Economie

CFIA: Grand-messe des fournisseurs d’agro-industriels

180 exposants et 4.000 visiteurs attendus
Bientôt un contrat-programme pour les agro-industriels
Matières premières et emballages, les maillons faibles

Le carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, lancé au Maroc en 2005, représente une opportunité pour les professionnels de s’approvisionner en nouvelles technologies, équipements et matières premières. Des «denrées rares» sur le marché local

Très attendu, le Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire (CFIA) s’est ouvert hier mardi 25 septembre à Casablanca. Quelque 180 exposants, dont 102 entreprises françaises, y sont présents. Pour cette édition, qui prend fin demain et pour laquelle 4.000 visiteurs sont attendus, les fournisseurs présentent leurs solutions au secteur formé en grande partie de PME. Des solutions en équipements, solutions et procédés, emballages et conditionnement, ingrédients et produits alimentaires intermédiaires. Et il faut dire qu’à ce niveau, beaucoup reste à faire au Maroc. Les agro-industriels sont souvent obligés de se tourner vers le marché international pour «acheter du savoir-faire». C’est le cas notamment des équipements industriels. En matière d’emballage aussi, l’offre locale reste insuffisante selon les opérateurs. «Il est important d’avoir une industrie de l’emballage compétitive et innovante à proximité, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui», regrette Amine Berrada Sounni, président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri). «En termes de rapport qualité/prix, l’offre locale ne fait pas le poids devant celle du marché international», poursuit-il. Pour les fabricants d’emballage, il faudrait toutefois nuancer: «Quand le marché est structuré et jouit d’une taille assez importante, il n’y a absolument pas de problème d’offre. C’est le cas par exemple de l’offre en bouteilles d’eau», relève Mamoun Marrakchi, président de la Fédération marocaine de plasturgie. «Par contre lorsque le marché est limité et est envahi par l’informel, il est difficile d’y investir. Du coup l’offre peut effectivement faire défaut. C’est le cas par exemple du flaconnage en produits cosmétiques», explique-t-il. En d’autres termes, tout dépend de la branche d’activité. Pour l’agroalimentaire en l’occurrence, la taille limitée du marché et l’incertitude qui y règne ne permettent pas le développement d’une offre adéquate.
Les matières premières, c’est l’autre maillon faible du secteur. En l’absence de quantités suffisantes, les agro-industriels sont souvent obligés d’importer des produits agricoles transformés. Or, les importations sont assujetties à des droits de douane qui peuvent dépasser les 200% pour certains produits. Sans compter la flambée des prix à l’international et l’incertitude qui plane sur les cours mondiaux.  «Difficile dans ces conditions de développer une vraie industrie agroalimentaire. Sans compter que nous accélérons le déficit de la balance commerciale agricole», martèle Berrada.
Le secteur ne s’en sort pas mieux en matière d’innovation qui reste pour l’heure «embryonnaire». Faute d’opportunités et de visibilité sur le marché, très peu s’aventurent dans des investissements en R&D. Consciente de l’enjeu que représente l’innovation pour le secteur, la Fenagri organise un «conseil d’orientation stratégique» en la matière dès octobre.
Aujourd’hui, les professionnels briguent un contrat-programme pour le secteur auquel plusieurs ministères seraient signataires (Agriculture, Industrie, Finances et Affaires Générales). «Nous avons l’accord de principe de tous les départements concernés. Le processus sera lancé dans les prochaines semaines», soutient le président de la Fenagri. Les professionnels insistent notamment sur la nécessité de libéraliser les importations des intrants agricoles et des emballages, afin de permettre au secteur de prendre son envol. Ils lorgnent également des avantages fiscaux à l’instar d’autres secteurs, tels que l’agriculture ou encore  l’immobilier.

Defense food  

Bientôt les exportateurs de produits agroalimentaires, même s’ils ne sont pas très nombreux (conserves, pâtes et couscous,…) pourraient se trouver devant une nouvelle barrière pour l’accès aux marchés américain et européen. «La norme food defense adoptée au lendemain des attaques du 11 septembre 2011 sera obligatoire pour les agro-industriels en Europe et aux Etats-Unis à partir du 1e juillet 2013», relève Hakim Marrakchi, DG de Maghreb Industries. «Cela suppose un contrôle des comportements et un changement des mentalités qui risquent d’être difficiles», craint Marrakchi. La norme impose en effet l’adoption de mesures assurant une protection contres les actes malveillants visant la sécurité des aliments. Et qui pourraient être perpétrés par des employés mécontents, saisonniers, sous-traitants, équipes de nettoyage...

Ahlam NAZIH

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