Economie

Planification familiale: Les chiffres de la Santé

Par | Edition N°:3969 Le 15/02/2013 | Partager
Les taux de mortalité maternelle et infantile en recul
Le recours aux moyens contraceptifs modernes en hausse
Taux de fécondité, 3 fois inférieur à la moyenne mondiale

Les méthodes de contraception modernes et classiques ont évolué de façon parallèle. Si les 1res ont augmenté, passant de 48,7% en 1997 à 56,7% en 2011, les méthodes classiques ont également connu une progression pour atteindre 10,6% contre 9,6% sur la même période

Le Maroc est en bonne voie pour atteindre les objectifs de son programme de planification familiale. C’est du moins ce qui ressort du bilan du ministère de la Santé, présenté jeudi dernier à Rabat, parallèlement au rapport des Nations Unies sur l’état de la population mondiale en 2012. Ainsi, le taux de prévalence contraceptive chez les femmes mariées de 15 à 49 ans a atteint 67,4% en 2011 contre 58,4% en 1997. «Ce taux ne dépassait pas 19% en 1980», a précisé Nabil Bourkia, qui a intervenu au nom du département de la Santé. Dans le détail, le recours aux méthodes modernes de contraception se taille la part du lion avec 56,7% contre 10,6% pour les méthodes traditionnelles. «Ce qui n’est pas étonnant au vu de l’évolution socioéconomique et des changements des mentalités», ont rappelé plusieurs intervenants. Selon Khalid Lahlou, directeur de la Population au département de la Santé, qui a lu l’intervention de El Haussaine Louardi, cette dynamique de la planification familiale a induit des effets positifs. Il s’agit notamment de la réduction de la mortalité maternelle, passant de 227 décès pour 100.000 naissances en 2004 à 112 actuellement. Parallèlement, le taux de mortalité infantile est passé de 40 pour 1000 naissances en 2004 à 28,8 actellement. Lahlou a également fait savoir que ce programme de planification familiale participe indirectement à la stabilité sociale. Car, «les espacements de naissances ou leur réduction permettent de préserver le pouvoir d’achat et, ainsi, de garder l’équilibre socioéconomique de la population», a-t-il affirmé.
Parallèlement à la réduction de la mortalité infantile et maternelle et à la hausse de la prévalence contraceptive, les besoins non satisfaits ont enregistré une baisse significative. Actuellement, leur taux est estimé à 11% contre 19,7% en 1992. Abdellah Yaakoubd, représentant du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) parle même d’une «performance nationale» en comparant ce taux à la moyenne mondiale estimée actuellement à 12%. Pour renforcer cette «performance», le ministère de la Santé table sur 8% à l’horizon 2016. Yaakoubd a aussi estimé que le Maroc brille dans d’autres domaines, notamment celui de la fécondité des femmes de 15 à 19 ans. «Le taux de fécondité de cette catégorie est 3 fois plus faible que la moyenne mondiale estimée à 17%», affirme-t-il.  
Pour consolider l’ensemble de ces acquis, le ministère de la Santé entend redynamiser les centres de référence de la planification familiale en les transformant en centres de référence de la santé de la reproduction. L’objectif est d’intégrer la prévention et la détection précoce des cancers du sein et du col de l’utérus dans la planification familiale. En fait, cette redynamisation s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de la santé de la reproduction, mise en place en 2011. «Une stratégie qui constitue l’un des leviers de la planification familiale qui sera appuyée par le développement de la recherche dans le domaine de la santé de la reproduction», a conclu Nabil Bourkia. 

Risques de grossesse

 

Abdellah Yaakoubd saisit l’occasion pour annoncer les résultats du rapport du Fonds des Nations Unies sur l’état de la population mondiale en 2012. Un rapport qui tombe à point nommé puisqu’il porte sur le thème: «Planification familiale: droits humains et développement». Selon le document, 222 millions de femmes qui ne veulent pas tomber enceintes n’ont pas accès à la contraception, encore moins à l’information en matière de planification familiale. «Ce qui les expose donc au risque de grossesse non désirée», déplore-t-il. A cela s’ajoute la déperdition scolaire. Car, «la maternité chez les adolescentes réduit jusqu’à 10% la probabilité d’obtention d’un diplôme de fin d’études secondaires et diminue de 2.400 dollars le salaire annuel des jeunes femmes», selon le rapport.
Le document note également que l’espacement des naissances de 3 à 5 ans peut prévenir jusqu’à 46% la mortalité infantile dans les pays en développement.

Hajar BENEZHA

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