particulier les facilités de trésorerie. Du coup, nombreuses sont les entreprises des services qui peinent actuellement à trouver les financements pour les commandes contractées auprès de l’administration. «Or, ce marché constitue un enjeu de taille puisqu’il représente annuellement près du quart du PIB», souligne Dahami. Pas moins de 50.000 appels d’offres publiques sont en effet lancés chaque année. Et en 2011 environ 12.000 contrats ont été signés entre l’administration et le secteur privé. Aujourd’hui, les entreprises du secteur du commerce et services qui se recrutent essentiellement parmi les PME-TPE se trouvent entre l’enclume de la rareté des crédits et le marteau des délais de paiement. «Entre l’instruction des dossiers et les décaissements, il faut compter quatre mois, voire plus», dénonce un opérateur. Pour rallonger davantage ces délais l’administration n’hésite pas à recourir à des pratiques comme celle de désigner de nouveaux agents comptables pour des dossiers autrefois confiés à d’autres. «Ce qui tourne, dans la plupart des cas à l’audit», renchérit cet autre adjudicataire d’un marché public.
Mais le tarissement des crédits n’est pas limité aux seules entreprises opérant dans le commerce et les services. 
Face à la crise des liquidités et la détérioration de la situation des secteurs frappés par la contraction d’activité, les banques ont resserré les boulons. Alors que les retards de paiement étouffent les entreprises, les lignes de trésorerie sont de plus en plus difficiles à obtenir. Et lorsqu’elles le sont, elles sont considérablement revues à la baisse.
Excepté les BTP dont le concours s’est replié de 0,9%, les prêts à l’équipement se sont contractés de 1,3% alors que les facilités de trésorerie sont passées de 16 à 0,9%. C’est donc la PME qui est la plus touchée et partant des pans entiers de l’économie dans la mesure où le tissu économique reste dominé à hauteur de 95% par cette catégorie d’entreprises.
Or, faute d’une décision politique, le système bancaire n’a de choix que l’observation des règles prudentielles. Même s’il détient le monopole des dépôts et de la gestion de l’épargne, rien n’autorise la prise du risque supérieur.  D’où les exigences imposées en termes de garantie. Pour le moment, le bol d’oxygène devrait venir de la filiale de CDG qui a cette mission duale d’un intérêt général et de rentabilité. Mieux, FINEA s’insère même dans une démarche d’offre de services avec des structures de proximité. Six succursales sont déjà implantées dans les principales villes du Maroc.

10 milliards de DH, 1.500 clients

Après 50 ans d’activité comme Caisse marocaine des marchés, la structure a changé vers la mi-février de dénomination et de visuel. FINEA, c’est «Financement et accès des entreprises à la commande publique». L’entreprise vient d’adopter un nouveau plan de développement 2013-2017. Programme qui ambitionne de garantir un portefeuille de 10 milliards de DH à l’échéance 2017 avec à la clé 1.500 clients. (CDG). Ce nouveau programme portera principalement sur trois volets: la diversification des secteurs, l’appui au financement des PME et la multiplication des produits et services offerts. Concernant ce dernier volet, Finèa vient de mettre en place des formules de crédits qui tiennent compte de l’intégralité du cycle d’exploitation d’un marché public et couvrent la quasi-totalité des besoins des entreprises soumissionnaires ou titulaires des marchés. Au total, le financement atteint jusqu’à 90% du coût du marché. Ces produits et services portent sur les crédits de préfinancement, destinés à couvrir les dépenses engagées par l’entreprise soumissionnaire pour l’exécution d’un marché avant facturation, les frais liés au financement des prestations après facturation, les prêts destinés au financement du délai de paiement, ainsi que le cautionnement des marchés. L’entreprise, à risque souverain puisque adossée à la CDG, a opéré également une diversification de ses secteurs d’activités mais reste concentrée sur la PME-TPE.

A.G.

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