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samedi 01 novembre 2014,
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Oujda: L’Université fait la chasse aux coûts
Entretien avec Abdelaziz Sadok , président de l’Université Mohammed Premier
Un plan pour traiter le sureffectif
Formations: s’adapter aux besoins des entreprises
Complexe universitaire de technologie: une manne pour l’industrialisation

   
Oujda: L’Université fait la chasse aux coûts Entretien avec Abdelaziz Sadok , président de l’Université Mohammed Premier
«La théorie du nombre est à appréhender par la diversification des offres de formation et le couplage de certaines filières pour gagner en espaces et en enseignants», précise le président de l’UMP

Pour Abdelaziz Sadok, président de l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda, l’optimisation des ressources est une nécessité pour améliorer le taux d’encadrement pédagogique et préparer la relève académique.

- L’Economiste: On ne cesse de décrier le phénomène du sureffectif au niveau de l’Université Mohammed Premier. Mais il semble qu’on n’est pas encore au bout du tunnel. Quelle est votre approche pour en atténuer l’impact?
- Abdelaziz Sadok: C’est un phénomène ressenti dans l’ensemble de nos universités. Il va de pair avec les bons résultats réalisés par nos bacheliers. L’Université d’Oujda est la troisième en termes d’encombrement après Agadir et Fès. Cela a été accentué par les nouveaux inscrits qui sont de l’ordre de 15.000. L’UMP dépasse ainsi le cap des 46.000 étudiants. Il faut des mesures d’accompagnement pour ces effectifs afin d’assurer leur enseignement, diminuer les impacts négatifs en diversifiant les offres de formation et en rationalisant les approches et mesures.

- Quels sont les exemples précis de ces mesures?
- Première mesure, la mutualisation des moyens. Puisque nous avons un campus universitaire regroupé à Oujda, nous avons mis en place un système informatisé qui s’appelle VT. C’est un logiciel pour gérer de manière optimale les espaces des cours, optimiser les emplois du temps et la répartition des services, notamment ceux du corps enseignant. La formation du personnel pour gérer cette application a été faite dans de meilleures conditions. Deuxièmement, nous avons mutualisé le patrimoine de l’UMP pour que les espaces de tous nos établissements soient mis au service de toutes les composantes de l’Université. Une charte morale que le directoire de l’Université a mise en place. Ainsi, chaque établissement aura la visibilité de programmer ses cours au début de chaque semaine sur tous les créneaux qui sont libres. Troisièmement, la commission pédagogique focalise son travail sur l’innovation de l’ingénierie pédagogique et le couplage en inter-séances au niveau des travaux dirigés ou en conférences. Cela s’accompagne de la mise en place d’une stratégie de développement de la capacité d’accueil. Les travaux ont déjà démarré pour la construction de nouveaux amphis et salles de travaux pratiques ou dirigés.
- Ne pensez-vous pas que la diversification de l’offre contribuerait à mieux gérer ces effectifs et faciliter leur insertion dans le monde du travail?
- C’est à quoi nous nous attelons avec le démarrage du complexe universitaire de technologie au niveau du campus du savoir. C’est un projet ambitieux pour accompagner toute la dynamique de l’entreprise au niveau de la technopole d’Oujda. Ce complexe proposera des centres de formation pour les entreprises, un incubateur d’entreprises, une cité des énergies renouvelables. Aussi, nous allons procéder au regroupement des plateformes technologiques de génie civil, génie industriel, l’eau et l’environnement et des techniques de l’information et de la communication. Sans oublier que nous avons mis en place toute une offre nouvelle de filières de formation professionnelle de travaux publics, génie logistique, science et technologie  à Al Hoceima, à Nador, à Berkane et à l’EST d’Oujda.
Un campus universitaire démarrera à Nador l’année prochaine avec des filières à DUT. De son côté, la faculté des sciences et techniques d’Al Hoceima proposera des diplômes qui n’existaient pas à l’UMP, à l’instar des licences sciences et techniques et les masters sciences et techniques qui sont considérés comme ingénieurs assimilés. A l’horizon 2015, ces formations accueilleront 2.000 étudiants.

- Les formations n’ont de valeur que si elles aboutissent. Croyez-vous qu’avec la multiplication de l’offre, l’UMP apportera une réponse au chômage des diplômés?
- Nous préparons nos étudiants à répondre aux différents besoins exprimés en adéquation avec la dynamique de développement que connaît l’Oriental. C’est le cas des formations qui concernent les énergies renouvelables, l’offshoring, la mécatronique et le tertiaire qui sont des formations ciblées. Sans oublier la recherche-développement grâce au jumelage de nos laboratoires avec plusieurs universités européennes et américaines. Ce sont des formations qui conforteront les chances des jeunes pour trouver un travail. D’autant plus que ce sont des formations à haute valeur ajoutée.

 

L’infranchissable obstacle des moyennes

POUR dépasser l’écueil des seuils des moyennes pour accéder à centaines écoles et rendre l’accès plus équitable, le président de l’UMP préconise deux mesures. D’abord, une loi pour réguler les effectifs dans les universités. Cela permettra de travailler à partir d’un bassin régional et de cibler les formations en termes de besoins et d’innovation. En second lieu, nous pourrions également lancer l’expérience des troncs communs élargis qui permettront de descendre les moyennes jusqu’à 13 sur 20 et de stimuler la compétitivité entre les jeunes étudiants qui auront plus de visibilité sur leurs projets personnels. «Je rappelle à ce propos que l’UMP a fait un effort pour réduire les seuils au niveau de l’ENCG et l’ENSA et le major de promotion était à 14,9 et pas 17,5 comme fut le cas pour d’autres établissements», tient-il à préciser. Il faut que la régulation des seuils des moyennes devienne régionale à l’instar de ce qui se fait dans les facultés de médecine. Il faut aussi revoir les accréditations des filières et les rattacher  à l’Université ce qui lui permettra de répondre aux besoins réels de la région et d’avoir une souplesse au niveau des offres de formation qu’elle propose. De même, elle sera réactive et répondra à la demande exprimée par les opérateurs économiques à temps.


Propos recueillis par
Ali Kharroubi