Analyse

Déplacements urbains: Le tram remporte tous les suffrages

Par L'Economiste | Edition N°:4000 Le 01/04/2013 | Partager
La majorité des sondés de l’enquête Averty Markek prêts à délaisser tout autre moyen de transport
A défaut, c’est le bus et son propre véhicule
Le prix, 3e critère de choix après la praticité et la rapidité

63% des répondants des deux villes de Casablanca et Rabat sont prêts à renoncer aux petits taxis pour le tramway. Ils sont aussi 47% à vouloir laisser leur voiture pour ce nouveau moyen de transport de masse

LES usagers sont prêts à renoncer aux autres moyens de transport au profit du tramway. C’est ce qu’a montré un sondage d’opinion effectué par Averty Market Research & Intelligence(1). L’enquête a mobilisé 1.016 répondants répartis sur 38 villes, dont 41% de Casablanca, 14% de Rabat et 6% de Marrakech. Ils sont principalement des étudiants (32%), des cadres (24%) et des employés (16%). Cette étude s’est focalisée sur les moyens de transport les plus utilisés par les Marocains, le budget mensuel qu’ils y consacrent, leur attitude par rapport à l’augmentation du prix du carburant et l’utilisation du tramway au détriment des autres moyens de transport. Le niveau de satisfaction vis-à-vis de l’état du transport en général au Maroc a aussi fait l’objet du sondage.
Ainsi, pour les déplacements effectués à Casablanca et Rabat, le tramway reste le moyen de transport qui séduit le plus, si seulement il était plus «répandu». Aussi, 47% des sondés se disent prêts à laisser leur voiture, 63% à renoncer aux petits taxis et 47% à abandonner les autres moyens de transport en commun, dévoile l’enquête. Pour ceux qui s’accrochent à leurs voitures (32%), l’éloignement des stations du tram en est la raison principale (51%). Le manque de flexibilité et le temps du trajet représentent les autres prétextes respectivement pour 27 et 23% des sondés.
Toutefois, la voiture occupe le haut du podium en termes de mobilité. Les interviewés sont 31% à recourir à ce moyen de transport. Les bus représentent le deuxième moyen le plus prisé par les Marocains avec 21%. Les petits taxis (19%) et les autres moyens de transport en commun trônent dans les dernières positions: train (9%), grands taxis (6%), marche à pieds (6%), tram (1%), moto (1%)…
Quels sont les critères du choix que mobilisent les Marocains pour emprunter un moyen de déplacement plutôt qu’un autre? «Il est d’abord motivé par la praticité (42% des répondants), la rapidité (40%) et le prix (37%)», indique l’enquête. D’autres critères, non négligeables, sont aussi déterminants. Il s’agit de la ponctualité et de l’absence d’alternatives. Les collectivités territoriales ayant l’obligation d’assurer le transport en commun à l’intérieur de leurs frontières l’ont délégué, dans la plupart des villes, à des sociétés privées en les soumettant à des cahiers des charges. Sauf que les nouveaux gestionnaires, dans une logique commerciale, la hausse des bénéfices et la réduction des coûts, ne desservent que les circuits les plus juteux. Le citoyen reste exposé au diktat des petits et grands taxis. Mais également aux transporteurs clandestins que le sondage d’opinion n’évoque pas. Le confort et le souci écologique, quant à eux, n’influencent que de façon très secondaire le choix du moyen de transport.
Les usagers sont-ils satisfaits? Curieusement, ils ne sont pas mécontents par rapport aux tarifs qui s’arrogent une note moyenne de 5,2/10. Tous les autres critères (sécurité, disponibilité, ponctualité et confort) ont collecté des notes en dessous de la moyenne (5/10).  Le mécontentement ne s’arrête pas là. Les Marocains ne sont pas, non plus, satisfaits de l’application du code de la route, ni de la sécurité des moyens de transport, ni encore des infrastructures routières. Toutes ces variables ont eu une note inférieure à la moyenne. Seule «la couverture en réseau autoroutier» sort du lot avec une notre de 5,1/10.
Sur les motifs de mobilité et conformément à une impression générale, les Marocains se déplacent, d’abord et avant tout, pour se rendre à leurs lieux de travail (51%). Mais, contre toute attente, ce n’est pas l’école qui constitue le deuxième motif de déplacement, mais bel et bien «les affaires personnelles» avec un pourcentage de 43%. La scolarité n’occupe que la troisième position (34%). 
L’enquête s’est aussi intéressée à l’augmentation du prix du carburant. Il en ressort que «56% des répondants n’ont pas du tout été convaincus de la nécessité de l’augmentation du prix du carburant, tandis que 44% l’ont, parfaitement ou plus ou moins, été». Autrement dit, la majorité contrarie le chef du gouvernement à cet égard. Mystérieusement, un peu plus de la majorité (59%) estime que l’augmentation du prix du carburant est supportable ou sans réel impact. Face à cette hausse, les gens ont soit augmenté le budget consacré au transport (33%), soit réduit leurs déplacements. Ils ont probablement viré vers les déplacements gratuits (marche à pieds ou vélo) ou à bas prix (transporteurs n’ayant pas l’agrément du transport en commun).

Budget mensuel

PLUS de la moitié des répondants (56%) déclarent consacrer entre 1.000 et 3.000 DH pour leur déplacement en voiture. Les petits taxis s’arrogent un budget variant entre 200 et 1.500 DH pour 50% des interviewés. «74% des répondants dépensent moins de 400 DH par mois pour leurs déplacements en transport en commun», note aussi l’enquête.

Ali JAFRY

(1) Averty est un institut d’enquêtes et de sondages d’opinion indépendant. Pionnier dans l’utilisation d’internet et des technologies d’information, il constitue ainsi un baromètre de l’opinion publique et un outil d’aide à la prise de décision. Membre de l’Association mondiale des professionnels des études de marché, Averty est déclaré auprès de l’ANRT et de la Commission nationale de protection des données à caractère personnel (CNDP)

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