Entreprises

Mediaco Maroc claque la porte de la Bourse

Par L'Economiste | Edition N°:4005 Le 08/04/2013 | Partager
Elle va arrêter la cotation de son titre
Celui-ci a perdu plus de 90% de sa valeur depuis son introduction en Bourse
La société est en grande difficulté

L’action a perdu plus de 90% de sa valeur depuis son introduction en Bourse. Alors que l’entreprise a décidé d’arrêter la cotation du titre, le marché s’interroge sur le sort qui sera réservé aux petits actionnaires

Mediaco Maroc va se retirer de la Bourse. Un peu moins de sept ans après son introduction, le conseil d’administration de la société de levage a décidé d’arrêter la cotation de la valeur sur le marché casablancais. Contacté par L’Economiste, le président de Mediaco Maroc est resté injoignable. L’annonce du retrait de la cote n’est pas à proprement dit une surprise. La société a accumulé les déboires ces dernières années au point de demander sa mise sous disposition des articles 560 et suivants du code de commerce relatif au traitement des difficultés d’entreprises. Une demande qui a été rejetée par le tribunal de commerce de Casablanca.
Mediaco Maroc s’était retrouvée dans l’incapacité de rembourser ses dettes (les montants concernés étaient estimés à près de 255 millions de DH) suite à la détérioration de son activité. Elle a publié deux profits warning successifs sur ses résultats 2010 et 2011. De plus, les commissaires aux comptes avaient refusé de certifier les comptes de ces deux exercices. Pour 2011, la raison invoquée était l’incapacité de s’assurer de la concordance des informations fournies dans le rapport de gestion du conseil d’administration destiné aux actionnaires (cf. www.leconomiste.com du 2 juillet 2012). Les observations portaient également sur les provisions constatées par l’entreprise et qu’ils jugeaient insuffisantes. Certaines créances étaient irrécouvrables, selon leur rapport. Pratiquement les mêmes défaillances ont été identifiées sur les comptes du premier semestre 2012. Mediaco a constitué une provision de 69,44 millions de DH pour des créances anciennes hors groupe de près de 100 millions de DH. Cette provision a été jugée insuffisante par les commissaires aux comptes.
Globalement, la société a enregistré un résultat net semestriel déficitaire de 17,3 millions de DH. Il représente moins du quart du capital social de l’entreprise, ce qui devrait donner lieu soit à une dissolution (trois mois après l’approbation des comptes) ou à une réduction de capital au plus tard à la clôture du deuxième exercice après la constatation des pertes. Or aucune décision n’a été jusqu’ici annoncée au marché. Aujourd’hui, la société est en infraction puisqu’elle n’a toujours pas publié ses résultats annuels 2012. Elle encourt une amende de 1.000 DH par jour de retard. En Bourse, le comportement de la valeur se révèle un flop. Introduite à 495 DH, l’action se négocie actuellement à 32,88 DH. Elle a perdu plus de 90% de sa valeur. Le capital de la société est détenu à hauteur de 76,66% par Afrique Levage et le reliquat (23,34%) par le marché. Il reste à savoir quel sort sera réservé aux petits porteurs. D’un autre côté, cette sortie de la cote sera un nouveau coup dur pour le marché. Depuis 2010, il a enregistré autant d’introductions que de retraits.


F. Fa.

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