Régions

Fès rêve de tramway

Par L'Economiste | Edition N°:3948 Le 15/01/2013 | Partager
Les études du PDU déjà finalisées
L’appui de l’Etat vivement sollicité
Le bus à haut niveau de service… aussi prévu

A Fès, le transport en commun a atteint ses limites. Baisse des performances, manque de régularité, et confort médiocre, et ce en dépit de multiples tentatives pour le mettre à niveau. Aujourd’hui le conseil de la ville se penche vers d’autres moyens de transport tel le bus à haut niveau de service (BHNS), ou la solution du tramway, dont l’étude est bouclée

APRES la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, la plage de Fès… c’est au tour de la réalisation d’une ligne de tramway. Pour Allal Amraoui, vice-président du Conseil communal, la ville a besoin d’un vrai coup de pouce en matière de transport de masse. «Nous sommes une ville d’un million d’habitants, dont plus de 80.000 étudiants. Les bus du délégataire «City Bus» et les taxis restent insuffisants. Le tramway est la solution parfaite». En effet, les études de faisabilité de ce nouveau transport sont déjà finalisées. De même, le Conseil communal a chapeauté, en collaboration avec l’Agence urbaine, la réalisation  d’un Plan de déplacement urbain (PDU). Ce dernier a été mis en place grâce à un cofinancement entre Fès et Strasbourg. A ce titre, une cellule composée d’experts de transport strasbourgeois, montpelliérains et barcelonais s’était penchée sur la réalisation de ses premières phases dans le cadre de la coopération décentralisée. La cellule en question avait mené aussi un large diagnostic sur l’évaluation des infrastructures routières. «C’est un travail de collaboration établi entre toutes les composantes de la ville: élus, Régie autonome du transport urbain de Fès (RATUF), Agence urbaine et de sauvegarde (AUSF) et délégations régionales de l’équipement et du transport», se rappelle Amraoui. Et d’ajouter : «tous, nous partageons la même conviction de doter Fès d’un moyen de transport collectif moderne et qui répond aux besoins de la population».
En tout cas, l’objectif majeur résidait en la réalisation d’un PDU en se basant sur une approche scientifique. Telle a été la tâche des experts étrangers qui ont estimé, dans leur rapport, que les solutions techniques «ne concernent pas nécessairement le système autobus, qui commence déjà à montrer ses limites dans plusieurs grandes villes». Les experts ajoutaient que la demande de transport fait du tramway un besoin réel pour Fès. «L’effet de la conception d’un tel moyen de déplacement sur la population de la ville serait donc très positif», déduit le vice-maire. Ce dernier affirme au passage que «la ville compte énormément sur l’appui de l’Etat pour concrétiser un tel projet».  Le Conseil de la ville pense également à d’autres moyens de transport tel le bus à haut niveau de service (BHNS).
S’inspirant des expériences réussies de ses villes partenaires et celles avec lesquelles elle est jumelée les élus de Fès croient dur comme fer que, «la congestion croissante des grandes agglomérations conduit les communes à développer de nouveaux modes de transport en commun… et ceci s’est traduit notamment par les premières lignes de tramway à Rabat et Casablanca». Outre le transport de masse, ces nouveaux modes aspirent à la protection de l’environnement et à la durabilité.
A Fès, les problématiques environnementales ont fait leur apparition au début des années 2000. Pour ce qui est du transport, «l’Etat a joué un rôle primordial dans le développement en subventionnant deux grandes expériences (Rabat et Casablanca)». Dans le même temps, le bus a souffert d’une image négative, conséquence de la baisse des performances, d’une mauvaise régularité, et d’un confort médiocre. «Malgré les multiples subventions communales dédiées à la mise à niveau de la Régie, l’écart entre les dépenses et le niveau du transport demeure important». Comment combler cet écart avec des ressources financières limitées? L’Exécutif a lancé récemment un appel d’offres pour la gestion déléguée de la Régie. Et finalement c’est la société City Bus qui a remporté le marché en septembre 2012. Aujourd’hui, la nouvelle société a déjà marqué son territoire avec des bus propres et un personnel en uniforme. Les 145 bus mis en circulation ont été tous retapés en bleu, et ceux desservant les facultés en orange. Quant aux tickets, les tarifs ont baissé et certaines lignes ne coûtent que 2 DH. Toutefois, on attend toujours l’arrivée des nouveaux bus promis par le délégataire…

Fluidité

LA mise à niveau des voiries, financée par la ville à hauteur de 2 milliards de DH, est déjà entamée sur un linéaire de 500km, soit une autoroute urbaine, comme aime l’appeler Hamid Chabat, maire de Fès. Ainsi, les avenues de Fès (toutes de plus de 9 m de largeur) sont préparées plus que jamais à recevoir le BHNS. «C’est un transport collectif en site propre urbain qui trouve son inspiration dans le concept de Bus Rapid Transit (BRT) américain. Il lui emprunte notamment son approche «système» (infrastructure + matériel roulant + exploitation), mais s’adapte au contexte de la ville spirituelle (rues étroites, partage de la voirie,…)», justifie le responsable communal. L’ensemble des éléments du système doit garantir au bus un haut niveau de service (vitesse, confort, régularité, fréquences, accessibilité). «C’est un mode de déplacement qui doit être beaucoup moins cher que toutes les autres solutions de transport en commun, beaucoup moins consommateur d’énergie, attractivité élevée pour le public, fluidité, fréquence et régularité, très faible consommation d’espace que nous voulons pour Fès», conclut le responsable de la ville.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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