Entreprises

Wilmar dans la Cosumar
Ses ambitions pour le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:4012 Le 17/04/2013 | Partager
Le raffineur marocain présente «une opportunité d’investissement attractive»
Le groupe veut étendre son empreinte régionale sur l’hémisphère Ouest

Kuok Khoon Hong, PDG de Wilmar International: «Notre expérience dans le raffinage et dans la culture des plantes sucrières pourra bénéficier à la société»

Suite à l’entrée dans le capital de Cosumar pour 2,3 milliards de DH, Wilmar International devient le premier investisseur asiatique majeur au Maroc. Objectif: étendre les activités du groupe dans le sucre, en particulier au Maroc et exporter les surcapacités sucrière de Cosumar dans le sud de l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord. Dans cet entretien exclusif, Kuok Khoon Hong, PDG du 8e groupe industriel mondial, qui s’exprime très rarement(1), revient, pour l’Economiste, sur ses ambitions pour Cosumar.        

- L’Economiste: Quelles sont les raisons stratégiques derrière cette opération?
- Kuok Khoon Hong: Wilmar est très optimiste sur l’Afrique, et nous souhaitons investir sur le continent. A cet égard, le Maroc possède un environnement économique et politique favorable, et Cosumar représente une opportunité d’investissement attractive. Cette opération nous offre ainsi une opportunité d’étendre nos activités dans le sucre, en particulier au Maroc où nous étions absents. Nous sommes donc arrivés à un accord avec la SNI qui avait annoncé auparavant son intention de céder le contrôle de la société, ce qui nous a donné l’opportunité de créer un partenariat capitalistique dans la Cosumar.

- Vous avez acquis 27,5% du capital, comptez-vous renforcer votre participation?
- Nous ne comptons pas augmenter notre participation, mais plutôt collaborer avec d’autres investisseurs marocains avec qui nous détiendrons ensemble un bloc de contrôle de plus de 50% du capital, dans le cadre d’une gouvernance équilibrée et largement partagée.
- En quoi l’acquisition de Cosumar représente-t-elle une opportunité pour Wilmar? Quels sont vos projets pour la société?
- La société est le troisième plus grand raffineur de sucre au monde, et possède de très bons actifs car elle a investi plusieurs centaines de millions de dollars afin de moderniser son outil industriel. La société possède une capacité de production de 1,6 million de tonnes de sucre pour un marché marocain de 1,2 million de tonnes. Nous pourrons utiliser le surplus de capacité pour exporter du sucre dans le sud de l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord. Cet investissement nous permettra d’étendre notre empreinte régionale à travers une présence significative dans l’hémisphère Ouest. Nous pensons aussi que notre expérience dans le raffinage et dans la culture des plantes sucrières pourra bénéficier à la société.

- Pourquoi avez-vous choisi le Maroc comme plateforme d’investissement?
- Wilmar est présent dans l’Est, l’Ouest, le Sud et le Centre de l’Afrique. Investir au Maroc nous permettra d’être présents sur la totalité du continent. La stabilité de l’environnement économique et politique, l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages, la compétence des ressources humaines et l’attractivité du projet nous ont convaincus de faire cet investissement.

- Cosumar entretient une relation privilégiée avec les agriculteurs, comptez-vous poursuivre cette relation?
- Nous souhaitons continuer à accompagner nos partenaires agriculteurs, grands ou petits, notamment dans le cadre du Plan Maroc Vert. Le monde agricole constitue une richesse et un levier économique pour la totalité de nos activités agroalimentaires.

- Qu’en est-il des ressources humaines de Cosumar?
- La société possède un management solide qui jouit d’une excellente réputation. C’est d’ailleurs une des forces et attraits de la société.

- C’est une opération financière importante pour Wilmar dans un climat boursier et de politique régionale tendu. Cela a-t-il pesé dans votre décision?
- L’opération est effectivement importante, le montant est d’environ 263 millions de dollars. Néanmoins, nous sommes optimistes à la fois sur le marché marocain et sur la société.


Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI
(1) Financial Times note qu’à chaque fois que Kuok Khoon Hong s’exprime, le cours du groupe bouge en Bourse.

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