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Maroc-France
Tramway de Casablanca: Baptème du rail dès 5h30

Par L'Economiste | Edition N°:3928 Le 13/12/2012 | Partager
220 policiers, 30 contrôleurs et 70 agents de circulation mobilisés
Une vitesse de croisière de 18,8 km/h en juillet 2013

C’est le groupement RATP-CDG-Transinvest (Casa Tram) qui assure dès aujourd’hui l’exploitation de la première ligne du tramway de Casablanca. La maintenance a été confiée en sous-traitance à Alstom. Un grand défi vu la complexité de la ligne considérée parmi les plus longues au monde!

C’est fait! Casablanca dispose enfin de sa première ligne de tramway. Le Roi a procédé à son inauguration, hier mercredi, en présence du chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault.
«Offrir une solution aux problèmes de mobilité d’une ville de 4 millions d’habitants grâce à une seule ligne de tramway, c’est unique dans le monde». Pierre Mongin, PDG de RATP, a conscience de la responsabilité qui pèse sur les épaules de son groupe. «Nous avons réalisé un exploit en répondant à la commande pour le 12/12/2012, avec des délais extrêmement courts, comme on n’en a jamais vu», a-t-il tenu à préciser lors d’une conférence de presse organisée la veille de l’inauguration. A peine 30 mois pour la livraison d’une ligne voyageurs parmi les plus longues et les plus complexes au monde! Mais encore faut-il assurer une mise en service réussie. Le défi est de taille. L’exploitation et la maintenance du tramway ont été confiées à Casa Tram: un groupement mené par la RATP Dev aux côtés de la CDG et de la holding Transinvest, pour un budget de 900 millions de DH sur 5 ans (2013-2017).
Le groupement a, toutefois, sous-traité la maintenance de la flotte et des infrastructures à Alstom. Le constructeur français a déjà engagé une quarantaine d’employés au centre de maintenance et d’exploitation situé à Sidi Moumen, d’une capacité d’accueil de 55 rames. Il prévoit de doubler ses effectifs dans les cinq années à venir. Chaque jour, des opérations de maintenance préventives et correctives des rames, de nettoyage et d’inspection y seront effectuées. Le centre prendra aussi en charge la régulation du trafic et des flux de passagers en station et la gestion des systèmes de signalisation et d’information. De son côté, la RATP a recruté et formé quelque 600 personnes pour assurer l’exploitation et la mise en service commerciale. Le service sera ainsi assuré de 5 heures 30 à 22 heures 30, avec des intervalles de 4 minutes 45 aux heures de pointe et de 8 minutes 30 aux heures creuses. Les temps de parcours prévus sont de 63 minutes 30 pour la ligne allant de Sidi Moumen aux Facultés et de 69 minutes pour la ligne allant de Sidi Moumen à Hay Hassani. Cependant, lancer le tramway dans une ville où la circulation est aussi dense que celle de Casablanca n’est pas chose facile. D’autant plus que le trajet comporte 60 carrefours, une préoccupation majeure pour la RATP Dev qui s’inquiète quant au respect des priorités aux feux. D’ailleurs, 70 agents de circulation ont été mobilisés dans les carrefours. Au total, 220 policiers et 30 contrôleurs accompagneront le tramway durant la première année. Les multiples intrusions sur la plateforme du tramway suscitent aussi beaucoup de craintes. «C’est la raison pour laquelle nous avons opté pour la progressivité pour habituer la population à ce bouleversement qu’est le tramway», relève Mongin. Ainsi, la vitesse commerciale moyenne devrait progressivement passer de 10 km/h à 18,8 km/h (y compris les temps d’arrêt) d’ici juillet 2013.

Et c’est parti!

C’est aujourd’hui à partir de 5h30 que le tramway de Casablanca commence son premier voyage commercial. Il circulera jusqu’à 22h30 en semaine et jusqu’à 23h30 le week-end. Cette ligne, la plus longue d’Afrique, transportera à l’horizon 2015 près de 250.000 voyageurs par jour. Ce chantier, qui a été lancé il y a plus de quatre ans, a nécessité 160.000 m2 de béton, soit l’équivalent de 68 piscines olympiques. Quelque 700 km de réseaux souterrains ont été déviés et 100 appels d’offres lancés. Côté organisation, ce sont au total 700 commissions de circulation qui ont été conduites.

Rentabilité

«La mission de Casa Tram, c’est d’abord de rendre un service public», insistent les responsables du groupement formé de RATP Dev (40%), CDG (40%) et Transinvest (20%). Côté rentabilité, Casa Tram ne décrochera pas le gros lot durant les premières années d’exploitation. «Notre marge est limitée à 5% du budget de fonctionnement du tramway, qui est fixé à 400 millions de DH par an», précise Saïd Laftit, secrétaire général de la CDG. Ce qui représente une marge d’environ 20 millions de DH. Néanmoins, il faut préciser que le groupement ne prend pas à sa charge le risque commercial. Ce dernier est assumé par l’autorité délégante, en l’occurrence Casa Transport. Par conséquent, ses fonds propres ne sont pas énormes non plus: environ 30 millions de DH. Mais d’ici quelques années, probablement vers 2017, ce modèle devra changer. L’exploitant pourrait commencer à assurer le risque commercial et améliorer sa rentabilité. «Pour le moment, la rentabilité est plus économique que financière. Car le tramway produira des externalités positives grâce aux économies réalisées par le transport collectif de la population», explique Laftit.

 

B. S. & A. NA.

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