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vendredi 01 août 2014,
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Egypte: Encore un coup dur pour Morsi
Les élections annulées par le tribunal administratif du Caire
La présidence ne précise pas si elle fera appel à cette décision

   

L’autorité de Mohamad Morsi a été sérieusement mise à mal par une décision de la justice administrative. Celle-ci a ordonné l’annulation des élections législatives, convoquées par un décret présidentiel le mois dernier. Le tribunal administratif du Caire a jugé la procédure suivie invalide. En effet le sénat, majoritairement constitué d’islamistes, et chargé de la loi électorale, n’a pas renvoyé la législation en question devant la Haute cour constitutionnelle pour un avis irrévocable.  De fait, le tribunal a déclaré le décret de Morsi nul et non avenu. Le scrutin, prévu pour le 22 avril, et qui devait se dérouler pendant deux mois, a donc été tout bonnement annulé. Le remplacement de l’Assemblée (chambre basse), qui a été dissoute en juin 2012, a ainsi été reporté sine die.
Pour le moment, le président a réagi par un bref communiqué, où il déclare «respecter» le jugement, et «réaffirme son respect pour la Constitution, l’état de droit, et la séparation des pouvoirs». Pour autant, il n’a pas précisé s’il ferait appel  à la décision du tribunal administratif cairote. 
Dans la même lancée, les Frères musulmans, dont est issu Mohamad Morsi, ont tout autant assuré qu’ils ne s’opposeront pas à la «décision de la Cour administrative de stopper l’élection et de renvoyer le dossier devant la Cour constitutionnelle». Et aux vues de la situation actuelle en Egypte, une autre réaction aurait tout juste réussi à aggraver la crise dans laquelle le pays est plongé depuis le début de la révolution, les islamistes au pouvoir étant accusés de vouloir s’accaparer le pouvoir à tout prix. D’ailleurs, l’annulation de ces élections peut aussi être interprétée comme l’élimination d’un important foyer de tension … jusqu’à nouvel ordre.

L’opposition boycottait déjà

Mais il est tout autant indéniable que cette situation sape la présidence, d’autant plus que celle-ci affirmait avec détermination que ces élections mèneraient le pays vers la stabilité, faisant fi des critiques des uns, et tentant tant bien que mal de répondre aux attentes des autres. Il y a d’abord eu l’épisode des dates du scrutin, qui correspondaient à des fêtes chrétiennes.
Les Coptes avaient jugé qu’il s’agissait encore une fois d’une tentative de les écarter. La date ayant été changée pour le 22 avril, c’était au tour de l’opposition de fustiger le timing choisi pour les élections, à l’heure où le pays est trop divisé pour que les élections se passent sereinement. Finalement, cette opposition a majoritairement décidé de boycotter cet évènement, malgré les sièges que «l’anti-morsisme» ambiant aurait pu leur rapporter, par manque de garanties de transparence. Mohamad El
Baradei, prix Nobel de la paix 2005 et coordinateur du Front du salut national avait même fait le parallèle avec le trucage des scrutins sous l’ère de Hosni Moubarak, déclarant qu’il s’agissait d’une «supercherie».

 

Rime AIT EL HAJ