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Culture

Des tranches de vie et des tabous

Par | Edition N°:3945 Le 09/01/2013 | Partager
«Jaabouq, le joint», un recueil de nouvelles d’Hicham Tahir
Suicide, homosexualité, avortement…les sujets

«Jaabouq» est le premier livre de Hicham Tahir. Ponctué d’ironie et d’humour, ce recueil de nouvelles brosse un portrait cru et réaliste de la société marocaine

La société marocaine est pleine de contradictions. A la limite de la schizophrénie, elle a plusieurs visages. Les sujets tabous y sont aussi très nombreux. Hicham Tahir veut changer les choses. Son premier livre «Jaabouq, le joint», publié début janvier aux éditions Casa Express,  brosse un portrait réaliste du Maroc à travers l’histoire de différents personnages. Des tranches de vie qui mettent à nu les interdits et les non-dits culturels du pays.
L’ouvrage se présente comme un recueil de neufs nouvelles inspirées pour la plupart d’histoires vraies. Ainsi, «Mama Africa» retrace la vie d’une Burkinabé, d’une trentaine d’années, vivant au Maroc et qui a voulu quitter le pays pour aller vivre en Espagne. Mais la jeune femme, ayant un enfant à sa charge, tombe par la suite dans la mendicité et la prostitution, suite à d’importantes difficultés financières. Une autre nouvelle, intitulée «Ce soir, je décédais», raconte quant à elle l’histoire de Haytham, un étudiant de 21 ans qui s’est suicidé après avoir été violé. A travers ces histoires réalistes et prenantes, l’auteur dénonce les grands tabous de la société comme la prostitution, le suicide, la misère, l’avortement etc.. L’ouvrage met aussi l’accent sur le port du voile, un signe religieux devenu au fil du temps un symbole d’intégration et d’acceptation sociale. «Le voile est avant tout une question de conviction et ne doit en aucun cas être utilisé pour faire plaisir à sa famille», souligne Hicham Tahir.   «Nous vivons dans un pays où les citoyens jugent selon les apparences et reprochent aux autres des attitudes et des comportements sociaux ou culturels qu’ils adoptent eux-mêmes régulièrement, d’où une véritable schizophrénie collective», affirme l’écrivain. Pour parvenir à évoquer ces sujets sensibles et délicats, Hicham Tahir a utilisé différents outils et moyens tels que l’ironie, le sarcasme, l’humour ou encore le second degré. L’ouvrage est par ailleurs court, facile à lire et donc accessible au plus grand nombre, permettant ainsi de toucher et de sensibiliser le public sur ces interdits et contradictions sociales profondes et réelles.
Néanmoins, le jeune écrivain est optimiste. Peu à peu, la société bouscule les limites et amorce le débat.


Karim AGOUMI

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