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jeudi 02 octobre 2014,
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ONEE/Délais de paiement
La Fenelec déballe tout
Près de 5 milliards de dirhams réclamés à l’électricien national
Le recours à la justice envisagé

   

«NOUS redoutons un effet domino. Une trentaine d’entreprises ont déjà fermé et d’autres s’apprêtent à déposer le bilan. Des installateurs ont préféré quitter les villes où ils opéraient pour fuir leurs créanciers».  Youssef Tagmouti, président de la Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique et des énergies renouvelable (Fenelec), parle de «rupture» de tout dialogue avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Si rien n’est fait d’ici la fin du mois, la Fédération menace de recourir à la justice ainsi qu’à toutes formes de protestations.
L’ultimatum fixé au lundi 11 mars pour répondre aux doléances de la Fédération aurait été «ignoré» par l’électricien national auquel 4 à 5 milliards de dirhams sont réclamés (voir encadré). Un montant qui compte également les cautions que l’Office n’aurait pas restitué aux entreprises. «Certaines remontent à 10 ans et concernent des projets en exploitation. Les entreprises ont pendant longtemps fermé les yeux sur les pratiques de cet office. Mais aujourd’hui, les appels d’offres de l’Etat se font rares et les banques ont fermé le robinet», déclare le président de la Fenelec lors d’une conférence de presse organisée mercredi 13 mars à Casablanca. Les versements effectués jusque-là par l’ONEE sont jugés dérisoires: «une entreprise à laquelle l’Office doit 80 millions de dirhams n’a reçu que 120.000 dirhams», tient à préciser Tagmouti.
Près de 400 entreprises sont dans une situation «dramatique». Au point que les membres de la Fenelec dénoncent le «favoritisme» dont bénéficient les entreprises étrangères: «Elles sont payées dans les délais alors que nous devons attendre. La préférence nationale ne joue pas non plus puisque pour des écarts  peu importants, l’Office leur accorde les marchés».
Pour le président de la Fédération, les entreprises du secteur, constituées majoritairement de PME, seraient les dernières à être payées. La priorité étant surtout accordée aux pétroliers qui livrent le fuel.
La Fédération a frappé à toutes les portes mais sans résultat. Des courriers viennent d’être adressés au chef du gouvernement, au ministère de l’Industrie et au ministère de l’Energie. Dans une déclaration accordée à L’Economiste, Fouad Douiri, ministre de l’Energie, affirme «n’avoir reçu aucun courrier. Ceci étant, ce secteur est important et la collaboration entre les entreprises et l’Office doit se poursuivre. Les deux parties doivent privilégier le dialogue».
Des partis politiques et des syndicats ont également  été saisis et auraient manifesté leur «solidarité» à la Fédération.
A en croire la Fenelec,  tout le secteur serait en péril : «la situation est très grave puisque 150.000 emplois directs et autant indirects sont en jeu. Les entreprises membres de la Fédération qui ont réalisé le Programme national d’électrification rurale (PERG) seront condamnées à disparaître dans les 6 à 8 mois».
Deuxième secteur exportateur et aussi en termes de valeur ajoutée, l’électricité électronique compte les délais de paiement les plus longs, soit plus de 24 mois. Or du côté de l’Office, l’on parle plutôt d’un délai moyen de paiement de 73 jours.

Restitution des cautions

LA semaine dernière, les membres de l’association avaient convenu à l’unanimité d’un plan d’action qu’ils ont soumis à l’Office (www.leconomiste.com). A défaut de paiement, la fédération réclame un «calendrier» que les entreprises pourraient faire valoir auprès de leurs créanciers. La Fédération a également demandé la «libération des cautions sans exception et sans conditions». Elle veut introduire le «défaut de paiement comme cas de force majeure». Ce qui permettrait de stopper le compteur des pénalités de retard que l’Office applique aux entreprises.
Autre requête, la restitution par l’Office des pénalités qu’il a encaissées pendant toute cette période de tension.

Khadija MASMOUDI